‹ Thomas JeffersonChapitre 75 sur 212 · JEFFERSON COMPARE I.ES MŒURS FRANÇAISES · texte numérisé non relu

JEFFERSON COMPARE I.ES MŒURS FRANÇAISES

épisodes: « Les troupes mises en marche au mois de mars; — beaucoup de neige; — un troupeau .attaqué; — un élan tué dans le désert ; — une route percée ; — vingt milles parcourus la pioche à la main ; — le cadavre traîné des frontières de l’État à la maison du général ; — les ossemens nettoyés. — Enfin le brave homme s’est réellement donné beaucoup de mal, beaucoup plus que je n’aurais voulu; il l’a fait de bon cœur; je me sens son obligé. Et cependant, digne catastrophe d’une si belle tragédie, la caisse, les ossements, tout est perdu. Ce chapitre d’histoire naturelle restera donc en blanc; mais j’ai écrit au général de ne point le remplir : je laisserai ce soin à mon successeur, lorsque je ferai ma révérence pour quitter Paris’. «

Ce n’était pas en France que Jefferson avait pu apprendre ces raffinements un peu puérils de la petite vanité nationale. 11 était alors de bon ton à Paris de tomber dans l’excès opposé. Ou ne disait plus: a Gomment peut-on être Persan? » On commençait à dire: « Comment peut-on être Français? d et l'on se croyait bien à tort moins ridicule en médisant à tout propos de son pays qu’en le vantant sans mesure. Les révélations indiscrètes de quelqu’un de ses amis français avaient sans doute mis à nu devant Jefferson les plaies morales de la brillante société dans laquelle sa position le faisait vivre; car un an à peine après son arrivée à Paris, il était déjà au courant de ces mystères de la vie de famille que, même dans les pays où le relâchement des mœurs

1 Jefferson au colonel Smith; Paris, 28 septembre 1787. Works of Jtf[crsony t. II. p. 284. — Il reçut un peu plus tard la caisse. — Works of Jefferson t. II, p. 287.

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