‹ Thomas Sydenham: Sa vie et ses œuvresChapitre 17 sur 22 · UNE · texte numérisé non relu

UNE

sans « qu’on lui donnât du remède de lPAnglais quoiqu’il le demandät. » La réputation des médecins de Paris (c’est elle encore qui nous l’apprend), finit par en subir une atteinte : « Je vous assure, écrit-elle à sa fille, que les médecins sont fort décriés et fort méprisés ici; hormis les trois ou quatre que vous connaissez et qui conseillent l’Anglais, les autres sont en horreur. Cet Anglais vient de tirer de la mort le maréchal de Bellefonds. » Il suffit de parcourir les lettres de lillustre écrivain (1) pour reconnaître que la célébrité de Talbor, dont la pratique était loin de se restreindre aux seules fièvres intermittentes, augmentait tous les jours. Talbor, après avoir opéré à la Cour les cures les plus merveilleuses, vendit son secret à Louis XIV « pour deux mille francs de pension et deux mille pistoles une fois payées (2). » Après la mort de Talbor (1681) le gouvernement français fit publier son secret (1682); à la poudre de quinquina qui en formait la base, Talbor ajoutait, selon les cas, des sucs de diverses plantes, d’après un procédé pharmaceutique assez compliqué (3).

Cinq jours après la réponse adressée à Brady, le 12 février 1679-80, un autre ami de Sydenham, plus connu dans le monde médical, Henri Paman, agrégé du collège Saint-Jean de Cambridge, orateur public (4)

(1) V. en particulier dans l’éd. Monmerqué les nos 726, 737, 738, 739, 740, 749, 755, pour l'année 1679; les nos 772, 774, 780, 790, 791, 843, 857, 858, 859, 860, 869, pour l’année 1680; et, pour les années suivantes, les nos 968, 1038, 1039, 1226, 1307. — (2) Lettre de M de Scudéry au comte de Bussy, du 14 novembre 1680 (V. Correspondance du comte de Bussy, éd. Lud. Lalanne Paris, 1858). — (3) N. de Blégny, Le Remède anglais pour la guérison des fièvres, publié par ordre du roi, Paris, 1682. — (4) Entre autres fonctions, l'orateur public devait prendre la parole au nom

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de l'Université de cette ville, et professeur de médecine du collège Gresham de Londres (1), lui écrivit de Lambeth (2) pour le remercier du service qu’il avait rendu à la médecine par son Histoire des maladies aiguës, et lui demander une méthode de traitement pour le malvéntrien (3). Sydenham lui répondit le 10 mars suivant par une description magistrale de lue venerea. Desault qui y a fait de larges emprunts écrivait à propos de cette description : « Sydenham est un auteur qui décrit les maladies avec autant de finesse que d’exactitude; il imite l’industrie de ces peintres qui expriment et font sentir dans leurs tableaux jusques aux seings et aux moindres traits. des originaux qu’ils veulent peindre (4). » Pour Sydenham, la blennorrhagie et ses complications testiculaires, les bubons, le phimosis, le paraphimosis et le chancre sont, au même titre, des symptômes de la vérole et ne diffèrent entre eux que du plus au moins (s). — Quant au traitement, il le distribue en deux chapitres : le traitement de la simple gonorrhée virulente, et celui de la vérole confirmée ; dans le premier cas, il préconise la méthode purgative, et au nombre de ses meilleurs agents la racine de Jalap; dans le second, il ne connait rien de préférable à la salivation produite par le mercure (6).

Les deux réponses de Sydenham à Brady et à Paman furent publiées ensemble à Londres, dans le courant de

de l’Université, lorsqu'elle recevait la visite des princes, des nobles ou des grands hommes. — (1) V. sur H. Paman : Ward, The Lives., p. 2709. — (2) Depuis 1677, Paman vivait au palais de Lambeth en compagnie de Sancroft, archevêque de Cantorbéry. — (3) Th. Syd. Opera, pp. 304-5. — (4) Dissert. sur les mal. vénér., p. 2.—(5) Opera, ed. Gr., pp. 310 et seqq.—(6) Ibid., pp. 313 etseqq.

Liste

l’année 1680, ainsi que les lettres qui y avaient donné sujet, avec ce titre: Epistolæ responsoriæ duæ a Thoma Sydenbam M. D. Prima de morbis epidemicis ab anno 1675 ad annum 1680 ad amplissimum doctissimumque virum Robertum Brady M. D. Collegii Cajo-Gonevillensis custodem, necnon Regium in Medicina apud Cantabrigienses professorem longe celeberrimum. Secunda de Luis Venereæ Historia et Curatione ad ornatissimum eruditissimumque virum Henricum Paman M. D. Colleoii Divi Johannis Cantabrigiensis socium, Academiæ oratorem publicum et in Collegio Greshamensi apud Londinenses in Medicina Professorem.

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