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DEDICAT ET GRATA SIS, DEA, MENTE ROGAT

: — 73 nec g : hec AV || 75 huic ç : hunc AV hic Cartault | hunc: una Havet || 81 tum ç : dum AV | 82 parma Scaliger.

C’est la première en date des élégies de Tibulle (fin 31 ou 30) (1)- Il est contraint (v. 13 nunc ad bella {rahor), probablement par son patruus, à prendre part à l'expédition de Messalla en Aquitaine. Il exprime son peu d'enthousiasme à cette perspective et ses préférences pour la vie tranquille à la campagne, le déchirement avec lequel il se laisse arracher au domaine rustique qui a vu les débuts de son existence. La pièce est idyllique et élégiaque et contient , la plupart des thèmes qui font la trame du livre I, en particulier des élégies 1 et 3; le thème érotique toutefois n’y apparaît encore qu’incidemment, en un tableau (v. 53-66) qui s’encadre dans le thème pacifique et qui révèle plutôt une imagination naturellement voluptueuse qu’un cœur déjà épris.

La première partie (1-14) exprime la plaïnte qui fait le fond de toute la pièce : horreur de la guerre par crainte de la mort ; et- - déjà le premier distique, avec la vigueur nette de son contour, avec son tour par interrogation puis par exclamation, avec son mot de valeur horrendos jeté en tête, donne la note dominante du poème. Tibulle maudit l’épée, les combats qui appellent la mort, et ce qui fait la cause de la guerre : l’or, la cupidité. Ce couplet amène par contraste la vision de l’âge d’or, que quelques détails concrets montrent comme un temps de simplicité et de sécurité. Le poëte ne s’attarde pas au lieu commun, il le rattache promptement à sa propre destinée, souhaitant d’avoir vécu à une époque où il n’eût pas frissonné à la pensée de la blessure ou de la mort possibles.

Où donc trouver aide et protection ? El se tourne vers les Lares paternels et leur adresse une prière (15-28) : de même qu'ils ont nourri son enfance, puissent-ils le sauver et permettre son retour ; et à nouveau revient, englobé dans la prière, le motif de l’époque *

(1) Pour l’époque et les circonstances, cf. supra p. 2-5. — M. Havet, qui adopté au v. 11 la correction de uulgi en Valgi (Revue de Phil.,t. XXXWVII,juillet 1913,p.252), pense que la pièce est dédiée à C.Valgius Rufus,ami d’Horace et de Messalla, poète élégiaque et épique (Panég. de Messalla, 180), et qui est probablement celui qui a présenté Tibulle à Messalla. Belling croit que Valgius avait décrit la vie qui est l’idéal de Tibulle (cf. A. Cartault, À propos du Corpus Tibullianum, p. 486, n. 1).

primitive avec ses coutumes loyales et simples ; là encore le lieu commun est étroitement rattaché à la personne du poète, par la vision du sacrifice simple et pur, qu'il sait être le plus agréable aux Lares et qu’il leur promet. Ainsi l'âme italique avec son respect des vieilles formes de la religion rustique et domestique, revit dans l'âme complexe de Tibulle, qu’une vue d'ensemble de la critique a jugé si peu romain. ©

A d’autres les combats et la gloire militaire (29-32). Ce motif de transition ramène le thème fondamental de l’horreur de la Mort ; le couplet (33- 44) est encore établi sur un contraste; aux victimes de la guerre s'opposent les heureux de la paix : 10 la guerre est insensée parce qu'elle est la mort prématurée, idée quientraîne le

lieu commun de l’au delà avec la vision des bords du Styx (33- 38), le motif pacifique opposé étant déjà amorcé au v. 35 (non seges est infra...) ; 2° alors s’épanouit, en contraste, le tableau de paix : vieillesse heureuse du paysan qui a occupé sa vie aux travaux de la terre et qui l’achève dans sa chaumière au milieu de sa postérité

: (89-42). Puis nouveau retour du poète sur lui-même : il confond la vieillesse de son paysan avec la sienne propre (48-44).

