‹ Thomas JeffersonChapitre 26 sur 212 · PRÉVISIONS DU · texte numérisé non relu

PRÉVISIONS DU

du tiers de l’Amérique, que sa domination américaine n’ait pour objet que le commerce, que ce même objet s’étende à celui d’Asie aussi puissamment qu’il nous est présenté par mylord Clive, que le Nord de l’Europe soit un des principaux points de l’avidité commerçante anglaise, et que le commerce anglais cherche dans toutes les parties de l’Afrique et du midi de l’Europe à empiéter, de sorte que si ctiaque individu qui se trouve en Angleterre était occupé au commerce, je ne croirais pas encore que l’Angleterre pût suffire à celui qu’elle entreprend. On me répondra que cela est; j’en conviens; mais comme cela ne peut pas être, j’aurai toujours l’espérance que ce que je ne conçois pas ne sera pas nuisible. Les colonies d’Amérique ne peuvent être utiles à la métropole qu’autant qu’elles ne tirent que d’Angleterre les matières premières de leurs besoins; car l’on ne doute pas que tout pays éloigné qui est indépendant pour scs besoins ne le devienne successivement dans tous les points; et d’ailleurs de quelle utilité une colonie de l’Amérique septentrionale sera-t-elle à la métropole si elle n’en tire pas le travail de ses manufactures’ Il faut donc que les colonies septentrionales de l’Amérique soient totalement assujetties, quelles ne puissent opérer, même pour leurs besoins, qu’après la volonté de la métropole; cela est possible quand on a en Amérique une petite partie de pays dans laquelle le gouvernement fait de la dépense et y introduit des troupes au soutien du despotisme; mais une métropole qui aura dans le nord de l’Amérique des possessions trois fois plus étendues que la France ne pourra pas, à la longue, les empêcher d’avoir des manufactures pour

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