CARNASSIERS
Embryons de Chat.
Nous avons au chapitre précédent montré la formation de la glandule thyroïdienne proprement dite aux dépens de l’ébauche latérale du corps thyroïde et rappelé les observations où Jacoby expose que le corpuscule épithélial externe dérive d’une autre formation, fait qui s’accorde parfaitement avec ce que nous avons déjà laissé voir chez les embryons des Rongeurs. Dans la suite du développement, la glandule thyroïdienne ou glandule interne se montre en connexion constante avec l’ébauche latérale de la glande thyroïde d’une part et d'autre part avec un lobule lymphoïde intra-lobaire décrit par les auteurs sous le nom de lobule thymique interne.
Ainsi que divers auteurs (Kohn, Schaper) l’ont fait remarquer, l’apparence de la glandule thyroïdienne se trouve chez le Chat un peu différente de ce qu’elle est chez les autres Mammifères: en ce sens que les cordons épithéliaux en lesquels elle se trouve décomposée, sont plus épais, formés de plusieurs assises cellulaires. J'ajoute que durant la période embryonnaire au moins, ces éléments présentent un aspect réticulé semblable à celui de l’ébauche latérale.
L'évolution de cette formation rappelle en tous points celle des formations homologues de l'embryon du Veau ou de celui de la Brebis. Ce que l’on sait cependant d’une façon certaine, et nous avons eu l’occasion de le vérifier, c’est que cette glandule interne est constante chez l'adulte.
La disposition du corpuscule épithélial interne et celle du corpuscule externe chez l'embryon du Chien prouve combien étaient justes les critiques que nous adressions à la division proposée par Kohn et adoptée dans la suite par tous les auteurs allemands.
Chez cet embryon, en effet, les glandules se trouvent complètement enchâssées dans le tissu thyroïdien, à la limite duquel elles effleurent. L'une se trouve en rapport avec la face externe, l’autre avec la face interne du lobe latéral.
Quelle raison dès lors a-t-on de dénommer l’une corpuscule interne, l’autre corpuscule épithélial externe, puisque toutes deux se trouvent intralobaires dans les mêmes rapports anatomiques avec le tissu thyroïdien, à égale distance du centre de ce lobe pris comme point de repère? Le fait qne l’une répond à la face externe, l’autre à la face interne du lobe latéral ne peut suffire à leur attribuer les dénominations de corpuscule externe et de corpuscule interne, puisque par définition le premier est celui qui se trouve en dehors du corps thyroïde, le second en dedans. Tous deux ici sont intralobaires et sont par conséquent des corpuscules épithéliaux internes, ce qui n'empêche pas Kohn de ranger le Chien parmi les animaux possédant une glandule externe.
On ne saurait trouver de meilleur exemple aux critiques élevées contre la classification de cet auteur et nous ne saurions trouver meilleure occasion de répéter que seule l’embryologie est susceptible de fournir l'explication de ces différences de siège en faisant constater que le corpuscule dit interne répond à la glandule thyroïdienne proprement dite des auteurs français, l’externe se formant aux dépens d’une autre ébauche.
Si nous cherchons à présenter une exposition générale de l’évolution de la glandule thyroïdienne chez les Mammifères, en utilisant pour cela les observations de nos prédécesseurs et les nôtres propres, nous montrerons que, née aux dépens de la paroi de l’ébauche thyroïdienne latérale ainsi que le fait a été constaté chez l’embryon de Brebis et celui du Chat, cette formation évolue parallèlement au moins jusqu'à un certain temps, à cette ébauche.
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Ce parallélisme est surtout bien marqué chez les Rongeurs, où la glandule thyroïdienne proprement dite disparaît au même moment que la thyroïde latérale qu’elle accompagne constamment.
Dans la classification de Kohn et des auteurs allemands, cette glandule rentrerait dans la catégorie des corpuscules épithéliaux internes.
Cette persistance jusqu'à l’état adulte de la glandule thyroïdienne pour les Ruminants ne semble pas avoir encore été constatée, car selon nous les corpuscules épithéliaux reconnus par Schaper chez le Veau et la Brebis adultes correspondent à la glandule externe et non à la glandule thyroïdienne proprement dite, « car à l'inverse de Kohn et Sandstræm qui « décrivent la glandule comme un or gane constamment situé «au voisinage immédiat de la glande thyroïde, soit sur la « face interne, soit sur l’externe, j'ai constamment rencon- « tré ces organes multiples au niveau de la division de la « carotide primitive, au niveau de la plus inférieure de ces « branches de division. » (Schaper, loc. cit. p. 247).
Nous dirons que la glandule thyroïdienne proprement dite ou glandule interne des Ruminants, ne semble pas avoir été constatée chez l'adulte car, contrairement à ce que la phrase de Schaper tendrait à faire croire, ni Sandstrœm, ni Kohn, n’ont étudié le corps thyroïde du Veau ni celui de la Brebis adultes.
Chez les Carnassiers au contraire, la persistance chez l’adulte de la glandule thyroïdienne proprement dite, ou glandule interne, est parfaitement connue depuis les travaux de Kohn (58), de Schmid (67), fait que nous pourrions aussi confirmer d’après nos observations personnelles si celles de ces deux auteurs et les dessins qui en accompagnent l'exposé ne suffisaient à le démontrer.
VE SR SE Ent late hat