‹ Thyroïde Latérale et Glandule ThyroïdienneChapitre 26 sur 39 · MOI · texte numérisé non relu

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On nous fera peut-être l’objection que les bourgeons dérivés de l’ébauche latérale et enfermés dans le centre du lobe latéral, continuant chez l'embryon de 180 millimètres à donner des vésicules, ce sujet appartient à la première période de l’évolution de l’ébauche latérale, où se manifeste l’activité formatrice de celle-ci et non à la seconde. Mais, d’accord avec ce ce que nous avons dit de l’embryon de Lapin de 36 millimètres (pl. I, fig. 10), il ne s’agit pas ici d’un bourgeonnement actif aux dépens de cette ébauche latérale, mais bien d’une transformation continue d’une masse épithéliale créée par un bourgeonnement antérieur. Que ces cordons se transforment durant la seconde période en vésicules thyroïdiennes, ce fait n’infirme en rien la rigueur de notre division, puisque celle-ci n’est caractérisée que par la persistance de la partie centrale de l’ébauche sous forme d’une vésicule.

Toutefois on ne saurait nier que l’existence des cordons intralobaires ne prolonge la durée de la première période au sein du lobe latéral tandis que la seconde a dès longtemps commencé pour les débris annexés à la glandule : il y a donc là si Pon veut une sorte de période de transition.

B. Zmbryons de Brebis.

Aux observations de M. Prenant sur l’évolution de l’ébauche latérale du corps thyroïde chez des embryons de 100 millimètres et au-dessous, nous n’avons rien à ajouter. En outre, il nous semble inutile de reprendre la description détaillée des dispositions que l’on rencontre : pour fixer un point de départ et de comparaison, nous nous contenterons donc seulement de rappeler qu'aux stades correspondant à des longueurs de 80-100 millimètres, l’ébauche paire se présente au milieu du lobe latéral du corps thyroïde sous forme d’un canal à lumière

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anfractueuse et rendue irrégulière par la saillie d’un bourgeon réticulé. Les parois de ce canal sont encore assez épaisses.

M. Prenant cependant faute de matériaux dut s’arrêter à des stades où l’ébauche latérale de la thyroïde n’avait pas complètement disparu. Ayant pu nous procurer quelques embryons plus âgés, nous avons eu l’occasion de rencontrer des dispositions très curieuses.

La glande thyroïde proprement dite d’un embryon de 116 millimètres présente un grand nombre de vésicules bien formées quoique ne renfermant encore qu’une très petite quantité de substance colloïde. L’ébauche latérale persiste encore sous forme d’un canal central dont la paroi n’est plus constituée que par une seule couche d’éléments épithéliaux cubiques; en outre, sous forme de cordons creusés d’une cavité, elle envoie à des distances relativement considérables de nombreux diverticules. Quelques-uns de ceux-ci ont perdu toute connexion avec le canal central et semés dans l’épaisseur du tissu thyroïdien, s’y laissent reconnaître par leur apparence caractéristique. Cette ébauche latérale d’ailleurs est inégalement développée dans les deux lobes ; dans l’un, elle présente un développement tel qu’à certains stades elle devient visible à Pœil nu (pl. IL, fig. 29); dans l’autre lobe, quoique encore assez bien développée, elle se trouve beaucoup moins importante (pl. IL, fig. 28). Nous n’avons pu déterminer le côté où l’ébauche latérale prenait un tel développement, parce que pour les pièces volumineuses, nous avons séparé de la trachée les deux lobes thyroïdiens sans nous inquiéter de remarquer quel était le droit et quel était le gauche.

Nous pouvons à partir de maintenant abandonner celui de ces deux lobes où l’ébauche latérale n’est pas aussi étendue, pour ne nous occuper que de celui où le canal central a pris une si grande extension.

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Le siège de ce vestige de l’ébauche latérale est d’ordinaire le centre du lobe, un pen en dehors du hile et des vaisseaux qui s’y trouvent. La lumière arrondie dans la partie médiane, anfractueuse et ramifiée au contraire aux extrémités proximale et distale, se voit à un moment donné considérablement réduite par Papparition d’un bourgeon très volumineux, limité comme celle-ci par une seule assise d’éléments épithéliaux cubiques.

En connexion avec ce revêtement, on remarque aussi des bandes de formes très variables et irrégulières d’une substance homogène qui s’est fortement chargée de matières colorantes et représente évidemment des produits de dégénérescence cellulaire.

Le bourgeon central qui constitue ici avec le développement extrême de l’ébauche latérale les particularités les plus saillantes est aussi fort curieux à étudier en lui-même.

