‹ Thomas JeffersonChapitre 4 sur 212 · SON ÉDUCATION · texte numérisé non relu

SON ÉDUCATION

femme le soin de sept enfants, dont l’ainé, Thomas, n’avait que treize ans. L’illustre chef du parti démocratique aux États-Unis a pris soin de nous apprendre qu’elle était une Randolph, famille considérable en Amérique, et dont les membres « faisaient remonter leur origine à des temps reculés dans l’histoire d’Angleterre et d’Écosse » C’est le seul détail qu’il nous ait laissé sur sa mère ; puis, comme pour se faire pardonner cette petite réminiscence de sa noble origine, il s’est empressé d’ajouter avec une désinvolture qui, à elle seule, doit paraître à certains de ses partisans la marque d’un esprit supérieur : « A quoi chacun attachera d’ailleurs la créance et le prix qu’il voudra *. »

A dix-sept ans, Thomas Jefferson fut envoyé à Williamsburg pour compléter ses études classiques au collège de William and Mary. C’était alors un grand et maigre jeune homme, la charpente osseuse, les traits accentués et un peu durs, le teint et les cheveux roux, l’air indépendant, éveillé et rusé, sachant déjà se servir de ses camarades pour obtenir de ses maîtres ce qu’il lui répugnait de demander directement; d’ailleurs bon compagnon, aimable, plaisant, toujours prêta courir ces petites aventures qui font la joie et la popularité de la jeunesse, assez entreprenant auprès des jeunes filles, hardi chasseur, bon cavalier, et ne refusant jamais d’égayer une fête au son d’un violon, dont il jouait fort bien, au dire de ses panégyristes.

John Page, qui plus tard fut son compétiteur dans les élections pour la charge de gouverneur de la Virgi-

1 Àutobiography. — Works of Jrffet suii, t. I, J». J. — * Ibid.

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