ÉPICURIEN ET CHRETIEN
philosophiquement d’importance qu’à deux résultats : la destruction du respect pour l’ordre surnaturel et le maintien de la loi morale. Son prétendu christianisme n’allait pas au delà d’une adhésion impertinente à quelques-uns des préceptes moraux du Christ.
Pendant sa présidence, en 1803, entre la lecture d’une dépêche et celle d’un journal, il avait consacré quelques heures à découper dans les Évangiles et à coller dans un petit volume les passages qui lui paraissaient « porter vraiment l’empreinte de l'éloquence et de la belle imagination de Jésus, « rejetant comme indignes du maître une foule de « propos entachés d'ignorance, d’absurdité, de mensonge, de charlatanisme et d’imposture, qui lui avaient été prêtés par ses biographes *. » Ce travail fait, Jefferson en avait tiré un sommaire à sa façon des doctrines du Christ, sommaire qu’il communiqua solennellement, en 1803, à sa fille, madamcMartha Jefferson Randolph, comme contenant l’expression de sa propre foi, et comme faisant justice des pieux libelles publiés contre lui *, mais qu’il donna plus tard à M. Short pour la simple analyse d’un système autrefois professé par un homme de bien fort peu lettré, et tant soit peu visionnaire, dont il ne partageait pas toutes les vues, mais qu’il croyait devoir défendre contre l’accusation d’imposture à laquelle l’avaient exposé les récits fabuleux et les élucubrations théologiques de certains faux disciples, stupides ou fourbes, ignorants ou platoniciens: «Saint Paul, voilà,»
* Jefferson à M. Short, 13 avril 1820 — Works of Jeffwson, t. Vil, p. loti.
> Kami ail, t. III, p. 45. 556.