‹ Thorvaldsen, sa vie et son œuvreChapitre 25 sur 196 · VIE DE THOR VALDSEN · texte numérisé non relu

VIE DE THOR VALDSEN

au monument. Thorvaldsen s'empressa d'accepter l'idée de l'architecte, sans se préoccuper de savoir si Je conseil de fabrique lui allouerait les sommes nécessaires, et il convint avec M. Hetsch (|iie La Passion, qui ne figurait pas clans l'église, servirait de sujet à cette Crise.

Le modèle ébauché a Nysoe, et conservé au Musée de Copenhague, diffère en plusieurs points de l'œuvre qui figure à Notre- Dame. Celle-ci fut exécutée dans l'atelier de M. Freund par de jeunes artistes <pii travaillèrent sous la direction de Thorvaldsen.

Le poète Andersen était un des hôtes habituels de Stampeborg, et il s'y trouvait à l'époque où le sculpteur esquissail celle composition. Dans ses Contes de ma vie, il rapporte qu'entranl un matin dans l'atelier, il vit l'artiste modeler la figure de Pilate. Thorvaldsen, peu satisfait de la draperie, consulta Andersen ; la baronne, qui avait un respect religieux pour tout ce qui sortait des mains du sculpteur, voulut fermer la bouche au poêle; mais celui-ci dit franchement son avis : le costume de Pilale lui semblait plutôt égyptien que romain, ce C'est parfaitement mon opinion répliqua l'artiste, et aussitôt il détruisit son ébauche, ce qui indigna vivemenl la baronne contre l'auteur des Contes.

Le séjour de Nysoe était fait pour charmer l'artiste. Les journées s'y écoulaient doucement, dans une agréable alternative de travail et de loisir; le maître se levait de ;;rand malin pour se mettre à l'œuvre, et quand midi sonnait, il y avait le plus souvent sept heures qu'il maniait l'ébauchoir. Durant toute celle matinée laborieuse, il ne lui plaisait pas d'être interrompu ; mais ensuite il allait volontiers faire quelque promenade dans ces jolis bois qui bordent la baie de Nysôe. On recevait les visites des propriétaires voisins, puis on les leur rendait.

Après le dîner, une des filles de la baronne se niellait au piano el jouait une des mélodies favorites du sculpteur, [je vieillard, toujours très-épris de musique, s'installait alors dans un grand fauteuil pour écouler plus commodément; mais il fermait à moitié les yeux, et s'endormait d'ordinaire pendant quelque temps; à son réveil, il se promenait de Ion;; en laij;e dans le salon : « Eh bien, monsieur

Andersen, disait-il, n'allons-nous pas, nous autres enfants, être régalés ce soir de quelque petit conte de fée? » Il goûtait beaucoup le charme poétique et délicat de ces historiettes semi-sentimentales et merveilleuses, toujours pleines de finesse, qu'Andersen sait si gracieusement imaginer.

Dès que la nuit arrivait, l'artiste se montrait impatient de se livrer à son amusement favori, le loto. Sa passion pour ce jeu était devenue une sorte de manie de vieillard, et Ton n'avait garde au château de le priver de ce plaisir; on était même heureux de le voir gagner, car on savait que les chances contraires de la fortune le mécontentaient vivement, bien qu'on ne jouât absolument que de la menue monnaie1.

Le mois de novembre 1839 vit encore Thorvaldsen à Nysoe. Le 19 était le jour anniversaire de sa naissance, et l'on se préparait à le fêter en famille, lorsque le sculpteur reçut du chapitre du Dauebrog la nouvelle que le roi venait de lui conférer la grand' croix de l'ordre. Or, d'après les statuts, le blason de tout personnage élevé à ce grade doit être placé à son rang dans la salle des. chevaliers du château de Frédéricsborg. Thorvaldsen , non plus que maître Gottskalk , son père, ne s'était jamais demandé s'il avait un blason , et, de fait, il ne s'en connaissait pas.

On suppose que depuis ce jour il y pensa quelquefois, parce qu'on a trouvé, sur plusieurs fragments de lettres, des essais plus ou moins informes de compositions paraissant se rapporter à ce sujet, et dans lesquels on a cru distinguer le dieu Thor, armé du marteau. Du reste, ce ne furent que des idées fugitives auxquelles il semble ne s'être jamais arrêté bien sérieusement, car en 1843 il n'avait pas encore envoyé les armoiries qu on lui avait demandées; le chapitre de l'ordre le lui rappela, et l'artiste ne tint aucun compte de cette démarche. Après la mort de Thorvaldsen, M. Bissen fut chargé de satisfaire à la réclamation du chapitre"2; il s'inspira des croquis dont nous venons de parler, et c'est ainsi que le blason

1 Nous avons vu chez madame de Stampe le sac de soie verte renfermant les gros sous, produit du loto, qu'il donnait à garder à son domestique.

