‹ Thomas JeffersonChapitre 199 sur 212 · C.RXKT · texte numérisé non relu

C.RXKT

Le citoyen Genet , ministre plénipotentiaire île la république française prés les Etats -rnis au ministre des affaires étrangères. (.Y0 12. J

New-York, le 19 septembre 1793 (l'an 11 de la République;.

Citoyen ministre.

Un jeune officier américain nommé Conrad Shindler, animé du désir de verser son sang pour la cause de la liberté, se rend en France pour servir dans les armées de la Hépuhlique.

Je ne doute point que vous ne l’accueilliez avec plaisir et que vous ne facilitiez autant qu’il sera en vous son admission.

Je profite de cette occasion pour vous annoncer que le désordre qui régnait dans, notre escadre tenait, ainsi que vous le verrez par les pièces ci-jointes, à une conspiration profondément tramée par Galbaud et par ses adhérents dont le but était incontestablement de livrer nos forces et nos colonies à l’ennemi; j’ai tout découvert, tout prévenu, j’ai éclairé les équipages, j’ai rééleclrisé leur patriotisme' abattu par un trop long séjour dans la colonie, j’ai réorganisé toutes les parties du service, écarté les vils adhérents du royaliste f.albaud, et maintenant l’escadre delà République ne présente plus que le tableau agréable de l’ordre et de la subordination.

Nous avons perdu un temps précieux, mais il est encore possible de le réparer. Cette circonstance, citoyen ministre, est très-heureuse et ne contribue pas peu à relever les espérances de nos amis; leur zèle est prononcé, et ils nous soutiendront avec enthousiasme, en défendant nos droits dans le prochain congrès en dépit du général Washington, qui les sacrifie à nos ennemis et qui ne me pardonnera jamais d’avoir trouvé dans son peuple un appui assez grand pour faire exécuter nos traités malgré lui. Cet ami de La Fayette qui atrecte de décorer son salon des médaillons de Capet et de sa famille , qui a reçu des lettres du prétendu régent qui lui ont été apportées pur Noailles et par Talon , et qui continue de voir ces scélérats , m’appelle anarchiste, jacobin et me menace de me faire rappeler, parce que je ne me suis point livré au parti fédéraliste qui ne veut rien faire pour nous et dont le seul but est d’établir ici Ja monocratic. Mais peu m’importe, ma route est tracée; j’ai la confiance de tous tes bons patriotes et les ambitieux ne m’intimident (joint.

Le peuple est pour nous et son opinion diffère beaucoup de celle de son gouvernement ; notre nouvelle dédaiation des droits décrétée avec notre constitution du 21 juin lui plaît infiniment et achève d’aigrir les riches et les grands; car nous n’avons pas pluf d’amis ici dans celte dernière classe que dans notre pays. Le départ de la frégate que je vous avais annoncé a été différé, mais elle va bientôt mettre à la voile avec le citoyen Pascal , premier secrétaire de légation, qui joindra à mon rapport une infinité de détails qu'il

fcU DOCUMENTS HISTORIQUES.

l'St iru|>ui tant que vous sachiez, pour avoir une idée exacte des Etats-Unis, qui ne ressemblent en rien à ce que nous en ont dit Brissot et Crèvecœur.

Ne soyez point inquiet sur nos colonies ; elles sont abondamment approvisionnées, et l’ordre commence à se rétablir à Saint-Domingue depuis l’événement du Cap. Ce volcan a rejeté ici sa lave. C’est un grand bien pour la colonie; mais c’est un grand mal pour ma missiou.

CiENKT.

Le citoyen Genet, ministre plénipotentiaire île la Hépubliqur . française près les États-Unis , an ministre des affaires étrangères. (A'# 13 A.)

New-York, 7 octobre 1790 {l'an II üe la République français!, .

