‹ Thyroïde Latérale et Glandule ThyroïdienneChapitre 28 sur 39 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

De l’origine de la glandule.

Sous les noms de glandule parathyroïde (Sandstrom (9), de glandule thyroïdienne (Gley) (30), glandule thyroïde (Nicolas) (53), glande thyroïdienne (Prenant) (41), corpuscule épithélial interne ou externe (Kohn) (28), on connaît de petits corpuscules de nature épithéliale, constants chez tous les Mammifères jusqu'à présent étudiés, sauf le Pore, se rattachant à l’orgape thyroïdien par des connexions plus ou moins étroites.

Nous ne reviendrons pas ici sur tout ce qui a été dit dans la partie historique de ce travail, sur la structure d’un organe que tous les auteurs ont décrit comme identique la glande thyroïde embryonnaire, non plus que sur le rôle de suppléance fonctionnelle qui lui a été attribuée par Gley (30, etc.) et dans la suite par plusieurs des auteurs que cette question à occupés. Nous nous contenterons d'ajouter que les observations de plusieurs histologistes (Schaper) (29), (Schmid) (67), qui ont vu la transformation partielle ou totale de cet organe en tissu thyroïdien typique, semblent établir sur des bases embryologiques et histologiques cette théorie physiologique.

Nous rappellerons, cependant, que M. Prenant (41) est le seul qui ait recherché les premiers développements de cet

organe nouveau : d’après lui, la glandule thyroïdienne se forme par un bourgeonnement de la paroi de la quatrième poche entodermique devenue thyroïde latérale, par un processus analogue à celui qui à un niveau plus élevé, a donné la glandule thymique aux dépens de la troisième fente.

Nous rappellerons que les observations de Stieda (10) s’accordent avec les précédentes, puisque cet auteur décrit comme se formant aux dépens de la quatrième fente, une olandule qu'il crut être la carotidienne, mais se trouve véritablement être la thyroïdienne.

Que de Meuron (23) enfin, a montré le corps thyroïde et le thymus réunis en arrière par. un organe formé aux dépens de la partie dorsale de la quatrième poche entodermique, organe que l'on pourrait peut-être considérer comme la glandule thyroïdienne.

Ces permières notions furent dans la suite compliquées par la découverte chez certains animaux, non plus de deux glandules thyroïdiennes, mais de quatre en tout dont deux se trouvent intra-thyroïdiennes, ce sont les corpuscules internes, et deux en dehors de l'organe, en connexion plus où moins étroite avec lui: ce sont les corpuscules épithéliaux externes. M. Nicolas (53), le premier signale ce fait chez les Cheiroptères: depuis, Kohn (58), Schaper (29), Schmid (67), le retrouvèrent chez le Chat, le Chien, l'Homme.

Les auteurs cependant, qui avaient étudié les premiers développements de cet organe (Stieda, de Meuron, M. Prenant) n'avaient jamais signalé l’existence que d’un seul corpuscule, lorsque Jacoby (62) sur un eml yon de Chat, devançant de quelques jours seulement l'exposé de nos recherches plus nombreuses et plus variées, montra que le corpuscule épithélial externe ne dérive pas ainsi que le prétendait Schaper (29), de l’ébauche thyroïdienne latérale. Il se présente au contraire en

connexion avec le thymus, avec la partie crânienne duquel il offre une grande ressemblance au point de vue de la structure. Cet auteur ajoute que si l’on suit la série des embryons, on s'assure que cet organe thymique devient le corpuscule épithélial externe.

D’après le même auteur, le corpuscule épithélial interne se trouve chez un embryon de 85 millimètres, au milieu du lobe latéral ; 1l présente une structure particulière, mais la question de son origine ne peut être élucidée. A ce stade, en effet, l’ébauche médiane s’est fusionnée déjà avec la latérale de telle sorte qu'on ne peut dire de quelle ébauche dérive le corpuscule.

Nous avons montré ailleurs comment ces dernières observations sont contradictoires avec les nôtres, puisque selon nous, à aucun moment ces deux ébauches ne s'unissent, mais, d’accord en cela avec ce qui se passe chez les autres Mammifères, se transforment parallèlement en tissus d’ailleurs identiques.

