‹ Thomas JeffersonChapitre 24 sur 212 · PRÉVISIONS 1>U · texte numérisé non relu

PRÉVISIONS 1>U

opposés sur le dogme, et les moins réunis par la forme du gouvernement... Le goût dp l'indépendance doit prévaloir parmi eux. Cependant je présume (411e la crainte qu’en a l’Angleterre relardeia l’événement, qu’elle évitera désormais tout ce qui tendrait à les réunir,... que la révolution sera en conséquence lente et insensible, qu’enlin la soumission des colonies sera très-précaire, mais que l’autorité 11e cherchera point à s’y laiie sentir *. »

Le duc de Choiseul ne se résignait pas à croire que la révolution tût aussi éloignée ni que l’Angleterre lût aussi sage. 11 avait pour la Crande-Bietagne, pour ses institutions, pour le chef de son gouvernement, lord Chalham’, une malveillance profonde mêlée à la

i M. Durand au duc de Choiseul.— Londres, le 11 août 1767. — Documents historiques , n* 11.

* M. Pitt qui, après la conclusion du pacte de famille, avait quitté les affaires plutôt que de consentir à la paix avec la France (5 octobre 1761} et qui, apr. s la révocation de l’acte du timbre, avait été charge par le roi George 111 de lormer un cabinet, avait repris, le *2y juillet 1766, la direction du gouvernement, en enirant à la Chambre des lords sous le titre de lord Chatham: « Nous ne pouvons pas comprendre ici quel a été le motif de invlord Chatham en quittant la Chambre des communes, décrivait le duc de Choiseul à Ai. Durand, le 11 août 1766. « Jl nous paraissait que toute sa force consistait dans sa situation dans celte Chambre, et il pourrait bien se trouver comme Sainson, lorsqu’on lui eut coupé les cheveux. Ce que nous avons à craindre, c’est que cct homme altier et ambitieux, apres avoir perdu sa considération populaire, ne veuille se relever de cette perte par des exploits guerriers et des projets de conquête qui puissent lui donner de la gloire. »— Dès le 13 avril 1760, prévoyant la rentrée de Pitt aux allaires, M. de Choiseul manifestait la môme inquiétude avec plus de vivacité encore : « Je ne doute pas que ce ministre, hé intimement avec le roi de Prusse, échauffé par le prince héréditaire, entraîné par son caractère* altier, enivré de ses succès, et avec le bon esprit de sentir qu’il ne peut se

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fois üe crainte et de dédain. 11 se croyait en droit de tout faire pour relever la France des humiliations dont elle avait été abreuvée à la suite de la guerre de Sept ans, de tout redouter de la part d’un gouvernement dont la politique extérieure n'avait à ses yeux d’autre règle que les fantaisies populaires ou les ambitions de parti, 1 et de tout espérer de l’inconstance des masses, de l'instabilité du pouvoir et de la violence des factions dans un Étal libre, tout, même la chute de lord Chatham et le démembrement de l’empire britan-

soutenir dans l'administration que par la force et l’enthousiasme, je ne doute pas, dis-je, qu'il ne rentre dans le ministère avec un projet tout formé et l’incertitude pour nous du moment où il le fera éclore. ^Le duc de Clioiseul au comte de Guerchy.) — Et au marquis de Grimaldi, le 2 octobre 1700 : «Je n'ai jamais douté que tnylord Chaiham fût porté à la guerre. Elle a fait sa réputation et sa fortune; il ne peut, à ce que je pense, soutenir l’une et l'autre que par cette voie. Je -ne lui crois pas de talents de détail, il a pour tout mérite une Aine forte, entreprenante, et qui par sa volonté absolue détruit tous les embarras. Ce caractère impérieux, qui ne calcule que sa volonté, ne peut se soutenir dans un ministère que par la guerre. 11 serait un grand homme s’il avait les vertus de la paix et il n'est pas tel.»

l « En Angleterre on ne peut calculer les intérêts généraux des nations que par les intérêts particuliers de ceux qui gouvernent ; ce n’est ni la justice, ni l'humanité, ni les moyens qui décident la guerre à Londres, mais la fougue, l'ambition et les pussions du parti prépondérant.... Personne n igfiorc que 1 instabilité des opinions et des révolutions politiques est presque toujours dans le conseil britannique une suite inévitable des fréquentes révolutions qui se succèdent dans le ministère. Il s'ensuit que les puissances dont l’Angleterre est la rivale et l’ennemie naturelle s’exposeraient imprudemment à être les dupes et les victimes de leur confiance, si, sur la parole fort équivoque de ministres aussi peu solidement établis dans leur place, elles négligeaient de se mettre eu défense c-t sûreté contre des hostilités subites et imprévues. (Le duc de Choiseul au comte de Guerchy, 13 et 27 avril 1700./

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