Citoyen ministre,

Je charge le citoyen Pascal, premier secrétaire de la légation, de vous porter le compte général que je rends au conseil de In mission dont il m’a chargé auprès des Etats-Unis de l’Amérique. Quelque étendus que soient mes rapports, la position où je me trouve est si délicate, l’Amérique est si peu connue en France, nous avons été tellement trompés sur le moral de ceux qui la gouvernent ; enlin les devoim que j’ai eus à remplir dans ce pays ont été si multipliés qu’il m’a paru indispensable de suppléera ce qui pourrait manquer à l’exactitude de mes tableaux par les lumières personnelles d’un homme d’esprit, d’un excellent observateur, d’un ami zélé de la liberté, qui m’a suivi partout, qui m’a secondé dans tous mes travaux et qui a partagé les impressions diverses qu’ont faites snrinon Âme les vert us pures et innocentesdu peuple américain; la corruption, les vues ambitieuses desesenefs, l'amour ardent et sublime des bons campagnards, des anciens militaires, des hommes pauvres, mais industrieux des villes, pour les principes français; la baîse idolâtrie des grands capitalistes, des gros négociants pour la constitution anglaise; le zèle que nous témoignent dans toutes les circonstances les républicains amis de l’égalité; les entraves que

multiplient devant les agents de la nation ceux qui aspirenL sous le nom de fédéralisme à la monarchie, ou à une aristocratie non moins odieuse ; ce contraste m’a frappé dans les premiers pas que j’ai faits sur le terrain des Etats-Unis ; partout j’ai \ u le peuple accourir au-devant de moi, me serrer dans ses liras, m'adresser les discours les plus touchants, m’inviter à des repas fraternels, m’exprimer les vœux le* plus fervents pour les succès de la République. Partout j’ai vu les aristocrates et les Anglais se tenir à l’écart. A Philadelphie six mille citoyens .sont venus me féliciter sur mon arrivée et m’assurer qu’ils regardaient la cause de la France comme la leur, tandis que trois cents marchands, la plupart anglais, allaient remercier le président des Etats-Unis de sa proclamation de neutralité. Jamais l'opinion publique n’a été mieuxmarquée. Washington enaété profondément blessé. C’est le lendemain de ce jour que j’ai eu ma première audience; elle a été froide; l’ami, le conseiller de La Fayette n’a répondu à mes ouvertures franches et loyales que par un langage diplomatique dont il n’est rien résulté qui in’ail paru digne de vous être trausmis. Il ne m’a parlé que du désir que les Etats-Unis avaient, selon lui, de vivre en paix et bonne harmonie avec toutes les puissances, et particulièrement avec la France, et il a évité de toucher tout ce qui pouvait avoir rapport soit à notre révolution, soit à la guerre que nous soutenons seuls contre les ennemis de la liberté et des peuples.

Jefferson, secrétaire d’Etat, dans les commencements m’a paru plus disposé à seconder nos vues; il m’a donné des notions utiles sur leshommesen place, et ne m’a point caché que le sénateur Morris et le secrétaire de la trésorerie Hamilton, attachés aux intérêts de l’Angleterre, avaient la plus grande influence sur l’esprit du président, et que ce n’était qu’avec peine qu’il contre-balanccrait leurs efforts , il a fait plus, il a publié dans les papiers sous le nom de Veritas, trois lettres contre le système de ces messieurs; cependant j’ai remarqué dans ses déclarations officielles une sorte de retenue qui m’a convaincu que cet homme à demi caractère voulait sc tenir en mesure de conserver sa place, quelle que fût l’issue de l’événement. En effet,, à peine la nouvelle de l’infàme défection de Dumouriex et des revers qui en ont été la suite fut-elle parvenue ici, à peine la révolution de Saint-Domingue eut-elle