2 Thiele.

ViE DE THORVALDSEN. I i:j

du sculpteur figure dans l'antique salle des chevaliers, au milieu d'armoiries féodales , et qu'il porte le dieu du Nord avec cette devise : Liberté et amour de ta patrie

Parmi les divers ouvrages auxquels l'infatigable vieillard travailla pendant son séjour à Nysbe, nous devons citer l'ébauche d'un monument à la mémoire de Frédéric VI, roi de Danemark, mort le 3 décembre 1831), et dans laquelle ce monarque est représenté revêtu du manteau royal et assis sur un trône. Dans la pensée de l'artiste, le monument aurait dû être élevé dans le jardin de Rosenborg, connu sous Je nom de Jardin du Iîoi.

Au pied du château de Stampe coule une petite rivière qui passe auprès de l'atelier du sculpteur; celui-ci prenait plaisir à jeter chaque jour du pain aux cygnes qui s'y promènent et viennent s'ébattre sur la pelouse. La vue de ces oiseaux pleins de majesté lui inspira plusieurs compositions dans lesquelles ils figurent et qui représentent Je mythe de Léda : Jupiter métamorphosé en cygne porte l'Amour, Léda reçoit son puissant amant et l'Amour s'envole.

Christian VUl, qui avait succédé à Frédéric VI, souhaitait vivement posséder une statue de son ancêtre Christian IV, ce prince qui avait pris une part considérable à la guerre de trente ans. Christian IV avait conservé La réputation d'un habile général, bien qu'il eût été défait à Lutter par Tilly, lieutenant de Maximilieu de Bavière, alors chef de l'armée de la ligue catholique. Mais il avait ensuite gouverné sagement son pays, s'était attaché au bonheur de ses peuples, et avait ainsi laissé une mémoire vénérée.

Thorvaldsen ne manqua pas de promettre au roi d'exécuter cette statue; mais, suivant son habitude, il se pressa peu de remplir son engagement. Plusieurs fois, et sans succès, Christian VIII lui lit rappeler sa promesse, tantôt par son grand maréchal, tantôt par ses officiers. Un soir, rencontrant dans un bal la baronne de Stampe, le roi chargea cette dame de gagner sa cause en usant de l'influence qu'elle avait sur l ai liste; mais la baronne ne réussit pas mieux que les ambassadeurs précédents, et voyant ses arguments se briser devant une volonté passive-, elle eut de nouveau recoins à un stratagème.

Un jour que le sculpteur était en promenade, elle s'installa en sou absence clans l'atelier, et tant bien que mal modela elle-même une ébauche d'argile ayant la prétention de représenter le monarque. Quand Thorvaldsen rentra , il fut fort étonné de voir la baronne à l'œuvre. « Que faites-vous donc là? » lui dit-il. — « La statue du ioi. Puisque je l'ai promise et que vous ne voulez pas la faire, il faut bien que je m'en charge moi-même, pour remplir mon engagement. »

L'artiste rit de bon cœur et critiqua le travail. « Faites donc mieux, vous qui vous moquez. Je vous défie de rien trouver à corriger à ma statue, » dit la baronne affectant un ton piqué. Thorvaldsen ne put s'empêcher de saisir l'argile pour rétablir les proportions. Une fois qu'il y eut mis la main, il acheva l'ébauche et modela ensuite la statue 1 , qui devait être placée sur un sarcophage de marbre dans une des chapelles de Roeskilde. Elle fut en effet coulée en bronze ; mais elle a ensuite changé de destination , et l'on peut la voir dans le petit jardin qui entoure le château de Rosenborg.

La plupart des bas-reliefs qui datent de cette époque2 sont signés de Nysoe; pourtant Thorvaldsen partageait son existence entre la vie de campagne à Stampeborg et la vie mondaine à Copenhague,

1 L'esquisse est au Musée, mais le petit modèle de plâtre est demeuré à Nysoc, et voici comment : l'officier du roi cpii avait coutume de venir rendre visite au sculpteur pour ne pas laisser négliger l'ouvrage, exprima un jour le désir que Thorvaldsen lui donnât le modèle. L'artiste s'en défendit en disant qu'il l'avait promis à madame de Stampe. Lorsqu'ensuite il raconta le fait à la baronne, celle-ci le prit au mot et s'empara du plâtre.

2 Nous noterons :

Diane implorant Jupiter pour qu'il lui permette de rester vierge; l'Amour et Hygie, modelé à l'occasion des noces jubilaires du roi et de la reine de Danemark.

Perse'e délivrant Andromède , composition surchargée et tout à fait en désaccord avec les habitudes du maître; les Pèlerins d'Emmaiis, pour une église voisine du château de Stampe; Jésus bénissant les enfants, destiné à une salle d'asile.