La dernière partie, l'éloge de la Paix (45-68), découle naturellement de ce qui précède. Le couplet est d’ailleurs assez complexe et il présente certaines difficultés. Deux traits d’ironie amère (49-59, 65-66), d’un tour concret et ramassé, y traduisent encore l’opposition entre la paix et la guerre. Mais l’âme du poète se repose sur des visions seréines ou familières. Il célèbre la divinité à la robe blanche, Pax candida, une de ces abstractions sinombreuses dans la religion italique. Puisse-t-elle régner sur les campagnes | Elle est simplicité et joie. D’abord elle permet le développement de l’agriculture : ici ce n’est plus seulement l’épicurien ennemi de la douleur et de la mort, le rêveur voluptueux qui parle ; nous n’entendons plus seulement cette note antimilitariste étrangère, en effet, à l'esprit romain ; c’est le Romaiïn de la fin du rer siècle qui nous apparaît. Iei Tibulle suit l’impulsion donnée à la littérature par les Bucoliques et les Géorgiques, il s'associe indirectement aux plans de régénération sociale qui étaient ceux d’Octave, il traduit Paspiration de la génération qui sort de la guerre civile et qui a

besoïn de l’ordre et de la paix. Il y a donc accord entre le sentiment du poète et les goûts de son temps et du chef sous qui la déesse Pax allait prendre une place importante dans le culte officiel (45-50). Ensuite la Paix fait la vie heureuse, et cette idée devait être illustrée par l’évocation d’une fête de paysans, d’une kermesse, dont ilne subsiste qu'un distique (51-52). La Paix n’admet d’autres luttes que celles des amoureux, et là encore le poëte condamne la brutalité et les coups (53-66). Un distique d’invocation à la Paix bienfaisante termine la pièce (67-68). Il semble que, dans cette partie surtout, Tibulle s’est souvenu d’Aristophane ; dans un chœur de la Paix (1127-1190), le poète grec chante aussi les, douceurs de la paix aux champs et oppose la vie paisible du paysan

et du vigneron aux corvées de la guerre (1). L'influence grecque sera d’ailleurs constante sur le poète latin, sans jamais étouffer sa personnalité. Enfin le couplet 45-68 paraît, à l’analyse, bien à sa place et très cohérent, malgré la lacune qui suit le v. 50. C’est à tort que Haase (2) a cru que les v. 51-68 constituaient la fin de l’élégie 1 du livre II et devaient y être replacés après le v. 90 : ce passage, notamment avec le détail du v. 67 atnobis,Pax alma, ueni, n’a desens que dans une pièce où Tibulle se dit menacé par la guerre, et ce n’est pas le cas de l’élégie mentionnée.

Ainsi cette pièce, d’un mouvement à la fois net et souple, révèle déjà la maîtrise de Tibulle, et est une de celles qe permettent le mieux de dégager ses procédés de composition :

1° Un sentiment dominant anime la pièce d’un bout à l’autre et fournit un thème qui s’annonce, s’exprime largement, s’enlace aux motifs secondaires sous lesquels il réapparaît d’une manière rythmique. Ici c’est le déchirement du cœur du poète, arraché au domaine de ses pères, placé entre la guerre et la paix et hanté par le rêve de vie simple et tranquille des temps primitifs ; ce qui se ramène à l’opposition, fréquente chez Tibulle, entre la crainte de la douleur et de la mort et la joie de vivre. Nous avons déjà comparé ce genre de compositiôn à celui de la symphonie. Par là, la rhétorique de Tibulle n’a rien de mécanique, elle ne gêne pas l’effusion spontanée du sentiment, elle réalise l’unité dans la variété.

2° Le thème principal entraîne les motifs secondaires qui se groupent en couplets tantôt par similitude tantôt par opposition. L’art de Tibulle aime les contrastes, lesquels sentent moins lartifice qu’ils ne révèlent la spontanéité d’une âme chantant ses contradictions, ses hésitations, ses fluctuations et ses retours.