répandu la terreur parmi tous les propriétaires de nègres, (lue je le vis faiblir de jour en jour et se rendre l'instrument passif d’un parti qui le déteste. Alors me voyant abandonne de ce ministre sur lequel nous devions le plus compter, voyant que le ministre d’Angleterre se rapprochait du président, que Talon, que Noaillcs, agents du prétendu régent du France, avaient accès chez Morris, chez llamilton et étaient même reçus chez le président, voyant que toutes les décisions du gouvernement fédéral nous étaient contraires, que toutes tenilaicntà annuler l'efTet du notre traité, j’ai pris le seul parti qu’il y où ta prendre, je me suis entouré des républicains les plus prononcés et j'ai trouvé dans les gouvernements locaux, dans les tribunaux particuliers des Etats, dans les jurys populaires, dans les sociétés démocratiques qui se sont formées du nord au sud à l’instar des mitres , dans les gazettes antifédéralistes , dans tous les bons citoyens, dans tous les hommes plus attachés à l’intérêt social de l’Amérique qu’à l’intérêt mercantile, dans tous les corps de milice, l’appui le plus énergique ; malgré les défenses et les proclamations du gouvernement fédéral, quatorze corsaires montant entre eux tous cent vingt canons, chargés d’Américains, sont sortis de tous les ports et ont enlevé a nos ennemis plus de quatre-vingts navires richement chargés; malgré les décisions du gouvernement fédéral, les tribunaux de l’Amirauté de plusieurs Etals lidèles à nos traités ont respecté ledroitexclusif de nos consuls à prendre connaissance de toutes les affaires relatives aux prises ; malgré les anathèmes prononcés par Washington et par ses juges fédéraux contre tout Américain qui prendrait part à notre guerre, les jurés ont déclaré innocents, nu milieu des acclamations du peuple, tous ceux qui avaient été arrêtés; malgré le gouvernement fédéral, la milice de la Pcnsylvanie s est assemblée le 14 juillet et a juré de regarder comme un traître tout homme qui ne sentirait pas la nécessité de maintenir nos traites de commerce et d’alliance. I.e 10 août et le 21 septembre ont été également célébrés par le peupledans tous les Etats comme des fêtes nationales, et la cocarac tricolore s’est réunie sur tous les chapeaux à celle de l’Amérique. Alors Washington et ses adhérents, excités par Talon, qui est devenu leur conseil, et par le ministre d’Angleterre, me faisant l’honneur de faire rejaillir sur moi des succès qui n’étaient dus qu’aux principes que j’ai embrassés,

se sont persuadés que ma perte pourrait retarder leur ruine. Toutes leurs lialtei ies ont eu conséquence été dirigées sur moi, leurs gazelles ont répandu que je violais les lois et la constitution du pays et que j’avais menacé le président de faire un appel au peuple de ses décisions. Deux hommes vendus depuis longtemps à l'Angleterre, Jay, premier juge fédéral, et le sénateur King, ont cru qu’ils me feraient beaucoup de tort en le certifiant ; mais celte imposture, au lieu de iïappcr sur moi, est retombée sur eux; ils n’ont |ias pu prouver ce qu’ils avaient avancé J et le peuple de New-York, à l’instant même où l’on cherchait'à lui donner les i murassions les plus défavorables, m’a fait la réception la plus brillante et m’a assuré, dans l’adresse que vous trouverez jointe à celle dépêche sous le n° I, que son vœu était que je continuasse longtemps à remplir avec la même énergie les fonctions qui m’étaient contiées. Ma réponse, que vous trouverez sous le u° 2, leur a prouvé ma sensibilité et les a convaincus que l’intention de la Itépubliquc n’était point, commeou cherchait à le leur persuader, de les entraîner dans la guerre, mais de leur faire prendre une attitude digne d'un peuple libre. Cette dernière marque de l’estime des Américains a achevé d’irriter Washington contre moi : les libelles de ses partisaus se sont multipliés 5 l’infini ; cl pour mettre un terme à cette polémique absurde, jelui ai écrit la lettre ci-jointe, n*>3, à laquelle il m’a fait répondre par M. Jefferson, un president des Etats-Unis étant trop élevé, selon lui, pour correspondre avec l'agent d’une autre nation. J’ai fait imprimer sur-le-champ ces deux lettres. Elles ont produit le meilleur effet. Toulès les sociétés populaires ont applaudi à mon courage, mais la colère s'est emparée de l’âme de Washington, et il a chargé le contre-révolutionnaire Morris de demander mon rappel au conseil, et de menacer nos consuls de les interdire, s’ils continuaient à autoriser la vente de nos prises et à protester contre les tribunaux qui voudraient s’en emparer. M. Jefferson m’a transmis cette dénonciation qui doit vous être portée, et je me borne pour ma justification, citoyen ministre, à mettre sous vos yeux la réponse n° i que j’y ai faite, ainsi que celle des consuls aux menaces outrageantes qui leur ont été intimées.