Le Génie du jour de l'an a été fait à l'occasion du 1er janvier 1841. Vinrent ensuite : Jésus et la Samaritaine , l'Amour endormi, Psyché endormie et Jésus au milieu des docteurs.

VIE DE THORVALDSEN. 145

où il poursuivait également ses travaux. Son appartement à Charlottenborg s'ornait chaque jour d'un nouvel objet d'art ou de quelque ouvrage féminin, caries dames se faisaient un plaisir de contribuer de leurs mains à l'élégance de son ameublement.

Toute la société de Copenhague avait fini par connaître Thorvaldsen pour l'avoir visité dans son atelier; mais la mémoire du vieillard était impuissante à se souvenir du nom de tant de personnes, bien que les traits de leur visage lui lussent connus; il se trouvait souvent fort embarrassé lorsqu'il lui devenait indispensable de demander à qui il avait l'honneur de parler. Invité de tons eûtes, il lui arrivait parfois d'ignorer le nom de son hôte. .M. Thiele rapporte à ce propos l'anecdote suivante :

«J'étais allé, dit-il, avec Thorvaldsen , à un grand repas donné par M. Mosting, conseiller intime et ministre d'État. Nous axions quitté la compagnie en même temps et nous taisions i oute ensemble, lorsque le maître s'arrêta pour me demander : « Mais quel est donc ce M. Steman? — De quel M. Sleman \ oulez-\ ous parler? — Celui de chez qui nous sortons! - — Vous laites cireur, c'est par le ministre d'État, M. Mosting, que nous avons été reçus. — Vraiment! s'écria Thorvaldsen tout stupéfait. Par ma loi, je n'en savais absolument rien ! »

l'ourlant, grâce à son domestique, l'artiste axait établi un certain Ordre dans Cette affaire des dîners. Pendant les premiers temps, il s'était laissé aller à une sorte île fantaisie sur ce point : quand l'heure approchait, il regardait sur sa table, parcourait ses paperasses, et péchait, en quelque sorte, au hasard parmi les quatre ou cinq un itations qu'il ne manquait pas d'y trouver. Mais un pareil .sx^leinc avait, de nombreux inconvénients, et, pour ne froisser personne, Thorvaldsen dul le modifier.

Wilkens, son domestique, était un garçon d'ordre, dévoué cl sachant les convenances; il lui chargé d'inscrire toutes les invita lions à mesure qu'elles se produisaient. Quelqu'un engageait-il l< mailre : « Je ne puis rien promettre, répondait-il. Voyez Wilkens, il vous dira si je suis libre ; c'est avec lui qu'il faut arranger cela. » Le serviteur devin! un personnage; de grands seigneurs intriguèrenl

auprès de lui pour avoir un classement de faveur; on le flatta, on lui offrit de l'argent, mais rien ne put jamais changer l'ordre légitime : Wilkcns était un honnête homme, esclave de la vérité et absolument incorruptible.

Cet arrangement fit que bien souvent on ne s'adressait même plus à l'artiste quand on souhaitait l'avoir à sa table; on se bornait à se faire inscrire sur la liste du domestique. Quand l'heure arrivait, tandis que le serviteur aidait son maître à passer son vêtement : « Où est-ce que je dîne aujourd'hui? » demandait Thorvaldsen. Et comme Wilkens le conduisait toujours et revenait le chercher dans la soirée, il arrivait ainsi que le vieux maître pouvait ignorer chez qui il dînait, s'il avait négligé d'avance de s'en informer.

Tant il est vrai que les grands artistes, comme les vrais poètes, tiennent presque toujours de l'enfant par un point de leur vie qui les porte à se laisser aller à l'impulsion étrangère. Vivant avant tout par l'imagination et par la pensée, ils agissent quelquefois avec la naïveté de l'innocence, lorsque la réalité les force à rentrer dans la vie commune.

Un jour Thorvaldsen fut invité par le roi lui-même. Le prince était venu avec la reine visiter l atelier au moment où l'artiste achevait le modèle de la statue de Christian IV. « Monsieur le conseiller, dit gracieusement le souverain au moment de s'éloigner, je vous engage à dîner pour jeudi prochain. » Wilkens se tenait debout auprès de la porte, et l'artiste lui lança un regard interrogateur. Le pauvre domestique, tout rouge d'embarras, n'osa y répondre. « Est-ce que je puis accepter? lui dit son maître; est-ce qu'il y a quelque obstacle? » Wilkens commit alors l'imprudence de prononcer le nom d'OErsted. — ce C'est juste! » reprit vivement l'artiste. Et se retournant vers le roi : « Votre Majesté daignera m' excuser, je ne puis vraiment pas accepter. Jeudi est précisément le jour de fête d'OErsted, et j'ai bien formellement promis d'aller à Roeskilde. » Tandis que les courtisans étaient à demi scandalisés de cette réponse : « Je le regrette beaucoup, reprit le roi avec un sourire bienveillant; mais j'espère être plus heureux une autre fois. »

