MINISTRE DE FRANCE A LONDRES
Choisenl: « Réunis de tous les coins de l’Europe, épars sur la surface de l’Amérique, de toutes religions, de toutes langues, leur union cuire eux n’est pas plus forte que leur attachement pour l’Angleterre.... Elle regarde comme un moyen de conserver ses colonies ce mélange de nations et celte désunion de races, et elle inet en principe qu’il faut de plus en plus diviser les territoires et les gouvernements, pour qu’une trop grande portion de terre, de peuples et de puissance, ne soit pas dirigée par les mêmes idées ; politique judicieuse, mais moins forte que l'intérêt qui lie outre eux les hommes les plus
union me paraissent pour elle moins évidents. Elle peut souffrir aujourd'hui sou» le pouvoir arbitraire de ce pays ; elle peut souffrir pour un temps d’une séparation de ce pays ; mais ce sont là des maux temporaires auxquels elle survivra. L’Ecosse et l'Irlande se trouvent dan» une situation différente. Humées par la mer , elles ne peuvent s’accroître assez en population, en richesse et en force pour l’emporter sur l'Angleterre. Mais l’Amérique, territoire immense, favorisé par la nature de tous le9 avantages qui peuvent résulter du climat, du sol, de grandes rivière» navigables, de lac», etc., l’Amérique doit devenir un grand pays, populeux et puissant. D'ici à moins de temps qu’on ne le croit en général , elle sera capable de secouer toutes les entraves qu’on lui aura imposées, peut-être même de le» rejeter sur ceux qui les lui auront imposées. En attendant, tout acte d’oppression aigrira son humeur, diminuera grandement, s’il ne les annihile tout à fait, les profits de votre commerce avec elle, et luttera sa révolte finale. Car les semences de la liberté se retrouvent là partout; rien ne peut les anéantir. Et cependant il reste chez ce peuple tant de respect, de vénération et d'afFeetion pour la Grande-Bretagne qu'en le traitant prudemment, avec de bons procédés et de la bienveillance pour scs privilèges, on pourrait le gouverner aisément encore pendant des siècles, sans force et presque sans dépense. Mais je ne vois pas ici la dose de sagesse nécessaire pour amener une telle conduite, et j'en déplore l’absence. » — Works uf Franklin, t. VII, p. 331.