‹ TibèreChapitre 49 sur 58 · C NÉ ILS · texte numérisé non relu

C NÉ ILS

Ce héros dans sa course arrêté.

PISON

Oui , digne ainsi que toi de l'antique patrie , Et que si jeune encor vit tomber la Syrie, Germanicus...

CNÉIUS

Eh bien ?

PISON

Périt empoisonné.

J'ai tout SU.

Dieux !

CNÉIUS

PISON

Tibère avait tout ordonné.

CNÉIUS

C'est un crime de plus , c'est un jour de Tibère :

Qui peut s'en étonner? mais vous! mais vous^ mon père!

PISON

Oui , j'ai su qu'un esclave à Tibère vendu. Et du jeune héros surveillant assidu...

CNÉIUS

Un esclave I

PISON

C'est lui de qui la main perfide Prépara, présenta le breuvage homicide.

CNÉIUS

Mon père , eh ! c'est alors que vous deviez parler : Cest lui qu'avant son crime il fallait immoler.

PIS ON

Il fallait conserver l'espérance de Rome,

Lutter contre Tibère en faveur d'un grand homme,

A l'appui des soldats hautement recourir,

Avertir le héros , le sauver et mourir.

Et je pourrais , chargé d'une honte éternelle ,

Rendre de mon forfait sa veuve criminelle !

D'Agrippine abusée évitant le couroux ,

Je pourrais la couvrir du sang de son époux !

Ah ! je dois bien plutôt provoquer ma sentence ,

Maudissant l'empereur, abhorrant l'existence,

Abandonné de Rome , et des dieux ennemis ,

De la nature entière , et même de mon fils.

CNÉIUS

Non 5 le crime entre nous n'a point mis de barrière 5 Kon^ je vous tiendrai lieu de la nature entière. Hélas ! plus de pardon , plus d'avenir pour nous *, Mais vous aviez un fils, il est toujours à vous. J'ai juré de vous suivre, et je le jure encore Par ces dieux outragés que ma douleur implore. Eh! si, de la vertu, premier de leurs bienfaits , Un précipice affreux sépare les forfaits,

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