‹ Thomas JeffersonChapitre 168 sur 212 · ET IL ÉVITE LA DISCUSSION · texte numérisé non relu

ET IL ÉVITE LA DISCUSSION

dire. C'est son affaire, et non la mienne, s’il préfère l’erreur »

C’était à un enfant de quinze ans qpe Jefferson prêchait cette mondaine indifférence pour les erreurs d’autrui. Subordonnait-il l’amour de la vertu, comme celui de la vérité, à l’agrément de la vie ? On serait assez tenté de le croire, d’après les réflexions morales qu’il faisait au sujet de l’éducation du même enfant : « Sans être doué de celte brillante imagination qui captive, » écrivait-il au Dr Rush, a mon petit— flls. a, je crois, un jugement sain, beaucoup d’esprit d’observation, et, ce que je place au-dessus de tout, de la bonne humeur, car c’est dans cet ordre que je classe les qualités morales : 1° la bonne humeur, 2° l’intégrité. 3° l’industrie, -1° la science. On peut chicaner sur la préférence que j’accorde à la première de ces qualités inorales sur la seconde, et pourtant il n’est pas douteux que nous aimerions tous beaucoup mieux vivre avec un homme aimable et de mœurs faciles qu’avec un rigoriste chagrin *. » Façon un peu égoïste d'apprécier les caractères, mais qui prouve au moins l’importance que Jefferson attachait à la douceur des relations dans la vie privée. Les plaisirs de la lutte et du succès dans la vie publique ne lui avaient jamais suffi. Même aux époques les plus brillantes de sa carrière, il avait été pris de dégoût passager pour la politique, d'aspiration insatiable vers le repos domestique :

i Jefferson X M. T. J. Kandolpb, 21 novembre 1808. — Work of Jefferson, t. V, p. 390.

• Jefferaon nu Dr Kusli. 3 janvier 1808. — Work of Jefferson, t. V, p, 223.

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