‹ TibèreChapitre 40 sur 58 · ACTE IV, SCÈNE II. ^5i · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE II. ^5i

Tous les deux vous honore , et lui donne un appui. INIais faut-il à ces soins borner vos destinées } Qu'à l'aspect des vertus qu'ils ont abandonnées , Apprenant à rougir , les Romains sous vos yeux Rentrent dans les sentiers que frayaient leurs aïeux. Le sénat , les faisceaux , les honneurs militaires , Attendent l'héritier de tant de consulaires. A ce bel avenir voulez-vous renoncer ?

CNEIUS.

Moi , des honneurs , César ! est-il temps d'y penser ? C'est l'avenir d'un père , hélas î qui m'intéresse. Si le pieux effort que tente ma jeunesse Mérite un peu d'égards , et même quelque prix , Sauvez f sauvez mon père , et laissez-là son fils.

Je veille sur Pison -, je sais l'aimer , le plaindre 5 Je fais plus. Toutefois Agrippine est à craindre. On connaît les soupçons qu'elle ose fomenter. Où s'arrêtera-t-elle ? On me fait redouter Des brigues , des excès , peut-être même un crime.

CNEIUS.

César , on vous abuse ; elle est trop magnanime C'est l'ame d'un héros , l'ame de son époux : Pison même se fie à son noble courroux.

Puisse-t-elle répondre à tant de confiance ! C'est elle cependant qui demande vengeance j Si Pison dans l'armée a des accusateurs...

5i TIBERE.

C NÉ lus.

Et Séjan les choisit parmi les sénateurs !

Séjan peut vous servir. Doutez-vous de son zèle? Il sait ce que je pense, et Séjan m'est fidèle.

CNÉIUS

A ce nom de Séjan quelque doute est permis.

Vous fiez-vous , Cnéius ^ à vos seuls ennemis ?

CNÉIIJS.

Un fils craint aisément pour un père qu'il aime. Souffrez que j'ose à vous me plaindre de vous-même,

De moi !

CNÉIUS

De vous, César. La cause est en vos mains : C'est le sénat qui juge , et non pas les Romains. Que ne conservait-on ces formes respectées , Par les seuls criminels si long-temps redoutées ? L'Etat n'est point à vous : il s'agit de l'Etat : C'est au peuple à juger d'un pareil attentat. Il répand les discours que la haine publie , Les croit bientôt lui-même , et bientôt les oublie. Non , le cœur des Romains ne se fermerait pas Devant un sénateur blanchi dans les combats 5 D'un soldat vénérable, usé par les services , On aurait pu compter les nobles cicatrices.

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