LIVRE Ill . EYGDAMUS
A la suite du livre II de Tibuülle, l’Ambrosianus porte la : mention : Liber explicit secuhdus, Incipit tertius, et le Vaticatius : Albii Tibulli liber secundus féliciter éxplicit, Incipit tertius. Ce troisièmie livre a été subdivisé en deux par les Italiens du xve siècle ; la formation d’un quatrième livre
- est donc pas justifiée par la tradition manuscrite, |
Lé premier élément de ce livre, celui qui forme tout le troisième livre des Ziali, comporte six élégies d’un auteur -qui se nomme lui-même Lygdamus (2, 29). Elles se divisent en deux parties : d’uñe part les pièces 1 à 4 et la pièce 6, consacrées à Neaëra, nées d’une circonstance déterminée et probablement écrites dans un intervalle de temps
__asseZ court ; d’autré part la pièce 5, qui ne 6e rattache pas à la même aveñture, qui peut ne pas appartenir à la même époque et qui, intercalée dans l’œuvre de Lÿgdamus, lui appartient vraisemblablèement.:
Quelle est cette aventure, à propos de laquelle la eriti: qué à tant discuté ét proposé bien des explications ?
Lyédamius aifné une jeune femme qu’il appelle Néaera et qui ést née dans üne maison distinguée (4, 92-94) ; elle l’a abandonné pour un autre, il s’efforce dé Ia ramener à lui, Voilà Œui n’est pas contesté, Mais c’est sur la nalure
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deleurs relations que portent les divergences descommentateurs. Voici l'explication qui se dégage du texte. Lygdamus était engagé avec Neaera d’accord avec les parents de la jeune fille (2,13; 4, 93-94) et elle devait être sa femme . (2, 4, 30 ; 4, 60). Dans sa sincérité et sa naïveté juvéniles, il a cru que son amour serait éternellement partagé (6, . 47-56). Mais Neaera lui a préféré un autre homme (4, 58-
60), d’humble condition (6, 60), et s’est détournée de lui. Lygdamus se résigne avec peine à ne plus voir en elle qu’une sœur (1, 23, 26) ; il garde l’espérance d’appeler un jour sa femme (1, 26-28) celle que, malgré son infidélité, il
aimera toujours (1, 6 ; 6, 56). Il cherche à regagner son
cœur par de touchantes poésies ; il lui envoie sous une élé- : gante parure un exemplaire des vers inspirés par elle (pièces 1 à 4). Il ne veut pas croire à une rupture définitive ; il remplit le ciel de ses vœux etfait brûler l’encens . pour le « doux retour » de son amie (3, 27, 35). Il s'efforce de la ramener en donnant àsa plainte uneallure plus solennelle et en faisant appel au sentiment religieux de Neaera : Apollon lui est apparu en songe et lui a ordonné de pro- | mettre en son nom à la jeune fille une union légitime et heureuse (4, 77-80). Neaera demeure insensible ; divers sentiments se succèdent dans le cœur du poète : après le désespoir, c’est le dépit et la colère (6, 25-26, 37, 45-52), la vanité offensée (6, 60), qui luttent contre son amour (6, 29-30, 33-36, 53-56), et qui, encouragés par le vin et les convives, l’aident à chasser le chagrin (6, 57-64). Tel appa- . raît ce petit roman d'amour, un peu banal, assez touchant, sincère, et dont ces élégies nous font connaître quelques moments, resserrés probablement dans un espace de temps assez restreint.
Quant à Lygdamus lui-même, il a été confondu avec