L'habitude était donc que Wilkens allât le soir chercher son

VIE DE THORVALDSEN. I 47

maître clans la maison où il avait dîné; c'était généralement pour commencer une série de pérégrinations nocturnes dans les rues de la ville, car avec les dîners on ne pouvait satisfaire tout le monde, et il fallait promettre de se rendre à des réunions. Souvent il y eu avait plusieurs le même soir; le domestique attendait pendant la visite; mais si l'artiste venait à s'attarder, on entrait dans la dernière maison au moment où tous les invités se séparaient. Le serviteur faisait-il respectueusement observer que les choses étaient allées de travers la veille au soir, dans la crainte qu'il en fût encore de même ce jour-là : « C'est vrai, disait Thorvaldsen pour consoler son fidèle Wilkens, c'est vrai, nous sommes arrivés bien tard, mais en tout cas nous avons tenu parole1. »

Les amis de l'artiste avaient pu remarquer depuis assez longtemps un homme â{;é , de modeste apparence, qui venait presque chaque dimanche visiter le maître. Celui-ci le recevait cordialement, le faisait asseoir près de lui sur un canapé, et les deux vieillards se livraient alors à une longue cl amicale conversation. Thorvaldsen y prenait-il réellement plaisir.' on ne sait, bien qu'il ne manquât pas de paraître s'y complaire. Quant au visiteur, on voyait à l'épanouissement de son visage qu'il éprouvait la plus \ ive satisfaction.

Un dimanche, après une de ces visites, le sculpteur appela son domestique pour lui demander s'il savait qui était ce vieillard. Sui la réponse négative de Wilkens, il lui apprit que cet homme, Islandais de naissance et alms gardien du pont de Knippcl à Copenhague, avait nom Thorvaldsen. « Peut-être souhaite-t-il quelque secours ? dit le serviteur. — Non pas. 11 m'a bien allirnié qu'il n'a besoin de rien, qu'il ne demande rien absolument. Mais il csl convaincu qu'il est mon parent, il en est bien aise, et son plaisir est de me venir visiter. Qu'il vienne tant qu'il voudra, le brave homme, je me garderai bien de chercher à lui enlever son illusion, puisqu'elle peut le rendre heureux2. »

Malheureusement, la bienveillance du vieillard elail souvent

1 Thiele.

- Thiele.

altérée par des accès de mélancolie. Ses humeurs noires, rares dans sa jeunesse, furent fréquentes clans les dernières années de sa vie, bien qu'elles n'eussent aucune cause sérieuse. Il se souvenait alors qu'il avait été quelquefois volé ou trompé, et il devenail d'une misanthropie insupportable même pour ses meilleurs amis; le visage sombre, il se retirait sur un coin de son canapé, et ne voulait voir personne; il prenait en dégoût son art même. Tous les efforts qu'on pouvait tenter pour le détourner de cette fâcheuse disposition d'esprit étaient inutiles , et le serviteur perdait ses peines en cherchant à lui faire prendre quelque distraction. Mais aussitôt que ces tristes impressions étaient dissipées, il regrettait les paroles désobligeantes qui avaient pu lui échapper, et ne négligeait rien pour en détruire l'effet.

Le fidèle Wilkcns veillait avec sollicitude sur la santé de son maître; il eût voulu moins de courses la nuit dans la ville et plus de promenades le jour; après les longues heures de travail de la matinée, le vieillard se serait bien trouvé de prendre quelque peu d'exercice. A Nysoc c'était une habitude régulière, mais il n'en était pas de même à Copenhague; il fallait trouver des prétextes, et Wilkens déployait alors toute son habileté. Quand il pouvait donner pour but de sortie la visite de l'atelier d'un artiste, il était presque toujours certain de réussir. Une fois dehors, il trouvait moyen de prendre le chemin des écoliers, et s'arrangeait souvent pour passer dans la rue où s'était écoulée la jeunesse de Thorvaldsen . Le vieillard s'arrêtait alors devant le n° 226 d' Aabenraa; c'était là qu'il avait vécu avec ses parents avant son départ pour Rome. Il regardait la maison du haut en bas, montrait à Wilkens les fenêtres du logement paternel, au premier étage, et celle du petit cabinet où il avait employé bien des veilles au travail. Le serviteur pensant que Thorvaldsen prendrait sans doute plaisir à visiter l'intérieur de cet appartement, lui proposa un jour d'entrer dans la maison; mais à peine le timide vieillard eut-il fait quelques pas pour s'y introduire qu'il en sortit précipitamment : « Non, dit-il, éloignons-nous, on pourrait nous prendre pour deux intrigants. » Défiant connue il l'était devenu lui-même, il trouvait naturel que d'autres le fussent.

Page 1