FRANKLIN PREND SON PARTI
son, gouverneur du la province, il avait été traité de la façon la plus injurieuse par le solliciteur général Wcdderlnirn. Signalé comme un a incendiaire » et un intrigant, accusé d’avoir « volé » les pièces sur lesquelles la plainte contre Hutchinson était basée, exposé pendant plusieurs heures à la risée des lords du conseil, destitué de sa place de directeur général des postes, il était resté impassible, mais il était devenu irréconciliable :
« Je ne me laisse jamais déranger ou tourmenter par le besoin de la vengeance,» disait-il lui-même, « cependant je ne suis pas insensible aux injures. » Aussi, l’un des plus ardents affidés de Samuel Adams, Josiali Quiney, qui voyageait en Angleterre pour le service de son parti, put-il bientôt écrire à ses amis de Boston : a Le docteur Franklin est un Américain de cœur et d’âme : vous pouvez vous fier à lui ; ses idées ne sont pas resserrées dans l’élruile limite de l’exemption des taxes, elles reposent sur la large base d’une émancipation totale; sou espoir dans le triomphe de la liberté en Amérique est aussi ardent que le mien » Mais Franklin avait à s’assurer les sympathies de l’opposition anglaise, à ménager les scrupules du public américain, à veiller à sa sûreté personnelle. 11 négocia jusqu’au bout, non plus en conciliateur, mais en ennemi qui, prêta rompre, traite encore pour mettre le bon droit et l’opinion de son côté. Lorsqu’au mois de janvier 1773, il entrait en conférence avec lord Chatham et lord Howe sur les moyens d’accommoder la querelle, il comptait bien, je crois, les clievcher en vain, et il aurait été fort chagrin de
* 27 novembre 1774. — Life and Works of Franklin, t, 1, p, 372.
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les trouver. M. Galloway, l’un de ses amis américains, croyait y avoir réussi : « Je ne sais,» lui écrivait Franklin, « quelles objections ont été adressées à votre plan dans le congrès ; quant à moi, je ne veux lui en opposer qu'une. Lorsque je vois l’extrême corruption de toutes les classes de la société dans ce vieil État pourri, et l’admirable vertu publique de notre jeune pays, je ne puis m’empêclier d’attendre plus de mal que de bien d’une union plus intime. Je crains qu’ils ne nous entraînent à leur suite dans toutes les guerres de pirates que leur situation désespérée, leur injustice et leur rapacité pourront les porter à entreprendre. Leur prodigalité dévorante est un go u tire dans lequel viendraient s’engloutir tous les secours que nous pourrions leur donner à la sueur de nos fronts. Un nombre illimité de places inutiles, d’énormes salaires, des pensions, des concussions, des querelles sans motif, de folles entreprises, de faux comptes ou |>oint de comptes, des marchés et des tripotages de tous genres amènent une continuelle indigence au milieu d’une naturelle abondance. Nous unir intimement, ce serait, je crois, nous corrompre et nous empoisonner aussi. Ce serait, comme Mézence, accoupler et lier ensemble le mort et le vivant. » Puis, subissant encore l’empire de l’habitude ou se rappelant peut-être que M. Galloway était accusé dans les colonies de fournir au gouvernement britannique des renseignements sur les vues et les démarches du parti populaire : a Et cependant je tenterais tout au monde, je supporterais tout ce qu’on peut supporter sans danger pour ncs justes libertés, plutôt que de m’engager dans une guerre avec de tels parents, sans y être