‹ Thomas Sydenham: Sa vie et ses œuvresChapitre 11 sur 22 · RL · texte numérisé non relu

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d’ailleurs je n’avais jamais songé un seul instant à la profession médicale. Les exhortations, l'autorité avec laquelle il me parla, me décidèrent à m’y donner tout entier (1). »

Sydenham n’attendait plus que la fin de la guerre civile pour aller reprendre à Oxford ses études interrompues. Il y rentra sans doute à la suite des Parlementariens, et reprit sa place au Hall de Madeleine (2). Charles I s’était enfui d'Oxford pour échapper aux révoltés, lorsque Sir Thomas Fairfax vint faire le siège de la ville. Oxford se rendit le 24 juin 1646; c'était la fin de la guerre civile. Le 1% mai 1647 « les Lords et la Chambre des communes assemblés en Parlement » publièrent une ordonnance « pour la visite et la réforme de l'Université d'Oxford et des différents Collèges et Halls qui y étaient. » L'objet de cette mesure était nettement déterminé : c'était « la correction légitime des délits, des abus, des désordres y survenus ou commis surtout

ham. — (1) Th. Syd. Opera omnia. Edidit G.-A. Greenhill, p. 3, Londini, 1844. —T. Coxe s'était fait recevoir docteur en médecine à l’université de Padoue, en 1641. Il devint président du Collège des médecins en 1682. Il vint mourir obscurément en France. (Cf : W. Munk, The Roll of the Royal College of Physicians of London... Second ed.,t.f,p. 247, London, 1878; — Wood, Afhenæ, t. II, col. 760, et in fine : Fasti, col. 54). — (2) John Brown, s’appuyant sur une copie de lettre qu’il a découverte au British Museum et dont l'original aurait été adressé le ro décembre 1677 par Sydenham au Dr Gould, prétend que notre auteur aurait été pensionnaire agrégé (fellow commoner) du collège Wadham, l’année de la reddition d'Oxford (ÆHoræ subs., éd. cit., p. 93). Burrows signale, en effet, quelqu’un de ce nom d’après le registre des visiteurs (7he Register., pp. 4, 535,631); mais des fonctions et qualités qu’il attribue à ce personnage, nous n’hésitons pas à conclure qu'il n’était que l’homonyme de Sydenham. V.aussi S.-A. Allibone, Critical Dictionary of English Literature and british and american authors, t. Il, p. 2320 (art. Sydenham Humphrey), Phi-

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dans ces derniers temps (1), » c’est-à-dire depuis le mois de juin 1642 jusqu’à celui de l’année 1646. 24 visiteurs (2) étaient désignés par les Chambres. Après plusieurs hésitations, la citation des membres des Collèges commença; ceux du Collège Madeleine comparurent les premiers à la barre des visiteurs le 2 mai 1648 (3). Les juges adressaient à chacun cette question uniforme : Vous soumettez-vous, dans cette visite, à l’autorité du Parlement ? Ce fut le 4 mai 1648 (4) que les membres du Hall de Madeleine, au nombre de 49, se présentèrent aux visiteurs. Le Hall, à la différence du Collège du même nom, avait toujours gardé « le tempérament puritain (5). » Thomas comparut à son tour, en qualité de maitre es arts (6). Sa réponse, que l’on devine, fut celle-ci : « Je me soumets à l’autorité du Parlement. » D’après Burrows, tous les membres du Hall répondirent de même.

À quelle date Sydenham avait-il reçu le baccalauréat et la maîtrise ès arts? l’histoire ne nous en dit rien; mais on ne saurait tirer de ce silence une preuve négative, car il existe une lacune dans l’histoire officielle de l’Université, depuis le jour où Oxford se rendit aux Parlementariens jusqu’à celui où commença le registre des visiteurs, le 30 septembre 1647 (7). Il est même à croire que Thomas avait été nommé maître ès-arts lorsqu'il fut ladelphia, 1880.—(1) Burrows, The Register, pp.Lv, Lx. — (2) Audessus de leur chef réel, « les collèges ont un chef suprême, un supérieur nominal dont ils sont censés dépendre. On le nomme le Visiteur. La Reine est Visitor d’un certain nombre de collèges.» Demog. et Mont., De l’enseign., p. 49. — (3) Wood, Historia, lib. 1, p. 406. — (4) Ibid. — (5) Burrows, The Register, p. exiv. — (6) Ibid., p. 36. Wood n'est pas du même avis (Afhenæ, t. II, col. 839). — (7) C’est cette lacune que Burrows a essayé de rem-

plir dans le chapitre III de l'introduction de son livre, p. Lv : The University on its defence (1646-1648).

