DÉCLARATION DE L'INDÉPENDANCE
le mot ou de faire la moindre allusion à l’idée, soit dans le congres, soit dans vos conversations particulières. Cela suffirait à vous perdre, car l’idée de l’indépendance est aussi impopulaire dans la Pensylvanie et dans tous les États du centre et du Sud que l’acte du timbre lui-même. Personne n'ose en parler. Vous êtes d’ailleurs les représentants de l'Étal qui a souffert ; Boston et le Massachusetts sont sous Une verge de fer... Vous avez été longtemps persécutés; vos sentiments ont été froissés, vos passions excitées. On vous croit trop chauds, trop zélés, trop confiants. Il vous faut donc être très-prudents. Ne mettez en avant aucune proposition hardie; n’avez pas la prétention de vous placer à la tête du mouvement. La Virginie est l’État le plus peuplé. Les Virginiens sont fiers de leur antique origine. Ils croient avoir le droit de tout diriger, et les États du centre et du Sud ne sont que trop disposés à le leur reconnaître. Placez-les en tète de toutes choses... » Ces conseils avaient un tel cachet de sagesse et de bon sens qu’ils laissèrent une profonde impression dans notre esprit Les faits et les principes invoqués par nos amis de Philadelphie ont donné à toute la politique des États- Unis jusqu’à ce jour sa couleur et son caractère. Sans la conversation de Francfort, M.- Washington n’aurait jamais commandé nos armées, et M. Jefferson n’aurait pas été l’auteur de la déclaration de l’indépendance.
o Entré au congrès dans le courant de juin 1775, M. Jefferson avait apppor té avec lui la réputation d'avoir de la littérature, de la science, et un heureux talent de comitosition. On faisait circuler des écrits de lui, re-