‹ Thomas JeffersonChapitre 50 sur 212 · I.E PAYS ATTEND LOYALEMENT · texte numérisé non relu

I.E PAYS ATTEND LOYALEMENT

comme uue preuve des mauvais desseins du parti populaire, elle fut accueillie avec une joyeuse indignation par les royalistes décidés, et avec une honnête stupeur par les patriotes incertains. Dans le sein même du congrès, l’humeur contre John Adams fut profonde. Le vide se fit autour de lui à Philadelphie; on l’évitait dans les rues comme un homme certainement compromettant, peut-être criminel. Dickinson ne le saluait plus La première émotion passée, l’effet fut cependant, à tout prendre, plus utile que nuisible. La question de l’indépendance fut posée devant la nation; on s’habitua peu à peu à regarder en face certaines perspectives d’avenir auxquelles jusque-là on setait à peine permis de penser. Toute parole prononcée publiquement en faveur de l’indépendance restait cependant suspecte. Toute accusation de tendre à une séparation était rejetée comme calomnieuse par les fils de la liberté du Centre et du Sud. A New-York, le comité de sûreté déclarait ennemi du pays un homme coupable d’avoir répandu la rumeur que le congres avait proclamé l’indépendance *. Dans la Caroline du Sud, le congrès provinvincial, après avoir examiné le plan de confédération de Franklin, le déclarait inopportuu, et donnait pour instruction à ses délégués au congrès général de ne consentir, jusqu’à nouvel ordre, à aucun plan de confédération’. En Virginie, un citoyen du comté de Hanovre qui s’était permis de dire que le pays visait à l’indépendance,

1 Diarjr of John Adams. 15 septembre 1775. — Work s of John t. II, p, 4'23.

*4 août 1775. — American Archives, t. III, p. 21.

s 4 septembre 1775. — American Archives, t. III, p. 19t>.

I.E RÉSULTAT DE LA PETITION AU KOI. 89 était contraint de faire amende honorable *. EnPensylvanie, le comité du comté de Chester, accusé par certains «ennemis delà liberté » de vouloir l’indépendance, déclarait qu’il «tenait en horreur une idée aussi pernicieuse de sa nature* ». Le pays était décidé à attendre loyalement le résultat de la pétition au roi.

Rien pourtant ne semblait annoncer un changement favorable dans les dispositions du gouvernement bri- tannique. Les premiers succès militaires des Américains n’avaient eu d’autre effet sur George III que de l’exciter à la lutte. En apprenant le combat de Bunkerllill, il n’avait songé qu’à multiplier ses armements et à entamer des négociations au dehors pour l’achat de soldats étrangers. Ce fut à la nouvelle de ces préparatifs

*5 septembre 1775. — American Archives, I. III, p 614. La pièce vaut la peine d’étre citée tout entière.

Comité du comté de Hanovre (Virginie).

« En comité le 5 septembre 1775.

«■ Attendu que je, soussigné, suis accusé d’avoir dit plusieurs choses nuisibles h la cause américaine, et en particulier d’avoir déclaré que ce pays est en état de rébellion, et qu'il a pour but un état d’indépendance beaucoup plus qu'une opposition parlementaire; et attendu que bonne et due preuve en a été fournie devant le comité du comté, pour réparer autant qu'il est en moi le mal qui peut avoir été fait par moi, je déclare ici que je regrette du fond de mon cœur ma faute; et je promets ici de me conduire à l’avenir de façon à ne donner aucun sujet de plainte h mes concitoyens, mais de contribuer de mon mieux au succès des mesures adoptées pour la défense des libertés américaines.

«t Thomas Anderson. »

t Ledit Thomas Anderson, ayant signé l'aveu ci-dessus, est acquitté de toute autre poursuite, et le greffier a reçu l’ordre de transmettre incontinent la pièce à l’imprimerie, pour qu’elle fût publiée dans la Gazette.

« Burtlett Anderson,, greffier. »

* 25 septembre 1775. — Am encan Archives, t. III, p. 704.

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