LOUE
Ajoutons qu'en dehors des Mammifères, la persistance de cette glandule semble résulter des observations de M. Nicolas (53) chez les Cheiroptères.
À l'inverse de certaines observations de Schaper et de Schmid, lesquelles, croyons-nous, gagneraient à être reprises à nouveau, la glandule thyroïdienne ne donne pas naissance durant la vie embryonnaire au moins, à des vésicules colloïdes (Schaper, loc. cit., p. 273; Schmid, loc. cit., p. 260). Cette constatation à d'autant plus de valeur que le parallélisme dans l'évolution existant entre l’ébauche latérale qui donne des vésicules colloïdes et la glandule thyroïdienne qui n’en fournit pas, aurait pu faire croire chez celle-ci à des facultés analogues. La différenciation très précoce et très avancée de la glandule thyroïdienne est sans doute la cause de cette dissemblance : un organe profondément modifié en vue d’une fonction déterminée tendant à perdre d’une manière proportionnelle, les propriétés qu'il aurait pu tenir de par son origine.
La glandule thyroïdienne enfin n’a pas la structure de la glande thyroïde embryonnaire comme il a été constamment admis depuis Baber (11) en passant par Rogowitch (26), Gley et Phisalix (50), Hürtle (68), Zielinska (69), Kohn (58), Schaper (29) et Schmid (67). Durant la vie embryonnaire d’ailleurs, la glande thyroïde présente plusieurs structures dont la dernière rappelle l’état adulte par la présence de vésicules colloïdes. À laquelle de ces structures différentes se rattache celle de la glandule; on à oublié de le dire.
En réalité, la glandule thyroïdienne possède dès les premiers stades une structure particulière qui ne se modifie que fort peu à des périodes plus avancées et reste telle durant la vie extra-utérine, ainsi qu’on peut s’en rendre compte par les figures et les descriptions de Kohn (58), Schaper (29) et Schmid (67).
Il résulte en résumé de ce qui vient d’être dit, que la glandule thyroïdienne, totalement absente chez les embryons de certains animaux (Porcs), absente chez certains adultes, quoique existant chez les embryons de ceux-ci (Rongeurs), présente peut-être chez les Ruminants adultes, existant d’une facon certaine durant toute la vie extra-utérine des Carnassiers, constitue un organe spécial, possédant une individualité égale à celle de la glande thyroïde qu’elle accompagne, une structure tout à fait particulière et vraisemblablement aussi une fonction spéciale, puisqu'à toute structure déterminée correspond une fonction également déterminée.
Nous en parlons pas ici du rôle de suppléance fonctionnelle que, dans des circonstances exceptionnelles, la glandule thyroïdienne est susceptible de jouer. Démontrée par la physiologie, cette suppléance ne l’a pas encore été, croyons-nous, suffisamment par l’histologie, malgré les observations de Schaper et de Schmid.