Au-dessous de la rangée unique d'éléments épithéliaux qui le revêt, on remarque une certaine quantité de tissu mésenchymateux entre lequel on peut, à un fort grossissement, reconnaïtre l’existence de capillaires sanguins, quelquefois même de gros vaisseaux, enfin des cordons épithéliaux.

Des observations analogues aux précédentes peuvent être faites sur des embryons de 117, 117, 125, 139, 235, 265 millimètres,

Ajoutons qu’à la glandule thyroïdienne qui occupe le sommet postérieur de angle rentrant figuré par le hile, se trouvent annexés des cordons épithéliaux dont quelques-uns se présentent parfois sans connexion aucune avec le tissu thyroïdien proprement dit. Les uns sont pleins, les autres creux et rappellent ainsi de tous points les boyaux cellulaires décrits et figurés par nous au centre du lobe latéral des embryons de Veau.

Le fait important sur lequel doit se porter l'attention, est la

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présence du bourgeon qui fait saillie dans. la cavité de l’ébauche latérale, et dont la structure doit être étudiée en détail.

Un examen pratiqué sur des coupes fines montre les dispositions suivantes : de forme généralement arrondie, ce bourgeon se trouve constitué au centre par des cordons épithéliaux pleins, en tout semblables à ceux qui à des stades plus jeunes forment la masse du corps thyroïde (pl. IL, fig, 31). Ces cordons sont où non anastomosés les uns avec les autres. Ils sont en tous cas séparés par de fines cloisons d’un tissu à l’’apparence mésenchymateuse lequel, en outre, forme une couronne autour de la masse épithéliale centrale : à ce niveau, nous avons pu encore constater l’existence soit de vaisseaux volumineux et vides soit de capillaires sanguins également vides. Enfin, en dehors de ce tissu d’aspect mésenchymateux, on rencontre une zône de revétement épithélial, constituée par une ou deux assises d'éléments cellulaires, pâles et gonflés comme ceux qui tapissent la paroi externe du canal central ou la face interne de l’œsophage. Cette zône est continue autour du bourgeon et même en arrière où elle se soude plus ou moins intimement à l’épithélium de ce canal.

Ce dernier détail explique comment les vaisseaux ou les capillaires situés à l’intérieur du bourgeon se sont constamment montrés vides de sang, puisqu'il existe une bande épithéliale complète interceptant toute communication entre les vaisseaux de cette formation et ceux remplis de globules qui sont disposés le long de la paroi externe de l’ébauche latérale. L’existeuce antérieure d’une telle communication permettrait de comprendre la présence au sein du bourgeon de tissu conjonctif embryonnaire et de vaisseaux, ceux-ci ayant été saisis dans une sorte de pincement de la paroi du canal central.

On peut se demander cependant si l’absence de cette communication dont l’existence antérieure est simplement hypo-

thétique, n’implique pas la formation du tissu d’aspect mésenchymateuxaux dépens des éléments épithéliaux qui, à des stades plus jeunes (embryon de 87 millimètres) constituait uniquement la masse du bourgeon central. Cette interprétation d’ailleurs ne doit en rien étonner un anatomiste qui connait la possibilité de la transformation des éléments épithéliaux en une sorte de tissu mésenchymateux. Un des exemples les plus connus est la métamorphose des cellules épithéliales polyédiques de organe de l'émail en un tissu conjonctif muqueux typique.

Rappelons encore que chez un embryon de Brebis de 20 millimètres, M. Prenant a signalé des dispositions qui pouvaient impliquer la formation de tissu mésenchymateux aux dépens de la masse de l’ébauche latérale.

Ces faits d’ailleurs ne sont peut-être que des exemples de plus à ajouter à ceux que met en avant la théorie de la nonspécificité cellulaire.

Nous n’insisterons pas davantage sur les considérations que peuvent soulever ces particularités de structure.

Nos observations sur l’embryon de Brebis nous portent donc à admettre que ainsi qu’il se trouve chez l'embryon du Veau, les vestiges de l’ébauche thyroïdienne latérale prennent de plus en plus d'importance, de telle sorte qu’on ne saurait sans invraisemblance nier leur persistance sinon jusqu’au moment de la naissance, du moins jusqu’à un âge avancé dé la vie intra-utérine.

Nous y trouvons de plus un exemple très typique du polymorphisme que peuvent présenter ces débris de l’ébauche latérale, dont le résultat est ici de rendre plus manifeste cette formation. Toutefois on peut à priori supposer que ce polymorphisme même peut chez d’autres espèces animales, contribuer à rendre beaucoup plus difficile la recherche des formations thyroïdiennes d’origine latérale.

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