‹ Thomas JeffersonChapitre 6 sur 212 · DILETTANTISME LITTÉRAIRE · texte numérisé non relu

DILETTANTISME LITTÉRAIRE

jeune étudiant avait plu par ce mélange de sérieux et de légèreté qu’on recherchait dans les salons du xviii* siècle. Fauquicr était un homme de cour, libertin de mœurs et de principes . qui avait mis à la mode, dans le petit cercle des habitués de son palais, l’impiété railleuse, la morale relâchée, les goûts littéraires et les belles manières de Shaftesbury et de Bolingbroke; mais le joyeux correspondant de John Page devait être plus séduit que choqué par la gaieté licencieuse de cet aimable seigneur que, dans sou gouvernement, les gens du monde regardaient comme un modèle de politesse et d’élégance. Tout en se défendant mieux que d'autres des vices de son patron, Jefferson semble avoir aussi mieux profité de ses brillants exemples, à en juger du moins par la réputation de bel air et de bel esprit qu il a toujours eue parmi ses compatriotes. Peut-être néanmoins un connaisseur comme Fauquier aurait-il trouvé dans le dilettantisme de son élève des élans d’enthousiasme un peu naïfs et attardés qui sentaient encore la province, et je doute que, malgré sa grande politesse, il eût pu s’empêcher de sourire en lisant cette lettre que Jefferson, «enhardi par d’anciennes relations de société,» écrivait eu 1773 à un certain M. Mac Pherson, sans doute parent du spirituel mystificateur qui, en Angleterre, était depuis plusieurs années déjà convaincu d’avoir donné sa poésie pour celle d Ossian : « Les poèmes d’Ossian ont été et seront pour moi toute ma vie une source de plaisirs élevés et quotidiens. Les tendres et sublimes émotions de l’esprit n’ont ja-

t. VI, p. 411, et Jefferson « T. J. RanJolpb, 24 novembre ISOH. — Work-,, t. V, p. 389.

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