.Ne nous étant point écartés de la ligne de notre devoir, n’ayant rien entrepris qui ne lut conforme aux traités et aux

lois des Ltats-Unis, nous sommes tous déterminés à demander au congrès, par l’entremise du pouvoir exécutif, qu’enquête suit failedes chefs d’accusation portés contre nous et de la conduite du gouvernement fédéral . Nos amis le désirent avec autant d’impatience que nos ennemis le redoutent, et ie suis pei suadé que la République française approuvera cette démarche; elle donnera un grand mouvement à la révolu! ion nécessaire qui se prépare ici, elle dévoilera des hommes qui se cachent du manteau de fédéralisme pour arriver à la monarchie, ctclle accélérera la chute d’une foule d'intrigants qui n’ont d’autre but que de livrer ce pays à l’Angleterre, d’y élabtir une forme de gouvernement absolument calqué sur la sienne, et d’expulser l'égalité et les républicains français de cette terre sacrée de la liberté. Je le déclare au couscil. citoyen ministre, l’Amérique est perdue pour la France si le feu épurateur de uolrc révolution ne pénètre point jusque dans son sein; les hommes qui ont fait la révolution de 1775 sont écartés de presque tous les emplois par la faction qui gouverne, et cette faction n’est composée que d’anciens tories, aristocrates, d’Anglais naturalisés depuis la guerre, et d’hommes ambitieux etavides auxquels la fièvre de l’orgueil et la soif des richesses oui fait oublier qu’ils n’existaient que par le peuple et qu'ils ne devaient songer qu’à son bonheur. Nous n’avons rien à attendre d’eux ; ils ne veulent ni du nos principes, ni de notre alliance; marchons donc avec sik reté dans la carrière que je viens d’ouvrir, et si vous croyez utile de me sacrifier à Washington, envoyez au moins à ma place un ministre qui n’abandonne pas les républicains, les amis sincères de la liberté, de l’égalité, de la France.

I.es rapports suivants, citoyen ministre, répondront à toutes les lettres que vous m'avez écrites jusques et y compris le n° 12, et vous présenteront tous les détails que vous pourriez désirer sur ma mission. Je les ai divisés en parties de la manière suivante :

1' Les relations directes que j’ai eues avec le peuple américain, les fêtes civiques qui m’ont été données, celles qui ont eu lieu aux époques les plus remarquables de notre révolution, les meilleurs écrits qui ont été publiés dans les papiers américains, pour eu contre nos droits et nos intérêts politiques et leà délibérations de plusieurs sociétés populaires, entre autres de celles de f.harlestovvn ;

2° Ma correspondance avec le gouverncmenL américain relativement aux prises, aux armements en course, cl aux décisions arbitraires du gouvernement fédéral sur des traités dont il lie pouvait sous aucun rapport changer le sens;

3° Les plaintes que j’ai portées au gouvernement américain sur les insultes faitesau pavillon des Etats-Unis parles Anglais, et les motifs que M. Jeiïcrson a allégués pour ne point soutenir par la voie des armes les droits des neutres vis-à-vis de cette puissance qui s'est toujours fait un plaisir de les violer;

i° Mes différents rapports sur les négociations que j’ai suivietaupres du gouvernement fédéral relativement au reinbouisementde la dette des Etats-Unis envers la France, ainsi uuc d’autres rapports particuliers sur les approvisionnements dont j’ai été chargé pour la France et pour ses colonies;

Ias différentes notes quej’ai présentées au gouvernement fédéral, en lui transmettant les décrets relatifs aux faveurs accordées au commerce des Américains par la Convention nationale cl à la conduite que doivent tenir les vaisseaux armés de la République française à l’égard des neutres ; j’ai joint à ces notes quelques vues générales sur le commerce de l’Amérique ;

