‹ TibèreChapitre 42 sur 58 · CNÉIUS, AGRIPPINE · texte numérisé non relu

CNÉIUS, AGRIPPINE

AGRIPPINE

Tibère en me voyant s'éloigne avec eôroî !

Et le fils de Pison demeure auprès de moi I

cTNÉi us.

Ne vous offensez point , vertueuse Agrippine , Si , d'un père chéri redoutant la ruine , En ces lieux un moment j'ose vous arrêter. Sans haine et sans courroux pouvez-vous m'écouter ?

AGRIPPINE

Je ne hais que le crime ; et qu'importe ma haine ? \ous avez vu celui dont la voix souveraine Peut condamner Pison , peut le justifier.

Oui , j'ai vu, malgré moi, Tibère tout entier.

AGRIPPI^'E.

Qui vous y forçait ?

CNÉirs.

Lui , puisqu'il est notre maître 5 Lui , l'ennemi de Rome , et le vôtre peut-être -, Lui dont la tyrannie irrite nos débats.

A G RI P P I îs E .

Si vous étiez Séjan je ne répondrais pas. Mais Cnéius , indocile au frein de l'esclavage , N'a point cultivé l'art de farder son langage -, Vrai dans tous ses discours, par tant de liberté Il ne tend pas un piège à ma sincérité. Toutefois que craint-il en sa faveur nouvelle , Quand Tibère me fuit , quand Tibère l'appelle ?

Tout , j'ose l'avouer , jusqu'à cette faveur

Page 1