3° Ces couplets sont souvent des variations sur des motifs grecs : ou des lieux communs. Mais d’abord, dans ces moules qu’il n’a pas créés, le poète coule sa personnalité ; l’art y est bien à lui ; d'habitude le couplet est rapide, fait de quelques traits sobres, d’un réalisme frais et non livresque, en rapport avec l’état d'âme de l’auteur. De plus les couplets sont fortement incorporés au sujet, bien fondus dans l’ensemble, et ne laissant pas perdre de vue la personnalité du poète, à laquelle ils sont promptement ramenés et rattachés. Enfin, si Tibulle aime la netteté et la symétrie, il est

(1) I faut rapprocher également de ce passage de Tibulle l'éloge de la paix qui se trouve dans Bacchylide, fragm. 4, Blass. Tibulle a su donner au thème un accent personnel et actuel ; on ysent l’inspiration qui soulève sonhymne à Osiris, 7, 29 sqq. (cf. supra p. 51- 52) et son éloge des dieux de la campagne, 2; 1, 37 sqq. La comparaison de ces différents passages montre l’unité de la pensée chez le poète.

(2) Cf, A.Cartault, À propos du Corpus Tibullianum, p. 182-184,

trop spontané pour que sa composition sente la tension ou l'effort : il ne se préoccupe pas de donner des dimensions égales aux couplets qu’il oppose, illes combine librement.

En somme ces procédés de Tibulle sont si instinctifs, si sponta- - nés, si enveloppés de poésie, que son art se fait presque oublier et que c’est le plus souvent son cœur que nous entendons et qui nous séduit.

Quel:homme était celui qui le premier apporta l’horri- -

ble épée? Quel être féroce, oui,quel cœur de fer (1) il fut, celui-là ! Alors les meurtres, alors les combats naquirent pour le genre humain, et une route plus courte s’ouvrit à

5 la cruelle mort. Ou plutôt ce malheureux fut-il aucune-

ment coupable, si c’est nous qui employons à notre des-

truction l’arme que, lui, nous à donnée contre les bêtes. sauvages ? C’est la faute de l’or qui enrichit, et la guerre :

n'existait point au temps où l’on n’avait devant ses plats qu’une coupe de hêtre ; il n’y avait point de citadelles,

10 point de palissade, et le gardien du troupeau s’endormait

tranquille au milieu de ses brebis à la toison tachetée.

Que n’ai-je vécu alors ! Ô Valgius, je n’aurais pas connu les tristes armes ni senti mon cœur palpiter aux accents de la trompette. Aujourd’hui on me traîne à la guerre, et déjà peut-être quelque ennemi porte le trait qui restera fixé dans mon flanc. | |

Ah ! protégez-moi, Lares de mes pères: c’est vous aussi qui m'avez nourri, lorsque, petit enfant, je courais à vos pieds. Et ne rougissez pas d’être taillés dans un vieux bois : ainsi vous habitâtes l’antique demeure de mon aïeul.

(1) Comparer le mot de Cicéron, ad Quint. fratrem, 1,3, 3 : quem

ego ferus ac ferreus e complexu dimisi meo. Le distique de Tibulle sera imité par Lygdamus, 8, 2, 1-2.

Qvis fuit, horrendos primus qui protulit enses ?

Quam ferus et uere ferreus ille fuit !

Tum caedes hominum generi, tum proelia nata et breuior dirae mortis aperta uia est.

An nihil ille miser meruit, nos ad mala nostra uertimus, in saeuas quod dédit ille feras ?

Diuitis hoc uitium est auri, nec bella fuerunt, faginus astabat cum scyphus ante dapes ; non arces, non uallus erat, somnosque petebat

securus uarias dux gregis inter oues.

Tunc mihi uita foret, Valgi, nec tristia nossem arma nec audissem corde micante tubam.

Nunc ad bella trahor, et iam quis forsitan hostis

haesura in nostro tela gerit latere.

Sed patrii seruate Lares : aluistis et idem, cursarem uestros Cum tener ante pedes.

Neu pudeat prisco uos esse e stipite factos : sic ueteris sedes incoluistis aui.

