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CHAPITRE SIXIÈME

Le prince royal de Danemark. — Le prince Louis de Bavière- — Le Christ et les Apôtres. — Le Sermon de saint Jean. — Consalvi. — Pie VII. — Cabale «le l 'intolérance. — Léon XII. — Thorvaldsen président de l'Académie de Saint-Luc.

Quelques jours après le retour de Thorvaldsen à Rome, le 28 décembre 1820, un grand festin, donne en l'honneur du maître, réunissait chez le trattorio Fiano plus de: cenl cinquante artistes. La fête était animée par la gaieté, lorsque le prince royal de Danemark, Christian, entra et demanda la permission <l'\ prendre part; il s'assit auprès du sculpteur, et sa présence, loin de refroidir l'assemblée, ne lit que lui communiquer plus d'entrain. Il porta même à l'art cisalpin et à l'art transalpin un toast qui excita au plus haut point

l'enthousiasme des convives, Allemands pour la plupart .

Le prince et la princesse de Danemark visitèrent ensuite les ateliers de l'artiste, qui fut en quelque sorte leur cicérone, et leur lit connaître les antiquités

romaines. Il modela les bustes de ces deux Altesses, ainsi que celui de la princesse Amélie de Danemark.

Depuis longtemps, comme nous l'avons vu, Thorvaldsen s'était trouvé en relations suivies avec le prince Louis de Bavière; mais c'est à partir de 1821 que la rencontre à Rome du prince et de l'artiste établit entre eux, malgré la différence des conditions, une liaison tout à fait intime.

Le prince de Bavière, qui monta sur le trône en 1825, est une des physionomies les plus originales et les plus intéressantes de notre siècle. Tout jeune, il se laisse attirer par l'odeur de la poudre, qui enivre alors peuples et rois. En 1809, il prend part à la campagne contre l'Autriche. Mais bientôt l'élève des universités de Landshut et de Gcettingue abandonne la carrière des armes afin de se livrer tout entier à son irrésistible penchant pour les arts. Jeune homme ardent, il se tient à 1 écart des affaires publiques, pour se livrer à d'autres soins non moins dignes d'une belle intelligence. Il veut enrichir la Bavière de splcndides musées et taire de Munich une des grandes villes artistiques du monde. Malheureusement ses ressources sont modestes, mesurées à de si vastes projets. Le jeune prince ne se laisse pas rebuter par cet obstacle; il s'impose la plus stricte économie, et avec le fruit de ses épargnes il réunit tout ce qu'il peut trouver d'oeuvres bien choisies des grands peintres, des meilleurs sculpteurs. Les antiquités grecques et romaines , que de zélés chercheurs sont alors occupés à arracher du sol même de l'Italie et de la Grèce, le passionnent surtout, et ses agents s'efforcent de les acquérir pour lui.

C'est ainsi qu'il parvient peu à peu à former ce magnifique musée de sculpture appelé la Glyptotbèque. Devenu roi, il enrichit sa capitale de beaux monuments, la plupart de style grec. On lui doit aussi une galerie de tableaux, la nouvelle Pinacothèque, à Munich, ainsi que la Walhalla , sorte de temple et de musée, à lîatisbonne. Nous aurons occasion de voir que ce prince cultiva également les Muses; il a écrit des ouvrages en prose et en vers qui portent dans leur forme même l'empreinte de l'originalité de son caractère ' .

1 Très-populaire d'abord, lu roi de Bavière eut ensuite des démêlés avec la nation, qui lui reprocha l'influence excessive qu'il laissa prendre au clergé

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