‹ Thyroïde Latérale et Glandule ThyroïdienneChapitre 30 sur 39 · RUMINANTS · texte numérisé non relu

RUMINANTS

À. Embryons de Veau.

Nous avons montré déja dans un chapitre antérieur que chez un embryon de 20 millimètres de longueur, on pouvait constater l'existence de la glandule thyroïdienne. Celle-ci, corpuscule arrondi, s’y présente avec ses caractères histologiques habituels. Déjà à cette époque-aussi, elle se montre d’une structure identique à celle de la glandule thymique dont elle ne se trouve que peu éloignée.

Nous l’avons suivie encore chez des embryons de 36 et 40 millimètres et nous l’avons trouvée en connexion constante avec l’ébauche latérale de la glande thyroïde. (PI. IT, fig. 23).

Ces connexions cependant sont beaucoup plus manifestes chez des embryons plus âgés ainsi qu’on peut le voir fig. 26, DEUTT

Chez un embryon de 97 millimètres, le lobe latéral du corps thyroïde devenu réniforme, présente au milieu de sa face interne une dépression constante ou hile, dont la concavité se trouve comblée par la glandule thyroïdienne. Celle-ci se trouve en connexion par sa face profonde avec un long cordon cellulaire, d'aspect différent de celui du tissu thyroidien proprement dit et qui représente les vestiges de l’ébauche latérale.

Les caractères histologiques de la glandule sont encore ici les mêmes que précédemment et se rapportent essentiellement à ceux que nous avons décrits chez l'embryon de Lapin, sauf en ce que les cordons épithéliaux, très serrés les uns contre les

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autres, ne se trouvent guère séparés que par d’étroites lignes représentant les capillaires sanguins.

Dans certains cordons en outre, les éléments cellulaires se disposent en deux rangées parallèles l’une à l’autre, les noyaux se plaçant vers la base de la cellule et laissant ainsi plus clair le centre de la travée.

Le tissu de la glandule semble se trouver en continuité de substance avec le cordon représentant les restes de l’ébauche latérale, tandis qu’au contraire il existe une assez forte lame de tissu conjonctif entre la masse du lobe latéral et lui.

Nous avons montré comment à des stades plus âgés, la formation unique qui constitue la glandule thyroïdienne et la thyroïde latérale, se divise en deux parties : l’une reste incluse au centre du lobe thyroïdien; mêlée aux vaisseaux volumineux qui sy rencontrent, l’autre renferme principalement la glandule à laquelle reste attachée une partie de l’ébauche latérale et souvent aussi l'extrémité inférieure du canal thyreo-pharyngien et reste en dehors du lobe dont elle gagne enfin le bord postéro-interne.

Durant cette migration et jusqu'aux stades les plus avancés où nous avons pu étudier la glandule thyroïdienne, celleci conserve la même structure qu'aux plus jeunes temps de la vie embryonnaire; son volume cependant s'accroît parallèlement à l’âge de l'embryon, de telle sorte que chez un sujet de 180mm., ce volume est environ double de ce qu’il était chez un sujet de 97 millimètres.

C’est ici surtout qu'il y a lieu de regretter le manque de précision des dénominations à l’usage de ces formations glandulaires.

Sous le nom de corpuscule épithélial externe, on a décrit des glandules qui peuvent être situées soit en dehors du lobe latéral de la glande thyroïde, soit enchâssées plus ou moins

profondément dans le lobe thyroïdien ou encore rattachées à la face interne ou à la face externe de ce lobe par un petit cordon conjonctif plus ou moins long (Kohn, loc. cit., page 376).

Cette dernière disposition se trouve réalisée ici; il semblerait dès lors que la glandule thyroïdienne de l’embryon de Veau dût être rangée dans la catégorie des corpuscules épithéliaux internes.

Il est vrai que si d’après le même auteur, l’une des caractéristiques du corpuscule interne consiste à se trouver toujours sur la face interne du lobe latéral du corps thyroïde, on pourra tout aussi bien ranger la glandule du Veau dans la classe des corpuscules épithéliaux internes.

Cette double alternative, vraisemblable dans les deux cas, montre combien insuffisante sera toujours une classification fondée uniquement sur la disposition anatomique de la glandule. Quand ces corpuscules épithéliaux occupent des positions bien différentes les unes des autres, la classification adoptée par Kohn semble très acceptable; lorsque au contraire ils occupent la zone intermédiaire représentée dans l’espèce par la zone marginale du lobe thyroïdien, on voit immédiatement le manque de rigueur de cette division puisque chez certains animaux on ne sait plus dans quelle catégorie ranger les organes considérés.

Si cette classification artificielle a cependant l’avantage de marquer l'identité de structure entre les deux sortes de glandules, elle a le tort grave de ne tenir aucun compte des données embryologiques qui, dans le cas particulier, seules seront susceptibles d'expliquer d’une manière satisfaisante les différences constatées dans le siège de la glandule. Par cette méthode, nous avons montré chez le Cobaye et le Lapin, qu’à certains stades il existe une glandule interne qui ne persiste pas

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jusqu’à la naissance et nous avons fait voir que cette glandule interne est la glandule thyroïdienne à proprement parler. Nous avons laissé entrevoir et nous exposerons plus loin avec détails, que chez ces mêmes animaux, la glandule externe est une tout autre formation qui, par son développement, ne mérite pas la dénomination de glandule thyroïdienne.