1-10 Rabent Par. || 3tum caedes Par.: tune c. AV || 4 et Par, :

tum AV ||5 an AV : atg || forsanetille nichil meruit Par. || 8 ad-. stabat:.. dapes : aptabat...merum Par.| sciphus habenf Fris. |] 2 sompnosq; Par. : somnumque AV | 44 Valgi Heyne, Have :

uulgi AV dulcis ç facilis Reid uigili Poslgate j 42 micante AV!':

tremente V? || 18 ueteris ç : -res AV£g

HIBULLE 020) A «178 On observait mieux sa foi, quand, objet d’un culte pauvre, le dieu avait sa statue de bois dans une étroite chapelle (1). On l’apaisait en lui offrant une grappe de raisin, ou en ceignant d’une guirlande d’épis sa chevelure sacrée ; et celui dont le vœu était exaucé lui apportait lui-même des gâteaux et, derrière lui, marchait Sa fille, toute petite, tenant un pur rayon de miel. Eh bien ! dieux Lares, écartez de nous les traits d’airain... et < vous aurez > comme victime une truie rustique de mon étable pleine ; je la suivrai avec un vêtement pur et je porterai une corbeille enguirlandée de myrte, ayant aussi des guirlandes de myrte sur la tête. 5

Puissé-je ainsi vous plaire! Qu’un autre soit vaillant dans les combats ; qu’il terrasse, avec l’aide de Mars, les chefs ennemis, pour que je puisse en buvant entendre un soldat me raconter ses hauts faits et le voir tracer du doigt, avec du vin, son camp sur la table.

Quelle folie de courir sur les champs de bataïlle au-devant de la sombre Mort ? Elle est tout près et furtivement elle s’approche à pas silencieux. Il n’y a pas de moisson sous la terre, pas de riche vignoble, mais le farouche Cerbère et le hideux nocher de l’onde stygienne ; là-bas, les joues déchirées et les cheveux brûlés, erre, au bord du marais ténébreux, une foule blême, Ah ! bien plus enviable est celui qu’une vieillesse tardive vient surprendre au milieu de sa postérité, dans une humble chaumière ! Il va

(1) Il s’agit du lararium, ici sous sa forme la plus simple, soit une cavité dans le mur au-dessus du foyer, soit quelque armoire (armarium) fixée contre le mur. Comparer Pétrone, décrivant une riche demeure, Satir., 29, 8 : Praelerea grande armarium in angulo uidi,in cuius aedicula erant Lares argentei positi Venerisque signum marmoreum et pyxis aurea non pustlla, in qua barbam ipsius (Trimalchionis) conditam esse dicebant.

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Tunc melius tenuere fidem, cum paupere cultu stabat in exigua ligneus aede deus ; EAN hic placatus erat, seu quis libauerat uua, seu dederat sanctae spicea serta comae ; atque aliquis uoti compos liba ipse ferebat postque comes purum filia parua fauum.

At nobis acrata, Lares, depellitetela, RUSS hostiaque e plena rustica porcus hara ; hanc pura cum ueste sequar myrtoque canistra uincta geram, myrto uinctus et ipse caput.

Sie placeam uobis : alius sit fortis in armis, sternat et aduersos Marte fauente duces, 30 ut mihi potanti possit sua dicere facta miles et in mensa pingere castra mero.

Quis furor est atram bellis arcessere Mortem ? Imminet et tacito clam uenit illa pede.

Non seges est infra, non uinea culta, sed audax 35 Cerberus et Stygiae nauita turpis aquae ; illic perscissisque genis ustoque capillo errat ad obscuros pallida turba lacus.

Quin potius laudandus hic est quem prole parata occupat in parua pigra senecta casa ! 40 Ipse suas sectatur oues, at filius agnos,

21 uua A : unam V'uuam V? || 28 ipse g corr. ç : ipsa AV || 25 lacunam agnouerunt ç distichon excidisse uidetur || 26 hostiaque e : hostia erit c || 30 aduersos V?gc : -s0 AV || 33-50 habent Par. || 33 arcessere Par. : accersere AV || 36 turpis ç : puppis AV pupis Par. th pauppis Par. n tristis Havet — nauita puppis atrox Cartault.|| 87 perscissisque Par. : percussisque AV perculsisque 6 || 39 quin AV: : quam Par. V’g {40 occupat AV : occulit Par. || 41. at À Par.:ut Vacc

suivant ses brebis,tandis que son fils suit les agneaux, et quand il rentre fatigué, il trouve l’eau chaude qu’a préparée sa femme. Ainsi je voudrais vivre ! Puissé-je voir mes cheveux devenir blancs et, vieillard,raconter les histoires du temps passé |

