‹ TibèreChapitre 48 sur 58 · ACTE IV, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE V

PISON

Tibère a-t-il un cœur ?

CIÎÉIUS.

Agrippine a bientôt dissipé mes alarmes 5 D'un Romain suppliant elle exauce les larmes.

PISON

Agrippine, dis-tu, m'oserait pardonner.

CNÉIUS

De ce trait généreux pourquoi vous étonner .^

PlSON.

Agrippine 1

CNÉIUS

A son nom quel trouble inconcevable î

PISON

Ne vois-tu pas , mon fils que ton père est coupable ?

CNÉIUS

Contre Germanicus vous formiez un parti ; Je le sais : votre cœur au moins s'est repenti. N'est-il pas vrai mon père ?

PISON

Il est trop vrai. N'importe :

Contre un vain repentir Germanicus l'emporte.

CNÉIUS

Sa veuve a pardonné.

PISON

Non , jamais *, non ; dis-lui

Que je n'accepte point son imprudent appui : Non -, dis-lui qu'au pardon le coupable s'oppose j Dis-lui que de mon sort un seul homme dispose j Que je suis à Tibère.

CNÉIUS

Y pensez-vous ? ô ciel !

PISOJN'.

Malheur à qui rampa sous un maître cruel I Misérable, il ne peut sortir de l'infamie j Avec sa conscience il a livré sa vie.

Un tyran ne sait pas rougir impunément; Il rompt de ses forfaits le docile instrument : Et , faisant aux faveurs succéder les supplices , Avilit, récompense et punit ses complices.

C>ÉIUS.

Vous parlez de forfaits! ce mot me fait trembler.

PI SON

Je te remplis d'effroi-, je vais t'en accabler. Apprends... puis-je le dire? oui; j'ai pu davantage j J'aurai pour mon tourment cet horrible courage.

iMon père, à votre fils qu'allez-vous découvrir.^

Ton père 1 ah I tu l'aimais , et tu vas le haïr,

ClSÉtUS.

Moi!

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