De même chez l'embryon de Veau, l’organe signalé par nous est à proprement parler une glandule thyroïdienne. S'il est vrai donc qu’à cette dénomination corresponde commechez les Rongeurs celle de corpuscule interne, il est aussi un corpuscule épithélial interne.

Nous résumerons en conséquence ces observations sur l’évolution de la glandule thyroïdienne proprement dite chez l’embryon de Veau en disant que cet organe situé primitivement au niveau du hile du lobe thyroïdien, gagne le bord postérointerne de celui-ci, entraînant avec lui une partie de l’ébauche latérale. De même que cette dernière prenait de plus en plus d'importance à mesure que nous examinions des stades plus avancés, de même la glandule thyroïdienne voit s’accroître son volume. Sa structure est restée telle qu’elle se trouvait déjà sur de jeunes embryons. Cette glandule est une glandule in-

terne.

B. Embryons de Brebis.

Dans ses grands traits, l’évolution de la glandule thyroïdienne de l'embryon de Brebis rappelle celle de la formation homologue de l'embryon de Veau, avec cette différence seulement qu'ici la glandule au lieu d’être en quelque sorte annexée à la face interne du lobe latéral, s'y trouve enchâssée au niveau de son bord postérieur et interne. Ce bord se trouve donc excavé et la dépression remplie par la formation glan-

dulaire.

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De cette disposition résultent quelques particularités qui, à des stades plus jeunes, ont déjà été signalées par M. Prenant. En rapport de voisinage avec le tissu thyroïdien celui de la glandule contracte avec lui des connexions caractérisées principalement il semble, par une continuité de substance.

La structure de la glandule répond ici encore à la description de la formation homologue chez les autres Mammifères, sauf peut-être en ce que les espaces clairs situés entre les divers cordons épithéliaux, ont pris un développement plus considérable au lieu d’être réduits, comme chez l'embryon de Veau, à de simples lignes plus où moins épaisses. Il semble d'ailleurs que cette dernière disposition appartienne aux stades tout à fait premiers du développement de la glandule et que plus ou moins tôt selon les exemples choisis, succède un second aspect, caractérisé par une dilatation des vaisseaux interstitiels, apparence que les figures de Kohn, Schaper, ete., nous font connaître chez l’adulte.

Quoi qu'il en soit, sur toute l'étendue de la glandule thyroïdienne devenue connexe à la masse même du lobe latéral du corps thyroïde, il devient impossible de discerner les limites de l’une et de l’autre formation. Examinés à un plus fort grossissement et avec plus d'attention, les cordons de la glandule, constitués typiquement par des éléments polygonaux à noyau arrondi, à protoplasma très finement grenu et coloré par l’orange, se montrent, à un moment donné, après une suite de transitions, formés de cellules où le protoplasma est devenu entièrement clair: dans les parties intermédiaires, on voit les granulations fortement colorées par le réactif acide, devenir de plus en plus rares, et à une apparence comme chagrinée succèder un aspect plat et homogène. L’extrémité thyroïdienne des cordons épithéliaux ainsi modifiés se continue avec le tissu même du lobe latéral. Il faut done bien admettre

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entre les deux organes en présence une communauté de tissu, fait dont la signification nous échappe, mais n’est peutêtre pas sans quelque importance.

Pour des raisons comme celles que nous avons exposées au sujet de la formation glandulaire de l'embryon de Veau, il faut considérer aussi celle de la Brebis comme un corpuscule épithélial interne bien que sa disposition la fasse rentrer dans la quatrième catégorie de corpuscules épithéliaux externes décrite par Kohn et dans laquelle le corpuscule se trouve enfoncé de plus de la moitié de sa masse dans l'épaisseur du lobe latéral (Kohn, loc. cit., p. 376).

De même que chez l'embryon de Veau, les proportions de la glandule thyroïdienne augmentent parallèlement à l’âge de l'embryon. De même aussi, comme en son lieu nous l’avons fait remarquer, elle se trouve constamment accompagnée de quelques lobules épithéliaux dérivés de l’ébauche latérale. Ici toutefois la plus grande partie de cette ébauche se trouve occuper le centre du lobe latéral et y constitue un véritable canal central.

En cherchant à synthétiser une fois encore tout ce qui à été dit de l’ébauche latérale et de la glandule thyroïdienne chez les Ruminants, nous voyons que ces deux formations suivent une évolution semblable puisque nous avons constamment rencontré chez toutes deux un accroissement continu, parallèle à celui de l'embryon lui-même. Toutefois n'ayant pu faute de matériaux examiner si l’ébauche latérale du corps thyroïde disparait comme chez les embryons de Rongeurs ou au contraire persiste jusqu’au terme de la vie embryonnaire, nous ignorons les destinées ultérieures de l’ébauche latérale et

de la glandule thyroïdienne.

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