‹ Thomas JeffersonChapitre 29 sur 212 · A LA FRANCE ET A L’ESPAGNE · texte numérisé non relu

A LA FRANCE ET A L’ESPAGNE

Les nouvelles d'Amérique étaient en effet intéressantes à plus d’un titre. Elles amusaient Louis XV, et une dépêche bien faite à lire en conseil sur les troubles des colonies anglaises était évidemment pour M. de Choiseul une double bonne fortune. Le roi trouvait à l’entendre un malicieux plaisir dont il savait gré à son ministre, et le ministre trouvait en la lisant l’occasion de faire naître presque spontanément dans l’esprit du roi des vues et des tentations qu’il aurait été peut-être difficile de lui offrir directement. Aussi le duc ne laissait-il guère partir un courrier pour Londres sans insister avec force sur le désir d’être instruit des moindres détails relatifs à la révolution qui se préparait en Amérique, et la nature des questions qu’il adressait témoigne à la fois de l’importance politique qu'il attachait à ces divisions intérieures de l’empire britannique, et de la curiosité d’amateur et de connaisseur avec laquelle il suivait les diverses phases de la lutte.

qu’il soit six mois le feu sera peut-être aux quatre coins de l'Amérique. Il reste à considérer si les colonies ont les moyens de l’entretenir sans être soutenues par une guerre étrangère, et si la France et l’Espagne doivent courir le hasard ou de s’engager pour achever l’embrasement et pour 1*5 rendre irrémédiable, ou s’il leur convient de l'abandonner au risque qu’il s'éteigne de lui-même faute d’aliment et de moyens de résistance. * (Le comte du Châtelet au duc de Choiseul.— Londres, le 9 décembre 1768.) — Le duc de Choiseul répondait (le ^Odécembre 1768) :« Votre dépêche du 9 de ce mois présente, Monsieur, des vues aussi délicates qu’étendues et approfondies sur la position actuelle de l’Angleterre vis-à-vis de ses colonies, et sur les partis que dans cetto position la France et l’Espagne pourraient prendre. Je communiquerai vos réflexions h la cour de Madrid, et je les ai mises sous les yeux du roi qui en a parfaitement senti toute la sagacité et la solidité, et qui vous sait gré de l'attention que vous donnez avec un zèle si éclairé et ai constant aux objets qui intéressent aussi essentiellement le service de Sa Majesté. »

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