LE DKOIT D'EN LIER UNE AUTRE
nalité et sa grandeur; c’est un des traits qui marquent l’homme pour la souveraineté dans ce monde et pour l’immortalité au delà de ce monde.
<i C’est de là que dérivent et par là que se fondent la famille et l’État, la propriété et l'hérédité, la patrie, l’histoire, la gloire, tous les faits et tous les sentiments qui constituent la vie étendue et perpétuelle de l’huinanité au milieu de l’apparition si bornée et de la dispersion si rapide des individus humains. »
La théorie de Jefferson supprime tout cela; elle abolit le genre humain. S’il s’était donné la peine de regarder jusqu'où allait son idée, il aurait sans doute hésité à l’accepter; mais il était un de ces esprits actifs et faciles qui se laissent éblouir par leurs propres vues, et qui n’appliquent le principe du libre examen qu’aux doctrines de leurs adversaires.
Dans presque toutes les carrières, il est certaines époques décisives où les opinions s’arrêtent et où les sentiments se fixent. Telle fut pour JeU'erson l’époque de la Révolution française. Aucun homme d’État américain n’en a plus profondément ressenti l’intluence. Il emporta de Paris la plupart des idées qui jouèrent un rôle dans s<J conduite en Amérique, idées désintéressées encore, dont il ne songea que plus tard a faire une |>olilique. Comment il fut amené à les prendre pour arme et pour drapeau et à grouper autour d’elles une faction, comment son cœur s’altéra et s’aigrit dans la lutte, c’est ce que nous essayerons de montrer en racontant les origines, l’organisation et le triomphe du parli démocratique aux États-Unis. ^