CHAPITRE Vil
Jeffe^on secrétaire d’État de Washington.— Heureuse révolution qui s’est opérée aux États-Unis pendant l’absence de Jefferson. — Il est resté en harmonie avec le9 tendances sociales de ses compatriotes. — Le secrétaire du trésor Iiumilton et ses plans financiers. — Madison les attaque dans le congrès. — Jefferson accommode le différend entre Homilton et l'opposi* tion.— Il se fait le représentant de l’opposition dans le cabinet. — Il organise le parti républicain. — Rivalité sourde entre Jefferson et Hamilton. — Jefferson est tenté de se retirer. — Ses conversations avec Washington sur leur commune passion pour la retraite. — Rupture ouverte entre Jefferson et Hamilton.— Jefferson se décide à rester dans le cabinet. — Progrès du parti républicain. — Explosion de la guerre entre la France et l’Europe. — Malveillance de Hamilton et des fédéralistes pour la France révolutionnaire. — Sympathie de Jefferson et des républicains pour la cause de la Révolution française. — Mission de M. Genet en Amérique. — Situation embarrassante dans laquelle les violences et les extravagances de cet agent français placent Jefferson.— Habileté et hardiesse avec lesquelles Jefferson triomphe de ces embarras.— Il sort momentanément des affaires.
Pour un homme d’esprit et de bonne compagnie, (pii a le goût de la politique sans avoir la passion de la responsabilité el de la lutte, et qui aspire aux honneurs sans être tenté par l’ambition d’être, suivant la belle expression de sir Robert Pcel, « un hardi pilote au milieu de la tempête, » il n’est pas de plus charmant plaisir que l’activité un peu paresseuse de la vie diplomatique. Avoir l’esprit occupé des plus grandes questions, être