DEKNIKRE PÉTITION AU ROI
jours dans le congrès qu’il fut nommé membre du comité chargé de rédiger la déclaration sur les causes de la prise d’armes : « Je préparai, » raconte-t-il luimême, «un projet de rédaction. M. Dickinson le trouva trop fort. 11 conservait l’espoir de la réconciliation avec la mère patrie, et il n’y voulait pas nuire par des paroles offensantes. C’était un si honnête homme et si capable, que ceux-là même qui ne partageaient pas ses scrupules avaient pour lui de grands égards. Nous le priâmes de prendre le projet et de le refondre de telle sorte qu’il pût l’approuver. 11 prépara une rédaction toute nouvelle, ne conservant de la première que les quatre derniers paragraphes et la moitié du paragraphe précédent. Nous l'approuvâmes, et en limes le rapport au congrès qui l’adopta
La pétition au roi restait à rédiger. M. Dickinson attachait une extrême importance à ce qu’elle prit la forme, non d’un acte collectif du congrès, corps dont l’autorité n’éjtait pas reconnue par le gouvernement britannique, mais d’uue humble adresse signée individuellement par les divers membres : « Le congrès, » raconte encore Jefferson, «donna une marque signalée de sa complaisance pour M. Dickinson, etde son extrême désir de ne pas marcher trop vite pour aucune portion respectable de l’assemblée, en le laissant rédiger cette pièce selon ses propres idées, et en l’adoptant presque sans amendement. Le dégoût qu’inspirait l’humilité du projet était général, et le plaisir que ressentait M. Dickinson à le voir adopter lui valut seul beaucoup de
1 fl juillet 1775. — Autobiography. — IVorfcj uf Jefferson, 1. 1,