re admis au grade de bachelier en médecine (1), le 14 avril 1648, . car les règlements y obligeaient ; il fallait de plus avoir fréquenté avec soin et attention pendant trois ans les leçons du professeur public de médecine pour pouvoir aspirer au baccalauréat correspondant (2). Il est certain, même à reculer jusqu’à la date de la reddition d'Oxford le retour de Thomas dans son Université, qu’il ne put pas satisfaire à l'intervalle réglementaire. Il est non moins certain qu'il n'avait pas pu accomplir les quatre années d’études exigées pour le baccalauréat ês arts, ni les trois années supplémentaires que l’on demandait aux futurs maîtres. Mais le Corps législatif d'Oxford (la Congrégation) accordait des dispenses « à certaines personnes quand les matières le méritaient (3), » et Thomas, grâce à l’influence de son frère aîné, n’eut assurément pas de peine à les obtenir. }

L'épreuve imposée aux aspirants du baccalauréat en médecine consistait à soutenir, pendant deux heures, les fonctions de répondant et d’opposant à propos de deux questions médicales; elle était affichée sept jours à l'avance avec les noms de ceux qui devaient prendre part à la dispute; le plus ancien élève de l’école de médecine, ou à son défaut le professeur public de cette école ou son suppléant se chargeaient du rôle d’adversaire (4). Nous ne savons rien de l'épreuve subie par Sydenham (5). À peine pouvons-nous supposer comment il s’y prépara, en jetant un coup d’œil sur l’enseignement médical de

(:) Wood, Athenæ., t. II, infine : col. 65. — (2) Statuta oxoniensia, tit. VI, sect. 5, cap. 1. — (3) Ibid., tit. IX, sect. 4 — (4) Ibid., tit. VI, sect. 5, cap. 2. — (5) La séance où il fut reçu est racontée dans Wood, Historia, lib. I, p.404; mais il n’y est

Hg = l'Angleterre à cette époque; nous trouvons çà et là, dans l'ouvrage de Wood, les éléments de cet aperçu.

Le xvi° siècle avait été pour l'art de guérir le signal d’une Renaissance. Nicolas Léonicène venait de faire revivre dans la célèbre Université de Padoue la véritable médecine des anciens, celle d'Hippocrate. Thomas Linacre, médecin de Henri VIIL, roi d'Angleterre, voulut continuer dans son pays l’œuvre de Léonicène; il y importa d’abord les écrits de Galien et les traduisit. En outre il fonda en 1524 deux chaires (lecturæ) de médecine, dont les leçons commencèrent après sa mort au Collège Merton (1). Wood à jugé inutile de léguer à la postérité les noms de ceux qui succédèrent aux deux premiers professeurs. Deux ans auparavant, en 1522, le cardinal Wolsey, archevêque d’York, avait fondé une chaire de médecine : Thomas Musgrave, maître ès arts et licencié en médecine, l’occupa le premier; c’est tout ce que nous savons de cette fondation. En 1540, Henri VIII établit cinq chaires d'enseignement et consacra l’une d’elles à la médecine (2) ; le professeur Regius (3) devait « deux fois par semaine faire une leçon sur le texte d'Hippocrate ou de Galien (4). » Au temps de Sydenham, cette chaire fut successivement occupée par Thomas Clayton, de 1611 à 1647, et par son fils homonyme de 1647 à 1665. Mais l’un et l’autre sont loin d’avoir conquis dans le monde médical une étourdissante célébrité. Enfin Richard Tomlyns, écuyer de Westmins-

pas nommé. — (1) Wood, Historia, lib. Il, p. 41. — (2) Ibid., lib. Il, pp. 40-1. — (3) « Dans le cas de fondations royales [des chaires], le professeur est désigné, même dans les documents rédigés en anglais, sous le nom de regius. » Demog. et Mont., op. cit., p. 100. — (4) Wood, Historia, lib. Il, pp. 40-1; Sfatuta oxo-

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