(1° Différents rapports relatifs aux affaires de Saint-Domingue, aux projets des colons et de Calbaud, et aux moyens quej’ai employés pour les faire avorter;

7° Le tableau de la situation présente de toutes les colonies de la République au Vent et Sous le Vent;

8" Mon rapport général sur l’insurrection qui a éclaté à bord des vaisseaux île la République dans la rade de Nevv- •York, et particulièrement sur le Jupiter, sur les moyçns que j’ai employés pour faire réorganiser ces forces, sur la conspiration nouvelle de Galbaud, sur sa fuite vers le Canada oii il est, dit-on, actuellement, lorsqu’il s’est vu découvert, et sur les mesures que j’ai prises pour empêcher ce scélérat et ses complices de couronner leur trahison et d’achever les crimes de Saint-Domingue;

9" Un rapport particulier sur le convoi de Saint-Domingue, réfugié dans les ports des Etats-Unis. La majorité des capitaines désire hiverner ici en attendant des forces plus considérables pour les escortes que celles qui leur ont été destinées. Je n’ai point encore adhéré entièrement à leur vœu; je leur

ai prescrit de se tenir toujours prêts, niais j’ai entamé des négociations avec le gouvernement fédéral pour rendre leur séjour dans les ports américains le moins onéreux possible à leurs armateurs;

10" l.e plan des opérations qu’ont entreprises, d’après mes instructions, les forces navales de la ltépuhhquc en Amérique, pour nous remettre en possession de la pêche de Terre-Neuve, détruire celle des Anglais, intercepter leur convoi du Canada et de la haie d’Iludson, sonder les dispositions de nos anciens frètes de l'Acadie, seconder les mesures que j’ai prises pour les exciter à conquérir leur indépendance, châtier ensuite les corsaires de la rruvûlence, s’emparer de ce repaire de brigands, faire la conquête de la Floride, et opérer sur les cotes de la Louisiane une diversion favorable aux opérations que vont commencer vers le nord les Illinois et les Kentuckois, dans la vue de briser les fers dans lesquels gémissent les habitants de celte malheureuse contrée toujours attachée à la France ;

1 1" Mes rapports généraux et particuliers sur les consulats, sur leur organisation, les travaux que j’ai contiés au zèle des citoyens qui les remplissent et les affaires qui les concernent individuellement;

12" Plusieurs communications, faites au gouvernement américain et à des particuliers, de différents décrets de la Convention nationale et d’autres pièces;

13° Un dossier séparé de plusieurs lettres particulières que je vous écris, citoyen ministre, relativement à votre admission au ministère, aux titres de civisme que vous me demandez conformément aux décrets de la Convention nationale, à ma profession de foi sur Démoliriez, aux renseignements qui m'ont été demandes sur la famille dû général Custine, et une maladie contagieuse qui ravage la ville de Philadelphie depuis six semaines, et qui en a fait un immense désert. Tout le monde a pris la fuite; le gouvernement fédéral est dissous, et l’on ne sait point où le congrès pourra tenir ses séances, si cette calamité n’a point un terme prochain ;

11" K ntl il, des duplicata de plusieurs dépêches et rapports que je vous ai fait passer par différentes occasions.

Tel est, citoyen ministre, le compte que je devais il ma patrie delà mission dont elle m’a chargé: car je lie considcie

que comme des aperçus les dépêches que je vous ai adressées jusqu’à ce moment-ci.

Comme les affaires vont devenir de jour en jour plus importantes, je vais m’occuper de rétablissement indispensable de quelques avisos qui vous porteront promptement et régulièrement des nouvelles de nos opérations politiques, militaires et administratives. J’ai déjà fait, dans cette vue, l’acquisition de plusieurs petits bâtiments lins voiliers, que des citoyens américains avaient achetés, sous notre autorisation, pour les employer à la course, avance dont il était juste de les indemniser, depuis que le gouvernement fédéral a suspendu par ses décisions l’exercice du droit que nous avons d’armer dans ses ports.

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