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INTRODUCTION XIII

leçons correctes et d’une valeur équivalente à celle dé la tradition de AV qui proviennent de la même sôurce qu'eux: il faut donc les faire intervenir méthodiquement ‘en concurrence avec les deux mss. complets (1). 1 Viennent enfin les mss. inférieurs, dits deleriores où Ilali(s), qui ont été utilisés dans les anciennes éditions et qui sont nombreux. On admet aujourd’hui que les bonnes leçons qu'ils contiennent ont été retrouvées par conjecture et sont dues à la sagacité des humanistes italiens du -xve siècle. Il y en a deux toutefois qu’il faut distinguer parmi eux. Le premier est le Guclferbytanus August. 82, 6 fol., qui se trouve dans la blibiothèque ducale de Wolfenbuttel (G de Baehrens, g de Hiller et de Postgate) et qui semble dater de 1425. Baehrens s’en est beaucoup exagéré la valeur, mais il a par contre été trop dédaigné depuis et il y a lieu de tenir compte d’un certain nombre de ses leçons (2). Le second est le liber Cuiacianus utilisé par Sealiger, qui date de 1467, et qui, longtemps disparu, a été retrouvé par A. Palmer en 1876 ; Postgate a mentionné certaines de ses leçons (3).

Telles.sont les sources d’où procède le texte de cette édition et la méthode que j'ai suivie dans leur utilisation. Il est fondé surtout sur la récension de Hiller, précisée par Belling, pour les mss. complets. J'ai tenu compte des indications de Postgate pour la partie qu’il a fait vérifier et des rectifications de Calonghi. J'ai moi-même collationné à

(1) Cf. 1bid., p. 22. : ,

(2) La bibliothèque de l'Université de Paris possède la reproduction phototypique du Gueljerbytanus donnée par Fr. Leo en 1910 (Lugduni Batauorum) et son examen m’a amené à rectifier ou à préciser certaines leçons des éditions antérieures. Cf. Etude sur le lexte de Tibulle, p. 14-15 et 22.

(3) Tibulli carmina, 1905, Praefatio, p. vi sqq. — Cf. Eludesur

le texte de Tibulte, p. 15. — Pour les mss. collationnés par Calonghi, cf. ibid., p. 28.

nouveau les Excerpta Parisina et le Guelferbytanus,et j'ai

mentionné les résultats de cet examen soit dans l’apparat

critique soit dans l’ Etude sur le texte de Tibulle et des auteurs du Corpus Tibullianum. J'ai cité d’après Postgate

certaines leçons du liber Cuiacianus. J’ai trouvé bien des

cuggestions aussi dans l’édition d'A. Cartault (1909) dont

l’apparat critique est étayé d’une discussion des leçons

conforme aux principes de la critique verbale.

Enfin, je n'ai pas négligé les témoignages des :grammairiens (1).

Quant à la critique conjecturale, elle a un rôle assez important à jouer dans l’établissement du texte, puisque la tradition manuscrite est souvent altérée. Aussi les prin-. cipales conjectures sont-elles indiquées dans l’apparat critique. J'y ai fait une place spéciale à celles qu’une étude méthodique du texte a suggérées à M. L. Havet : il a bien voulu me les communiquer et, par là, conférer à cette édition un intérêt particulier (2). Qu'il en soit remercié. ici, comme pour l’aide que j’ai trouvée dans son Manuel de critique verbale (3).

Je ne pouvais songer à reproduire la graphie des mss. ou à mentionner les variantes orthographiques : l’orthographe des mss. est très incorrecte ; l’ Ambrosianus et les Excerpta Parisina écrivent toujours e pour ae; les confusions de lettres sont très fréquentes. Je me suis donc conformé, comme l’a fait Cartault, à la tradition qui consiste à admettre l'orthographe rétablie conjecturalement d’après les règles en vigueur au rer siècle.

(1) Cf. Etude sur le texte de Tibulle, p. 23-24.

(2) Cf. ibid., p. 25-80.

(3) Ainsi que dans les articles qu’il a donnés dans la Revte de Philologie et où il a précisé et exposé sa doctrine (Semi-conjectures

un d’Eschyle, t. XLN, janvier 1921; p.75, ét avrit 1921; P:. .

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