A SON PARTI
le faisait en 1811 pour raffermir l’autorité de Madison , son successeur : « Si nous faisons schisme sur les questions de personne ou de conduite, » écrivait-il à un journaliste mutiné, le colonel Duane, « si nous n’agissons pas en phalange, comme à l’époque où nous avons délivré le pays des satellites de la monarchie, ce sera la défaite, je ne dirai pas de notre parti (le terme serait faux et dégradant), mais de notre nation, car les républicains sont la nation... Le dernier espoir de la liberté humaine en ce monde repose sur nous. A un intérêt de cet ordre, il faut sacrifier tous les attachements, toutes les inimitiés. Laissons donc le président libre de choisir ses propres coadjuteurs, de poursuivre sa propre politique ; soutenons-les, lui et eux , même lorsque nous nous croyons plus sages qu’eux, plus honnêtes qu’eux, ou mieux et plus largement renseignés sur la situation. Si nous marchons en massé, fût-ce même par les chemins les plus détournés , nous atteindrons le but ; mais si nous noùs divisons en petites escouades, poursuivant chacune la route qui lui paraît la plus courte, nous deviendrons la facile conquête de ceux qui aujourd’hui peuvent à peine nous tenir en échec... Je le répète, point de schisme, ni sur les questions de personne, ni sur les questions de conduite. Les principes seuls peuvent justifier les schismes. Tant que le pouvoir dans mon pays, exécutif ou législatif, restera républicain, je serai avec lui, j’appuierai ses ifiesures, que je les trouve bonnes ou mauvaises l. »
* Jefferson au colonel Duane, *28 mars et 30 avril 1811. — Workt of Jefferson, t. V, p. 577, 593.