L'étude d’un stade intermédiaire à ceux analysés par Jacoby, nous permet de trancher la question de l’origine de la glandule interne ou glandule thyroïdienne et en même temps de confirmer ce que cet auteur décrit de l’origine de l’externe. Mais plus que ne l’a fait cet auteur, nous montrerons dans le chapitre suivant, les divers stades de la réunion de la thyroïde latérale et de la glandule externe ou de la glandule thymique. Nous y montrerons aussi que ces dispositions ne sont pas particulières au Chat, mais existent aussi chez le Cobaye et le Lapin, et vraisemblablement aussi chez la Brebis et le Veau.

Pour l'instant, dans ce chapitre d’ailleurs très court, nous décrirons les premiers développements de la glandule thyroïdienne.

.+ Au stade considéré (embryon de 20 millimètres), l’ébauche latérale (pl. I, fig. 18, {A 1) se présente sous forme d'une vésicule à parois épaisses, à lumière étroite et allongée, aplatie

latéralement entre la trachée et la carotide (car). En dehors de cette dernière, se trouvele thymus ({4ym), dont à ce niveau l'apparence est très caractéristique.

L’ébauche latérale se montre déjaentouréeen arrière et aussi en avant par des cordons cellulaires qui indubitablement, appartiennent à l’ébauche médiane.La paroi de la première est encore en effet entièrement homogène, composée uniquement d'éléments épithéliaux entre lesquelsle tissu mésenchymateux n'a pas encore pénétré pour la découper en cordons ou lobules. L'étude de stades beaucoup plus âgés nous à montré dans un précédent chapitre que cette immigration ne se fait que plus tard. A l’âge considéré, l’ébauche latérale ressemble donc, mais seulement à ce point de vue, à celle d’un embryon de Lapin de 12 millimètres (pl. I, fig. 4).

La plus grande partie de la paroi de la thyroïde latérale ne présente rien de particulier si ce n’est l'aspect très dense et opaque, que dès cette époque elle possède déjà. La portion externe cependant à subi en un point des modifications qui, comme Jacoby l’a constaté, lui impriment des caractères particuliers et lui font prendre une coloration plus intense.

La partie modifiée comprend toute l'épaisseur de la paroi depuis la lumière du canal central dont les limites se trouvent à ce niveau plus marquées, jusqu’à la membrana propria qui en dehors limite le tissu épithélial. Latéralement au contraire, ces limites sont confuses et, détail important à noter, le tissu modifié se continue par transitions avec celui qui forme le reste de la paroi de l’ébauche.

Les modifications structurales de ce segment consistent dans un épaississement des membranes cellulaires, qui devenues en même temps plus colorables, dessinent une sorte de réticulum à travées épaisses et sombres, à mailles étroites et

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irrégulières, comblées par une substance protoplasmique claire renfermant un noyau lui-même plus coloré.

Les parties non modifiées au contraire, sont constituées par une agglomération de cellules, à noyaux assez volumineux, à protoplasma peu abondant encore, à membranes périphériques non encore visibles : 1l en résulte l'apparence sombre et dense dont nous parlions plus haut.

Un examen attentif montre donc qu’il ne s’agit pas ici du fusionnement avec la thyroïde latérale d’une partie d’origine étrangère, car, comment dans ce cas, admettre les transitions graduées existant entre les parois del’ébauche thyroïdienne et le segment ; comment aussi admettre lacontinuité de la membrane propre autour de l’ébauche latérale : il s’agit donc bien ici d’une différenciation d’une portion de la paroi du rudiment latérale du corps thyroïde.

