LIVRE III
entre la poésie de Lygdamus et celle d’Ovide, si nous songeons aux liens qui ont pu exister entre les deux hommes ? Car, parmi toutes les identifications que la critique a proposées, celle de Lygdamus avec le frère aîné d’Ovide (1) reste aujourd’hui la seule vraisemblable et aucune des réfu- -tations qui ont été tentées de cette DSpotRase (2) ne résiste à l’analyse.
Ovide nous apprend, dans son autobiographie (Trist., 4, 10) qu'il avait un frère, son aîné d’un an jour pour jour, v; 10-11 ;
. Qui tribus.ante quater mensibus ortus erat; Lucifer amborum natalibus adfuit idem.
Le jeune homme reçut, comme son cadet, une brillante éducation (v. 15-16); fort doué pour la parole, il se destinait au barreau (v. 17- me Il mourut dans sa 21° année, v. 31-32 :
Jamque decem uitae frater geminauerat annos, - cum perit, et coepi parte carere mei,
Avec ces détails s’accorde tout ce que nous apprennent les pièces de Lygdamus : il se dit aussi né en 44 (3). Les Ovide étaient d'une famille équestre : Lygdamus appar-
(1) Elle a été indiquée par G. Doncieux, Rebue de Philoloÿte, t, XII, 1888, p: 129-134, Sur la personnalité de Lygdamus. Je l’ai moi-même étudiée et soutenue dans un mémoire présenté pour le diplôme d’études supérieures classiques à la Faculté des Lettres de Paris, en 1906. Elle à été a pat Fr. Plessis, Histoire de la Poësie latine, 1909, p. 365sq
(2) Par exemple par dé 1à Vite dé Misioht, Etude critique sur le poète Lygdamus, Paris, Louvain, 1904 ; par À. Cartault, À propos du Corpus T'ibullianurn, 1906, p. 404- 405, et Tibulle, 1909, p. 74sqq. ; par Kirby Flower Smith, The Elegies "of Albius Tibullus, New-York, 1913, p. 76.
(3) Si l’on éntend Nataleïn (élég. 5, 17), comme le faisait déjà de Golbéry, au sens de « jour anniversaire de l4 naissance ». Cetté interprétation paraît plus naturelle qué célile de « jour dé nais-