Cependant que la Paix féconde nos campagnes : la Paix éclatante de blancheur (1)ala première conduit sous lejoug recourbé les bœufs pour le labourage ; la Paix a nourri la vigne et renfermé le jus de la grappe, pour que la jarre: remplie par le père versât au fils le vin pur ; la Paix fait reluire hoyau et soc, tandis que les tristes armes du rude soldat sont, dans un coin obscur, surprises par la rouille. et, de retour du bois sacré, le paysan, un peu gris, lui, ramène en chariot femme et enfants à la maison.

Mais alors les luttes de Vénus sont chaudes, et la jeune femme éclate en plaintes contre celui qui lui a arraché les cheveux et a brisé sa porte ; les pleurs coulent sur ses tendres joues quelque peu meurtries : mais le vainqueur de son côté pleure du beau résultat obtenu par ses mains égarées ; cependant le folâtre Amour attise la querelle par les méchants mots qu’il suggère et reste assis impassible entre les deux combattants irrités. Ah ! c’est une pierre, un cœur de fer, celui qui frappe son amie : il précipite les dieux du haut du ciel. Qu'il suffise de déchirer et d’arracher de son corps son léger vêtement, qu’il suffise de défaire sa coiffure, qu’il suffise de lui tirer des larmes : quatre fois heureux l’amant dont la colère peut faire pleurer sa délicate amie ; mais celui qui a la main cruelle n’est

(1) Elle porte une robe blanche, symbole du bonheur, cf. ibid. 68. On la voit, sur certaines médailles, représentée comme une jeune femme tenant, dans la main gauche une corne d’abondance et dans la droîte une branche d’olivier ou le caducée de Mercure,

Elle était l’objet d’un culte à Athènes et à Rome. Un temple magnifique lui sera élevé, à Rome, par Vespasien.

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et calidam fesso comparat uxor aquam.

Sic ego sim, liceatque caput candescere canis temporis et prisei facta referre senem.

Interea Pax arua colat : Pax candida primum 45 duxit araturos sub iuga curua boues ; | Pax aluit uites et sucos condidit uuae, funderet ut nato testa paterna merum ; Pace bidens uomerque nitent, at tristia duri militis in tenebris occupat arma situs. 50

rusticus e lucoque uehit, male sobrius ipse, uxorem plaustro progeniemque domum.

Sed Veneris tunc bella calent, scissosque capillos femina perfractas conqueriturque fores ; flet teneras subtusa genas : sed uictor et ipse 55 flet sibi dementes tam ualuisse manus ; at lasciuus Amor rixae mala uerba ministrat, inter et iratum lentus utrumque sedet.

A lapis est ferrumque, suam quicumque puellam uerberat : e caelo deripit ille deos. 60 Sit satis e membris tenuem perscindere uestem, “sit satis ornatus dissoluisse comae, sit lacrimas mouisse satis : quater ille beatus quo tenera irato flere puella potest ; sed manibus qui saeuus erit, scutumque sudemque 65

46 curua AV : panda Par. th [n deest] | 49 bidens uomerque nitet [uitet th] Par. nitent emendauit Guyel : nitens [ex uidens corr. ul uidetur] uomer uiderit AV! bidens uomerque uigent V?g || at AV : sed Par. ç || 50 lacunam agnouit Haupt || 51 e lucoque V?g : e lutoque V: elutoque A || ipse ç : ipso AV || 55 obtusa Sealiger | 60 deripit cs : dir-AV || 61 perscindere AV : res-c

1-10 TIBULLE 78 propre qu’à porter bouclier et pieu et doit se tenir loin de

la douce Vénus.

Ah ! viens à nous, Paix bienfaisante, un épi à la main,

et laisse échapper à tes pieds les fruits du pli de ta robe blanche. |

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