‹ Thomas JeffersonChapitre 84 sur 212 · CONSEILS DONNÉS PAR JEFFERSON · texte numérisé non relu

CONSEILS DONNÉS PAR JEFFERSON

plissaient sous ses yeux, ce qui dominait en lui, c’était la confiance, confiance enthousiaste qui se déployait de plus en plus à mesure que le flot révolutionnaire montait, emportant acteurs et spectateurs, a II y a plaisir, » dit Pascal, « d’èlre dans un vaisseau battu par l’orage, lorsqu’on est assuré qu’il ne |>érira point. » Personne n’a plus vivement goûté ce plaisir que Jefferson, et lorsqu’il dut s’y arracher, il quitta le navire avec la conviction que l’orage le poussait vers le port: « La révolution française sera terminée dans un an', » se disait-il en s’embarquant à contre-cœur pour New-York, le 8 octobre 1 780.

La révolution française durait encore lorsqu’il reprochait, en 1821, à ceux qui avaient eu la prétention de la gouverner, de n’avoir pas suivi les conseils qu’il leur avait donnés au début de la crise, dans les premiers jours de juin 1781), alors que les états généraux n’avaient encore rien fait ni rien compromis, mais qu’ils étaient déjà sur le point de se lancer dans les voies hasardeuses où depuis ils se sont égarés. Réunie depuis plus d’un mois, l’assemblée n 'était pas encore parvenue à se constituer. La querelle qui s’était élevée entre les trois ordres, sur la question de la vérification des pouvoirs, s'envenimait de jour en jour. Les communes, irritées de la résistance que leur opposait la noblesse, et ne connaissant encore, dans leur inexpérience politique, d’autre moyen de vaincre un obstacle que de le briser, commençaient à concevoir le projet de supprimer violemment toute distinction entre les or-

Life of Jefferson, by George Tucker.t. I, p. 336.

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