DES INSTITUTIONS MUNICIPALES
dans les allai res publiques donnait à cetle petite fraction de l’Union, il s’imposa vainement la loi, «à l’imitation de Caton terminant tous ses discours par le Carthago dclenda est, de terminer tous ses avis par un : Divisez les comtés en districts »
U se consola en fondant l’université de la Virginie, œuvre très-difficile, qui fut l’amusement et l’iionneur de ses vieux jours. L’enseignement supérieur était encore plus négligé et moins populaire en Virginie que l’enseignement primaire. Le college de William and Marg,oii Jefferson avait achevé ses éludes, était toml>é en décadence, et l’on ne pouvait plus songer à le relever. Établi dans un lieu malsain, fermé par sa vieille discipline aux dissidents, presque désert et ne vivant que de sa dotation, c’était le contraire de la brillante université, « organisée à la moderne, » à laquelle Jefferson n’avait cessé de rêver depuis la révolution Mais la création d’un tel foyer intellectuel devait être fort coûteuse, et malgré tout leur désir d’être agréables à Jefferson , ses amis ne se montraient guère disposés à en faire eux-mêmes les frais. Une souscription ouverte en 181 1 ne produisit à grand’peine que U, 000 dollars ; il fallut s’adresser à la législature. Jefferson dépensa, pour lui arracher de l’argent, de véritables trésors de finesse, d’activité et de persévérance, poursuivant les membres de ses lettres et de ses dis-
• Jefferson à J. C. Cabvll, 2 février 1816. — Works of Jefferson, t. VI, p. 513, 514
s Jefferson au IV Priestley, 18 janvier 1800. — Works of Jefferson, t. IV. p. 31*2. Voyez encore, p. 316, 462; t. VI, p. 294, 372, 890, 537.
•TTi FUS DATION DE L’UNI VERSITF.
couis, leur parlaut tantôt du salut de la république et de lu démocratie , tantôt des intérêts du Sud mis en péril par l’usage d’envoyer leurs enfants dans les universités abolitionnistes du Nord ' , se faisant abandonner par la Virginie au profit de son œuvre de mauvaises créances sur le gouvernement de l'Union, usant de tout son crédit à Washington pour les recouvrer, puis se prévalant à Richmond de ses succès inattendus pour demander davantage.
Le 1" août 1818, une commission chargée par la législature de choisir l’emplacement de la nouvelle université se réunit enfin sous la présidence de Jefferson. Madison et Monroe n’étaient venus y siéger que pour s’effacer et pour augmenter par les marques de leur déférence le prestige de l’habile patriarche. D’un accord tacite et unanime, on le laissa maître de diriger à sa guise l’exécution du projet qu’il avait conçu. L’emplacement de l’université fut fixé à quatre milles de Monticello. Jefferson put ainsi se donner habituellement le plaisir de se rendre à cheval sur les lieux où devait s’élever le bâtiment, de se livrer à sa passion pour l’architecture, de surveiller lui-même les ouvriers, de les aiguillonner, de montrer les travaux aux étrangers que son renom attirait dans la contrée. Les heures qu’il passait au milieu des fondements de sa chère université étaient les meilleures de sa vie, malgré les railleries et les colères qu’attiraient sur lui la bizarrerie des constructions, l’excès des dépenses, le choix présumé de professeurs, tous étrangers, disait le
i Ramiall, t. III, p. 45Tj.