IKK S K CO N DE PARTIE
pleine de légèreté et de fraîcheur; c’est une œuvre bien personnelle, où l'artiste a mis toute l'originalité de son talent.
La statue de t’Es/térance est nu contraire un ouvrage entièrement archaïque, une imitation savante et voulue de l’art grec le plus ancien. I /altitude de la déesse est impassible; d’une main elle présente une fleur prête à répandre sa semence, de l’autre elle tient un pan de sa longue tunique, mouvement conforme à la tradition antique. Le jet sévère des draperies sons lesquelles le corps est discrètement mais puissamment accusé, la placidité du visage, admi rable par la pureté des traits, la chevelure dont les longues boucles retombent sur les épaules, le front ceint d’un large bandeau formant diadème, tout dans cette composition rappelle le prototype hiératique admis par l'antiquité grecque ' , et révèle les études approfondies que, peu de temps avant de la modeler, l’artiste avait dû faire pour réparer les célèbres marbres d’figine.
Les marbres d’Éginc qui ornaient le fronton du temple de Jupiter Panhcllénicn paraissent en effet appartenir à une période de transition et se rattacher à deux époques : dans la première, toute hiératique, les figures sont immobiles, comme celle de la statue de UEsttêrance; dans la seconde, sans perdre de leur gravité, elles empruntent à la vie humaine, quand elles la représentent, un certain mouvement et une plus grande variété. C’est ce qui a fait dire à un critique que « les statues d’Lgine tiendraient encore au dogme par l'immobilité du visage, tandis qu’elles entreraient
1 Brüudslcd décrit ainsi les figures imitées par Tborvaldsen et qu’il suppose être des Grâces et dits Heures : « Le temple d’Eginc, dit-il, avait pour acrotères, au-dessus de la pointe du fronton, un grand fleuron exécuté soigneusement en marine et recouvert de peintures, entre deux petites figures de femmes, placées un peu plus bas, au-dessus de la pente de la bordure, sur de petits piédestaux. Ces petites statues couvertes tenaient d’une main une fleur, tandis quedr l’autrc elles saisissaient le bout de leur vêtement. Je suis porté à prendre ces quatre petites ligures des deux frontons pour les deux plus anciennes Heures, Tliallo cl Kurpo, et pour les deux plus anciennes Grâces, Auxo et Hégémonc (Comp. Pansait., IX, 35, I); enfin plus bas. aux extrémités du fronton, il y avait des griffons très-bien formés, dont on a trouvé, dans les fouilles de 1811, des fragments assez considérables pour justifier la restauration supérieurement exécutée par Thorvaldsen. « {Yoyages en Grèce, livraison, note de la p. I5Î). Paris, Didot, 1830.)
ŒUVRE 1>E THOnVALDSEN.
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déjà dans l’art par le mouvement des membres. I.es héros grecs et Iroyens seraient dieux par la télé et athlètes par le corps 1 , h
far travail assidu auquel Thorvaldscn se livra pendant toute une année sur les marbres d l'.jjinc, cette lutte eoqis à corps, si l'on peut s'exprimer ainsi , avec l’antiquité grecque elle-mèrac, eurent une inlluence considérable sur le complet développement de son talent. On voit plus directement la trace de cette étude savante dans les œuvres créées peu de temps après l’époque à laquelle l’artiste s’y est adonné : la statue de l'Espérance , celle du Jeune Berger au chien, et le groupe de Ganymède avec l’Aigle.
' >1. V iardol, Musées tf Allemagne .
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