DANS I.A RÉVOLUTION AMÉRICAINE
en lumière la grandeur de leurs services et la difficulté de leur œuvre que l’on est assez enclin à méconnaître aujourd’hui. La rupture entre l’Amérique et l’Angleterre nous paraît un fait si naturel , elle a été prévue en Europe si longtemps avant l’événement, elle a eu de si heureux résultats qu’il nous faut un certain effort pour croire qu’elle n’ait pas été ardemment désirée par la population coloniale bien avant la guerre de l’indépendance ; et lorsque nous entendons iolm Adams, Jay, Madison, Jefferson 1 s’élever avec force contre les imputations injurieuses de Botta qui les soupçonne eux et leurs compatriotes de n’avoir pas été parfaitement sincères dans leurs longues protestations de fidélité à George 111, lorsque nous les entendons parler des résislances qu’ils ont renconlrées à l’intérieur, le jour où ils ont cru devoir prendre le douloureux parti de briser tout lien avec la mère patrie, nous sommes assez disposés, de ce côté de l’Océan, à les accuser à la fois d’avoir peint leurs sentiments secrets avec une duplicité historique destinée à couvrir leur duplicité politique, et d’avoir exagéré les difficultés qu’ils ont eu à vaincre, pour exagérer leur mérite. Rien n’est plus injuste. Aussi ne fût-ce que par un sentiment d’équité, l'histoire de l’idée de l’indépendance mériterait d’être racontée. Elle ne saurait plus naturellement trouver sa place que . dans une étude sur l’homme dont le nom est resté lié à son triomphe.
1 Voyez Life and Works of J<ty , t. Il, p. 410, — 417. — Life and Writings of Washington, t. II. p. 497.