MERS
154 LYGDAMVS
Vos ego nunc moneo : felix, quicumque dolore
alterius disces posse cauere tuos.
Nec uos aut capiant pendentia bracchia Ce
aut fallat blanda sordida lingua fide ;
-etsi perque suos fallax iurauit ocellos Iunonemque suam perque suam Venerem,
nulla fides inerit : periuria ridet amantum Tuppiter et uentos inrita ferre iubet.
Ergo quid totiens falläcis uerba puellae conqueror ? Ite a me, seria uerba, precor.
Quam uellem tecum longas requiescere noctes
et tecum longos peruigilare dies, perfida nec merito nobis inimica merenti, perfida, sed, quamuis perfida, cara tamen !
Naida Bacchus amat : cessas, o lente minister ? Temperet annosum Marcia lympha merum.
Non ego, si fugit nostrae conuiuia mensae __ ignotum cupiens uana puella torum, sollicitus repetam tota suspiria nocte.
Aire puer, i, liquidum fortius adde merum.
Jam dudum Syrio madefactus tempora nardo debueram sertis implicuisse comas.
43-44 felix... tuo habent Fris. Par. || 44 disces Fris, AV Plant. :
didicit Par. || cauere F Fris. Par. : carere AV Cui. Plant.
|| tuos
F : tuo Fris. AV Cui. Plant. suum Par. tuom Baehrens||43-46 habent Par, || 45 ne uos decipiant Par. || 46 aut fallat ; nec capiat Par. |sordida : subdola Heinsius||fide AV g Cui, Plant. : prece Par. | 47 iurabit ç || 51 quid ç Plant, : qui AV Cui, || 52 habent Fris. ||
precor : procul ç || 59 fugit A ;-giet V -giats(|G2iF : 63 Syrio c:tyr-AV Cui, Plant.
et AV ||
PANÉGYRIQUE DE MESSALLA
Le Panégyrique est un poème de félicitations adressé à Messalla à l’occasion de son entrée en fonctions comme consul, en 31 av.J.-C. (1). L’auteur, qui reste pour nous un inconnu (2), paraît être un jeune poète du cercle de Messalla ; son poème aura été trouvé soit dans les archives de Messalla soit dans les papiers laissés par Tibulleet joint au recueil des œuvres de celui-ci. Il n’a pas un talent original et vigoureux et sa pensée est sans grandeur ; il montre vis-à-vis de son protecteur une humilité qui était étrangère à Tibulle. La composition du poème manque de la souplesse tibullienne : elle est chargée de rhétorique, gauche, faite de pièces et de morceaux et comme à tiroirs, En voici l’analyse : |
V. 1-17. Exorde,modeste et insinuant. Le poète annonce qu’il va chanter Messalla, et, s’excusant de la faiblesse de son talent, si au-dessous des exploits de son héros, il le prie d’accueillir avec bienveillance son poème et de l’encoura-
(1) Cette date résulte du fait que l’auteur résume la carrière militaire de Messalla jusqu’au début de son consulat et, pour l’6poque qui suit, procède par évocation de l’avenir et prédictions hyperboliques, que les événements n’ont pas confirmées.
(2) L'identification avec Tibulle n’est plus soutenue et ne saurait guère l’être, tant la personnalité et l’art de l’auteur apparaissent au-dessous de tout ce que nous avons vu de Tibulle. Némethy (Lygdami Carmina,Budapesth, 1906, p. 89 sqq.) a essayé d’attribuer le Panégyrique à Properce, maïs pour des raisons assez extérieures et peu décisives,