DIB. HE 9 = IV
PARCE meo iuueni, seu quis bona pascua campi seu colis umbrosi deuia montis aper,
nec tibi sit duros acuisse in proelia dentes ; incolumem custos hunc mihi seruet Amor.
Sed procul abducit uenandi Delia cura :
o pereant siluae deficiantque canes !
Quis furor est, quae mens, densos indagine colles claudentem teneras laedere uelle manus ?
Quidue iuuat furtim latebras intrare ferarum candidaque hamatis crura notare rubis ?
Sed tamen, ut tecum liceat, Cerinthe, uagari, ipsa ego per montes retia torta feram,
ipsa ego uelocis quaeram uestigia cerui et demam celeri ferrea uincla cani. |
Tunc mihi, tunc placeant siluae, si, lux mea, tecum arguar ante ipsas concubuisse plagas :
tunc ueniat licet ad casses, inlaesus abibit,
ne ueneris Cupidae gaudia turbet, aper.
Nunc sine me sit nulla Venus, sed lege Dianae,
2 umbrosi A : -sia V! || 8 praelia F : pectore AV pectora &ç || post 4 uersus duo uel plures excidisse censet Postgate || 5 abducit A : add-Vi || 10 hamatis habent Fris. | 18 ne V? g Cui. Plant. : da
AV: | 19 nunc ç : tunc AV Plant,
20 sir sans moi, mais, pour obéir à la loi de Diane, chaste enfant, touche tes filets d’une main chaste ; et que celle qui cherche à se glisser furtivement auprès de l’objet que j'aime, tombe au milieu des bêtes féroces et se fasse mettre en pièces.Mais toi, laisse à ton père le plaisir de la chasse, et reviens vite te jeter daris rhes Bras:
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caste puer, casta retia tange manu :
et, quaecumque meo furtim subrepit amori, incidat in saeuas diripienda feras.
At tu uenandi studium concede parenti, et celer in nostros ipse recurre sinus.
21 et AV :at F || subrepit AV! Plant. : -pet V' Cui.
Viens en ces lieux délivrer de ses maux une délicate jeune femme, viens en ces lieux, Phœbus, fier de ta longue chevelure(1); crois-moi, hâte-toi,et tu ne regretteras plus, Phœbus, d’avoir approché de la beauté tes mains qui guérissent, Fais que la maïgreur ne consume point son corps pâli et qu’un vilain teint ne flétrisse pas une
peau si blanche, et, que tout le mal qu’elle souffre, que
tout ce que nous appréhendons de triste soit entraîné à la mer parle cours rapide d’un fleuve (2). Dieu vénérable, viens apporter avec toi tous les sucs et tous les secrets magiques qui soulagent les êtres affaiblis ; et ne tourmente point un jeune homme qui redoute pour son amie une issue fatale et fait en faveur d’une maîtresse des vœux sans compter ; tantôt il formule des vœux, tantôt, en la voyant languir, il prononce d’amères paroles contre les dieux immortels. Oublie tes craintes, Cerinthus : ledieune frappe point les amants ; continue seulement d’aimer : le salut de ton amie est certain ; il n’est pas nécessaire de pleurer : les larmes seront mieux de saison, si jamais elle se montre pour toi moins souriante. Pour le moment elle est toute à toi ; à toi seul vont toutes les pensées de son âme loyale, et
(1)-Cf. supra 1, 4, 37-38 et p. 33, n. 4.
(2) Allusion à la coutume de jeter dans l’eau d’un fleuve tout ce qui avait servi à purifier un malade, le soufre notamment (cf. 1, 5,
11) ; cette expiation était censée emporter avec les souillures le mal et la faute qui l’avait causé. Cf. Ovide; Fast. 6, 227 sq., 713 sq.
ETB. III. 10 = IV. 4 -
Hvc ades et tenerae morbos expelle puellae, huc ades, intonsa Phoebe superbe coma ; crede mihi, propera, nec te iam, Phoebe, pigebit formosae medicas applicuisse manus.
Effice ne macies pallentes occupet artus, 5 neu notet informis candida membra color, et quodcumque mali est et quidquid triste timemus, in pelagus rapidis euehat amnis aquis.
- Sancte, ueni, tecumque feras, quicumque sapores, quicumque et cantus corpora fessa leuant ; 10 neu iuuenem torque, metuit qui fata puellae uotaque pro domina uix numeranda facit ; :
interdum uouet, interdum, quod langueat illa, dicit in aeternos aspera uerba deos.
Pone metum, Cerinthe : deus non laedit amantes ; 15 tu modo semper ama : salua puella tibi est ;
nil opus est fletu : lacrimis erit aptius uti, 21 si quando fuerit tristior illa tibi. 27302 At nunc tota tua est, te solum candida secum 17
cogitat, et frustra credula turba sedet.
6 candida 6 : pallida AV Plant. languida Rigler || 7 quidquid À : quicquid V || 8 rapidis V g:rab-A || eueat A1 | 17 sqgq. iustus uersuum ordo exstat in G || 17 at V : ac A
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c’est en vain qu’une foule pleine d'illusions l’assiège. Phœbus, sois favorable : ce sera une grande gloire pour 20 toi, en sauvañt un être, d’en avoir rendu deux à la vie. 23 Tu vas être célébré, tu vas être radieux, quand tu les verras l’un et l’autre radieux acquitter à l’envi la dette 25 de la reconnaissance äu pied de teS äutels sacrés; alors tu seras appelé heureux par la pieuse foule des dieux, et chacun d’eux enviera ton art.
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Phoebe, faue : laus magna tibi tribuetur in uno corpore seruato restituisse duos.
Iam celeber, iam laetus eris; éum debita reddet certatim sanctis laetus uterque focis ;
tunc te felicem dicet pia turba deorum, ôptabunt artes et sibi quisque tuas.
23 laetus : laut-Haupt.
Le jour qui t’a donné à moi, Cerinthus, devra toujours être considéré par moi comme un jour sacré, comme un jour de fête : quand tu es né, les Parques ont annoncé pour les jeunes filles un esclavage non encore vu et t’ont fait le don d’une orgueilleuse domination. Je brûle, moi, plus que toute autre : j'aime, Cerinthus, le mal dont je brûle, pourvu que tu partages ma flamme ; que notre amour soit mutuel, jet’en conjure par de bien doux larcins et par tés yeux et par ton Génie. Bon Génie (1), accueille cetencens avec bonté et sois favorable à mes vœux, si toutefois ma pensée échauffe son cœur. Que si par hasard il soupirait dès à présent après d’autres amours, alors, je t’en prie, dieu vénérable, abandonne un foyer infidèle. Et toi, Vénus, ne sois pas injuste : fais que nous te servions Pun et l’autre sous la même chaîne, ou bien allège la chaîne qui pèse sur moi; mais plutôt restons l’un et l’autre liés si solidement que jamais jour à venir ne puisse nous déta-= cher. C’est le vœu aussi que forme mon jeune ami, mais
. il le forme moins ouvertement: il n’ose point prononcer
de pareils mots en public. Mais toi, dieu du jour anniversaire, puisquetues un dieu qui lis dans les cœurs,exauce ses vœux : qu'importe qu’il t’implore en secret ou publiquement ?
(1) Cf. supra p. 90, n. 2. Elle invoque le Génie de celui qu’elle aime, comme le poète invoque la Junon de la femme aimée, 3, 19,