‹ Thomas JeffersonChapitre 83 sur 212 · SUR LE MOUVEMENT DE · texte numérisé non relu

SUR LE MOUVEMENT DE

Nous sommes leur modèle, modèle dans lequel ils introduisent les changements rendus nécessaires -par la différence des situations, et quelques autres qui ne sont ni nécessaires ni avantageux, mais auxquels ceux-là seront toujours tentés d'avoir recours qui sont versés dans la théorie et novices dans la pratique du gouvernement, qui ne connaissent les hommes que tels qu’on .les voit dans les livres, et non tels qu’ils sont dans le monde *... L’un de mes sujets d’inquiétude, c’est le grand nombre des membres de l’Assemblée. En tous pays, en toutes circonstances, il est bien difficile à douze cents personnes réunies, à quelque classe qu’elles appartiennent d’ailleurs, de ne pas tomber dans le tumulte et dans la confusion. Et quand ces douze cents personnes font partie d’une assemblée qui n’a encore ni règlements, ni habitude de l’ordre et de la discipline, quand par-dessus le marché il s’agit de Français, parmi lesquels il y a toujours plus de prêcheurs que d’auditeurs, il y a là un grand écueil à

redouter* Il est à craindre que leur impatience de

rectifier toutes choses à la fois n’effraye la cour et ne l’amène à ne plus compter que sur la force *. t

Jefferson ne savait pas lui-même à quel point* ses passagères inquiétudes étaient fondées. Au milieu des impressions un peu confuses et contradictoires qu’il recevait jour par jour des événements qui s’accom-

1 Jefferson ù Madison: Paris, 28 août 1789. — Works of Jefferson, t. III, p. 07.

* Jefferson à Thomas Paine ; Paris, 17 mars 1789. — Works of Jefferson, t. III, p. 8.

1 Jefferson à John Jay ; Paris, 19 novembre 1788. — Works of Jefferson, t. II, p. 510.

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