JOHN ADAMS
porte ouverte à une réconciliation.... Je serais moimême aussi désireux que personne d’une réconciliation si nous pouvions raisonnablement l’espérer sur une base constitutionnelle. Mais je crois que le cancer est trop profondément enraciné pour pouvoir être guéri autrement que par une extirpation absolue. L’expérience nous a toujours appris que les pétitions, les négociations, tout ce qui présente au peuple l’espoir d’une réconciliation sans effusion de sang, est avidement accueilli par lui, qu’il s’eu repose sur leur effieacité, et qu’on ne peut alors lui faire comprendre combien il est nécessaire de se préparer pour la guerre. De là notre manque de poudre. Mais ce continent est une vaste machine, difficile u remuer. Nous ne pouvons forcer les événements. Nous sommes contraints de laisser le peuple suivre sa propre voie dans bien des cas où nous la croyons mauvaise, espérant et croyant malgré tout que notre liberté et notre bonheur seront sauvés en définitive, quoique par les moyens peut-être les moins rapides et les moins surs. Selon moi la poudre et l’artillerie, voilà les mesures conciliatrices les plus efficaces, les plus sûres et les plus infaillibles*. »
Malgré ses sages réflexions sur l’impossibilité de forcer les événements, John Adams ne pouvait se résigner ni à feindre ni à se taire. Ce qu’il écrivait à ses amis du Massachusetts sur les inconvénients des pétitions et des négociations, il le développait dans le congrès au grand scandale des patriotes plus timides ou plus prudents; et par les inopportunes explosions de son zèle, il ari ôtait
> John Adam» à Moïse Gill. Philadelphie, 10 juin 1T75 — Works of John Adams, t. IX, p. 356, 357.