. Cette apparence semble donc concorder parfaitement aveo ce que Jacoby décrit d’une façon peut-être un peu sommaire comme premier rudiment de la glandule interne chez un embryon de 25 millimètres, dans le passage suivant: « Diese Kœrperchen (les glandules internes) zeichnen sich « gegenüber dem Gewebe der übrigen Schilddrüse durch dunc- « klere Færbung aus, hængen aber sonst noch deutlich mit « der Schilddrüse zusammen. »

Elle nous permet, en outre, de répondre à cette question laissée en suspens : (Ob die Gebilde von den lateralen oder « den medialen Anlagen aus ihren Ursprung nehmen, læsst «sich natürlich nicht enstcheiden, da die drei Anlagen vor- « her bereits vœllig verschmolzen waren. »

Nos observations nous permettent done de conclure que

chez le Chat, de même que chez la Brebis (M. Prenant), le corpuscule épithélial interne des auteurs allemands se déve-

loppe aux dépens de la paroi de l’ébauche latérale du corps thyroïde.

Elles nous permettent encore de conclureàl’identitéetl’unité du corpuscule épithélial interne et de la glandule thyroïdienne. Cette dernière dénomination nous parait devoir être conservée, la première devant disparaitre comme insuffisante pour exprimer la nature des connexions génétiques de cette formation avec les ébauches du corps thyroïde.

Ce terme de corpuscule interne n’exprime pas mieux les rapports anatomiques, car comme nous le montrerons dans la suite, elle est appliquée parfois à des formations que l’on pourrait tout aussi bien caractériser du nom de corpuscules externes.

On pourrait cependant nous faire l’objection que le seoment ainsi modifié considéré par nous comme le premier rudiment de la glandule thyroïdienne peut à des stades plus âgés aboutir non à la constitution d’une glandule, mais à celle d’une partie quelconque telle par exemple que le bourgeon réticulé central signalé par de Meuron (23), M. Prenant (41) et nousmême (56) dans la cavité de l’ébauche latérale de certains Mammifères (Brebis, Cobaye).

Nous répondrons que bien qu'ayant examiné des stades plus âgés, nous n’avons pas rencontré chez le Chat de bourgeon central.

On pourra surtout nous objecter que ce segment dont la structure est identique à celle du thymus, peut donner naissance non à la glandule thyroïdienne, mais au lobule thymique interne signalé par Kohn (58), Zielinska (69), Schaper (29), Schmid (67) au centre du lobe latéral. Nous ferons alors remarquer que Jacoby ayant eu à sa disposition des embryons mesurant 25-30-35-40 millimêtres affirme avoir vu

dans ce segment l’origine du corpuscule interne ou glandule thyroïdienne.

Ce ne sont pas là les seules observations que nous présente l'embryon considéré. Toutefois comme celles-ci se rapportent plutôt aux rapports réciproques du corps thyroïde et du thymus, nous estimons plus naturel de remettre leur exposition à la partie de ce travail affectée à l'étude de ces connexions.

Parmi les autres embryons de Mammifères que nous avons eus à notre disposition, peu nombreux furent ceux d’un âge satisfaisant pour la question qui nous occupe. Chez un embryon de Lapin mesurant 12 millimètres, nous avons constaté en un point un épaississement notable des parois, tels qu’en offrent l’épithélium de la troisième fente branchiale au niveau de la glandule thymique; mais les stades intermédiaires nous ayant fait défaut, jusqu’au moment où sur un sujet de 14,5 millimètres nous avons rencontré la glandule thyroïdienne complètement formée, nous ne pouvons en rien affirmer que c'est aux dépens de ces premiers indices d’un bourgeonnement qu'apparait la glandule interne.

Toutefois nous ne saurions passer à un autre sujet sans faire remarquer combien les observations qui ont montré la naissance de la glandule thyroïdienne aux dépens des parois de l’ébauche latérale, expliquent bien les connexions intimes qui jusqu’à des stades avancés de la vie intra-intérine, unissent les deux formations.

Il suffit de se rapporter au chapitre précédent pour constater que nous avons toujours mentionné ces deux formations comme connexes, et cela non seulement chez quelques individus, mais d’une façon générale chez les Rongeurs, les Ruminants ou les Carnassiers étudiés par nous.

Bien plus, les connexions existant entre ces deux formations

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ne sont pas seulement génétiques, puis anatomiques, puisque comme nous allons maintenant le montrer chez certains animaux, la glandule thyroïdienne suit parallèlement et dans le même sens, l’évolution de l’ébauche latérale du corps thyroïde,

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