I. artiste donna plus tard celte coupe à sa Hile. (Tliiele
* Bieuaimé fut chargé d'en faite un modèle colossal- Le buste était déjà achevé par Thorvatdsen , qui l'avait longuement étudié. l.a tête dut être chargée de la tiare, et pour qu’il eût plus de facilité à exécuter les draperies, les vêtements poutiHcaux eux-mêmes furent confiés à l'artiste. Aussi les visiteurs trouvèrent-ils pendant quelque temps la porte de l'atelier fermée.
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de l’ érection d’une croix avec ornements et inscriptions, sur la place dite des Capucins, à côté de la place üarberiui. C’était un ouvrage bien peu digue du talent de Thorvaldscn ; pourtant l'artiste l’accepta volontiers, et, devinant sans doute le parti qu’il pouvait tirer de cette circonstance, il mit tant d'empressement à satisfaire les moines, que bientôt la croix fut solennellement érigée 1 . II ne voulut recevoir aucune rétribution pour ce travail, et les Capucins se montrèrent fort touches de ce procédé généreux. Il est d'ailleurs permis de soupçonner qu’ils avaient finement calculé en s'adressant à l’artiste hérétique, et qu'ils avaient peutêtre espéré, les circonstances aidant, élever ainsi leur croix à peu de frais. Quoi qu’il en soit, la libéralité du sculpteur est consignée sur le devis même des déirenscs. On y lit : « Tutto ê conchiuso! S. Francesco è un grau santo! Saremo quattro bencfaltori. Il cavalière Thorvaldscn, bencfattorc , s’incarica dell' esecuy.ione, etc. »
Quant à l'artiste, il trouva moyen de repousser ainsi par un nouveau fait* cet argument dirigé contre lui, qu'un protestant ne peut être chargé d’exécuter un ouvrage destiné au culte catholique. Répondre ainsi valait mieux que discuter.
Cependant le mausolée de Pie VII n’était pas achevé, et les défenseurs de Thorvaldscn pensaient eux-mêmes qu’il ne mettait pas l'empressement convenable à terminer une telle œuvre. Ces jaloux en liraient parti pour incriminer sa lenteur comme un manque de respect envers la mémoire du Saint-Père. Cu vérité est que l’artiste, accablé de travaux, ne pouvait s’occuper exclusivement de cet ouvrage; mais des envieux écrivirent de honteuses lettres anonymes ’, et la puissance de la cabale fit douter un instant de l’érection du monument dans Saint-Pierre. Néanmoins deux laits inattendus firent échouer les tentatives hostiles.
Caiiova était mort président de l’Académie de Saint-Cuc, et le peintre d’histoire Camiiccini avait après lui occupé celle fonction
' 20 avril 1823.
4 l.e monument de Consalvi avait été inauguré l'année [mvétlenU'.
1 Voir Tliiele, vol. II. elian. xn.
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honorifique ; aux tonnes du règlement, il devait, après trois aimées, être mnplaré par un sculpteur. I .a supériorité de son talent appelait Thorvaldsen au tauteuil présidentiel, et ses adversaires, qui n'avaient aucun concurrent sérieux à lui opposer, étaient dans la plus complète irrésolution. Ses amis déclaraient hautement «pie ce serait une honte pour l'Académie dé nommer un autre «pic lui; taudis «pie les envieux répondaient qu’il y aurait un véritable scandale ù revêtir de telles fonctions un artiste qui u’était pas catholique.
Quel que dût être le résultat de la lutte, ce débat ne pouvait tourner «pi’à l'honneur du sculpteur : fût-il même repoussé pour des considérations étrangères à l’art, son mérite était tout à fait hors de cause. Aussi n’y songeait-il «pie pour rire avec ses amis de l’extrême embarras «lu parti opposé. Il n’était d'ailleurs pas douteux «pie la majorité ne lui fût acquise au sein de I Académie ; mais il se présentait une difficulté assez, sérieuse, même aux yeux des personnes «pii détendaient ses intérêts. A raison de ses fonctions, le president de l’Académie doit, en certaines circonstances solennelles, assister officiellement aux cérémonies du culte catholique, et l’on se demandait ce «pic penserait le gouvernement pontifical si l’artiste protestant était appelé eu pareil cas a représenter l’Académie.
