‹ Thomas JeffersonChapitre 30 sur 212 · M. DURAND PROPOSE · texte numérisé non relu

M. DURAND PROPOSE

Il était très-bien servi |>ar les représentants de la France à Londres. M. Durand et après lui M. du Châtelet, ou en l'absence de ce dernier, M. Francès, son premier secrétaire, étaient sans cesse en quête d’idées et de nouvelles. Leur correspondance abonde eu renseignements généralement exacts sur l’histoire, la situation, les forces, les espérances et les désirs des colons, renseignements puisésaux meilleures sources, les écrits et la conversation de Franklin, les rapports de M. de Pontleroy, officier de marine intelligent que M. de Choiscul avait chargé en 17(H et en 1760 de visiter secrètement les colonies sous le nom de Beaulieu, les entretiens des commerçants de la Cité, les indiscrétions des membres de l’opposition, les journaux américains; et l’on retrouve encore aujourd’hui, aux archives des affaires étrangères, des pamphlets, des procès-verbaux d’assemblées et de meetings, d s sermons politiques qu’ils annexaient en grand nombre à leurs dépêches. Ils ne se bornaient pas à raconter ce qu’ils apprenaient; ils disaient aussi ce qu’ils pensaient. M. de Choiscul avait le goût du mouvement d'esprit, et il encourageait ses agents à lui envoyer leurs vues sur l’avenir, leurs projets d’alliance, leurs plans de guerre et de campagne, quitte à n’y pas arrêter bien longtemps sa vive et mobile pensée. Us répondaient avec empressement à ses encouragements.

Tantôt c'était M. Durand qui proposait à son ministre tout un nouveau système de guerre contre la Grande- Bretagne qu'il disaitavoir entendu développer autrefois par lord Bolingbroke. Ce n’était pas, soutenait-il, en enlevant à l’Angleterre de lointaines possessions qu’on

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