CHAPITRE VI
Le séjour de Jefferson à Paris. — Mauvais renom des États-lJnia en Europe au moment où Jefferson arrive en France, — Amourpropre national de Jefferson. — Il défend le climat de l’Amérique contre Buffon. — Il compare avec orgueil lo3 mœurs françaises aux mœurs américaines. — 11 prend prétexte de la corruption dont il est témoin pour mettre ses amis américains en garde contre les vices de la monarchie. — 11 engage ses amis français ii prendre pour modèle la constitution anglaise. — Sentiments de Jefferson à l'égard de l'Angleterre et à l’égard de la France. — Il est séduit par les attraits de la société française, et il se laisse emporter par l’esprit du temps. — Conseils religieux qu’il donne à un collégien. — Les gouvernés sont dea agneaux et les gouvernants sont des loups. «^Apologie d'une insurrection socialiste dans le Massachusetts. — La sympathie de Jefferson pour le mouvement de 80 est d’abord mêlée d’inquiétude. — Son optimisme prend le dessus, bien que ses conseils ne soient pas suivis par les patriotes. — Sa théorie sur le droit de faire banqueroute et de remanier la société tous les dix-neuf an*.’ — Jefferson retourne en Amérique plus ami de la France, plus radical et plus indévot qu’à son arrivée en Europe.
Le séjour de Jefferson en Europe est l’une des poiv tions les plus curieuses de sa vie, moins par ce qu’il ya fait que par ce qu’il y a vu et pensé. Un radical du nouveau monde, l’esprit encore imbu des traditions anglo-saxonnes, venant juger l’Europe et lui emprunter en les modifiant les idées et les passions anarchiques qui surgissaient au sein de l’ancien régime , c'est un .spectacle intéressant eu lui-même et qu’il importe de-