On jugea prudent de soumettre l’affaire au Saint-Père. « Estil douteux «pi'il soit le plus grand sculpteur «pie nous ayons aujourd'hui à Home? a demanda Léon XII. « Le fait est incontestable, » répondit-on. « Le choix ne peut donc être incertain, et il doit être nommé président. Seulement, il \ aura tels moments où il verra «pi'il doit être indisposé. » Les paroles du Souverain Pontife levèrent tous les scrupules; le HJ décembre 1825, Thorvaldsen fut élu, à la majorité «les suffrages, président de l’ Academie de Saintl.uc pour 1a période ordinaire «le trois années; on lui remit la décoration jtro mérita, attachée à ce titre.
La décision libérale de Léon XII était «l’un bon augure pour l’ érection du monument de Pie VII; niais une démarche personnelle du Pape eut une portée encore plus significative. Le Souverain
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Pontife, dos lieux de voir le i mu isolée de son prédécesseur, annonça qu’il se rendrait à l'atelier du président de l’Académie. C’était en quelque sorte une approbation officielle. Le Saint-Père vint en effet, et l’on rapporte que, s’étant par hasard arrêté devant le bas-relief les Ages de l’Amour, il goûta la finesse ingénieuse de cette composition profane.
Ce bas-relief avait été modelé pendant la semaine sainte, en 1 H2i. Durant plusieurs jours , les ateliers avaient été fermés, suivant l’usage, et l’artiste avait profité de cette circonstance pour reposer son esprit de ses grands travaux, en se donnant la distraction d’une création gracieuse. Il possédait depuis longtemps un gros bloc de Carrare dont il projetait de faire un vase, et les Ages de l'Amour furent destinés, dans le principe, à orner le contour de ce vase. La fameuse peinture d'Herrulanuni , lu Marchande il’ Amours , lui en avait donné la première idée; dans le bas-relief de Tborvaldsen, c'est Psyché qui remplit le rôle de la marchande, et elle distribue les Amours suivant l’âge de ceux cjui viennent à elle. Cette charmante composition eut un immense succès et fut reproduite tant de fois, que le sculpteur n’eut pas toujours le loisir d’en surveiller d’assez près les différents exemplaires 1 .
Malgré la visite de Léon XII, le monument de Pie VII demeura encore longtemps en main avant d’être achevé. Des difficultés matérielles en retardèrent d'ailleurs l’érection. En novembre 1830, l’artiste fut appelé pour examiner soigneusement l’emplacement; mais comme il avait ignoré que le cercueil du Pontife dût être déposé dans le mausolée, il avait fait un taux calcul de la profondeur 1 , qui changeait toutes les conditions de la perspective. Ce n’est pas tout : la hauteur de l’arcade ayant été inexactement indiquée, toute l’économie des proportions par rapport à la figure
1 Plus tard, il s'étonna lui-même de la {grande différence qu’il trouva entre une des répétitions et le modèle primitif. I.e premier marbre, qui est un basrelief ordinaire, a été exécuté jHiur M . Lalamehère. Cet Anglais sc trouvait alors à ttoine et pressait Tborvaldsen d’achever la statue de Vénus qu’il lui avait commandée.
* Il fallait en effet que ta profondeur fut eu rapport avec la longueur du cercueil.
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|>i'iiit'i|>iilt' allait st" trouver détruite. I .es etlorls de l'artiste tendirent à rétablir l’équilibre général du monument, et, dans ee travail d’ajustement, il fut entraîné à ajouter deux nouvelles Heures, deux ailles placés à la droite et à la franche du Pontite '.
Il ne fallut rien moins que l’habileté du maître pour surmonter ces diflicullés, et c'est ainsi qu’après bien des tracas, bien des traverses de toutes sortes, fut entin érigé à Saint-Pierre de Rome, en 1 8.1 I , Je monument du pape Pie VII, commandé sept ans auparavant par le cardinal Consalvi.
1 Thorvatdsen, qui tenait à ne pas laisser le iiioniniient incomplet, modela res deux ailles avec une promptitude incroyable, et mit provisoirement les plâtres à la place que devaient occti|ier les marbres. Ceux-ci ne turent achevés que quelque temps plus tant. (Tliicle.)
CâVAI.IRR DK I.» miJtK le Triomphe d' Alexandre.