OEUVRE DE T H OR V \ I. I)SE N. J
ont quelque chose d'outluleux qui charme l'oeil et porte l’esprit vers les tendres pensées, quelque chose de pénétrant qui entraîne les sens vers les souvenirs de la Grèce cythéréenne.
L'œuvre de Thorvaldsen n’offre rien de semblable, et voilà pourquoi ceux qui mettent habituellement les deux artistes en parallèle le trouvent froid auprès des ouvrages de Canova. Le sculpteur danois est plus austère, plus philosophique dans sa recherche du beau. Quant à son illustre contemporain le Florentin Uartolini, il appartient aussi à ce mouvement général des idées qui ramena les artistes, à la suite de Winckelinanu, au culte de l’antiquité grecque. Pourtant son horreur du pastiche l’a rendu plus indépendant que Canova et que Thorvaldsen, et c'est dans la nature avant tout qu’il s’efforça de trouver la fonne et l’expression de ses figures.
Un éminent critique, dont les opinions font autorité en matière d’art, a consacré à Hart < >1 i n i un travail des plus intéressants, dans lequel nous trouvons cette appréciation de Canova et de Thorvaldsen :
« Considérée en elle-même, dit M. Henri IJelaborde 1 , la manière de l’auteur de la Madeleine , des Danseuses , de la V émis du palais l’itti, est plutôt agréable que belle. File se ressent du désir qu'a l’artiste de se conformer aux exemples antiques; mais ces exemples, Canova les amoindrit en les ajustant aux proportions un peu étroites du goût moderne. 11 complique la simplicité grecque d'une grâce prétentieuse, d’une élégance équivoque ; en un mot, il traite l'antiquité comme la nature, il enjolive l'une et l'autre. Rn abritant à peu près sa responsabilité personnelle sous un semblant de style classique, il réussit à contrefaire adroitement une apparence, mais non pas à exprimer magistralement une vérité.
» Thorvaldsen eut un talent et des aspirations d'un tout autre ordre. Quoiqu’il lui soit arrivé de rechercher l'élégance et de 1a rencontrer, par exemple, dans sa Nuit ou dans son Mercure au moment vit il vient d’endormir Argus, il ne vise ordinairement
* Eludes sur les beaux-arts.