‹ Thomas JeffersonChapitre 33 sur 212 · ÉTAT D'ESPRIT DE WASHINGTON · texte numérisé non relu

ÉTAT D'ESPRIT DE WASHINGTON

naire anglais. Un instant il fut même question de le nommer sous-secrétaire d’Élat au ministère des colonies, alors occupé par lord Hillsborough1; et il se montra tout prêt à accepter ce poste, conformément à sa triple maxime : « Ne jamais demander une place, ne jamais refuser une place, ne jamais s’en démettre *. p Par situation, c’était donc un intermédiaire presque impartial entre l’Angleterre et l’Amérique : par nature, c’était un conciliateur, conciliateur aussi opiniâtre que clairvoyant, dont les efforts quotidiens pour réussir ne troublaient nullement la liberté d’esprit , et dont les tristes prévisions ne pouvaient ébranler la persévérance. C’était l’une des supériorités de son esprit : il savait voir l’avenir et vivre dans le présent. La séparation à laquelle il s’attendait était peut-être encore fort éloignée; pourquoi n’aurail-il pas, en travaillant à l’éviter, fait son chemin et prolongé la paix du monde ï Tels étaient encore les sentiments de Franklin au moment de la chute du duc de Choiseul. Ses compatriotes américains anticipaient encore bien moins sur l’avenir : « Personne, » disait déjà Washington, en parlant des libertés américaines, « ne doit hésiter un instant à employer les armes (>our défendre des intérêts aussi précieux et aussi saints. » Mais il ajoutait : « Les armes doivent être notre dernière ressource 3 ; » et il semble douteux que l’idée de l’indépendance eût même traversé son esprit.

» Franklin à Will. Franklin, Londres, 9 janvier 1768. — Works of Franklin, t. VII, p. 377. Voyez encore t VII, p. 407.

* Franklin à sa sœur, madame Jeanne Mecora, Londres, 30 décembre 1770. — Works of Franklin , t. VIT, p. 496.

* Washington k George Mason, 5 avril 1769. — Wfitings of Washington , t. II, p.351.

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