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Baylac, Un cas de lorlicolis mental ou tic du typographe

mouTcmenls conAulsifs d'écartement ou de rapprochement, les coudes venant frappper brusquement la paroi thoracique.

Les tics de frappement (coup de poing que le sujet se donne à lui-mèmej, ont pour point de départ une sensation anormale (démangeaison, petite douleur) que le sujet cherche à atténuer. Les tics de ce genre peuvent être à leur tour l’origine de douleurs locales résultant des cliocs réitéi'és. Bien ([ue ces nouvelles sensations soient la conséquence même des mouvements nerveux;, les sujets ont toujours tendance à croire l'inverse. Il importe de leur démontrer leur erreui" '.

On voit peu de tics des mains et des doigts présentant des caractères de hrusquei'ie, de répétition et d’inopportunité; mais on observe très l'ré- (|uemment des mouvements intempestifs des doigts et des mains, qui n’ont pas le caractère convulsif, et ([ui cependant se répètent toujours les mêmes, sans raison. Ce sont des gestes stéréotypés, reconnaissant d’ailleurs même patliogénie que les tics. Tels sont les mouvements de grattage. Certains liqueurs entretiennent perpétuellement sur leur visage de petites plaies qui deviennent l’oidgine de cicatrices chéloïdiennes. D’autres cassent leurs ongles avec leurs doigts ; d'autres arrachent ou brisent leurs cils (Raymond et P. Janet’), leurs sourcils, les poils de la barbe ou les cheveux. Toutes ces formes de trichoplastie ou de trichoclaslie peuvent coexister avec des tics véritables; elles s'observent aussi isolément.

Tics du tronc. — Tous les muscles qui s’insèrent sur la cage thoracique peuvent présenter des mouvements convulsifs. La plupart de ces muscles ayant un point d'attache sur les os des membres, ceux-ci participent souvent aux tics du tronc. Les muscles llécbisseurs ou extenseurs du li'onc peuvent, il est vrai, être atteints isolément. lien rèsuUc (\c?> mouvements de salutation ou de balancenicnt, (pii se repi'oduisent de façon rglhmigue; on les observe surtout chez les idiots cl dans l’hystérie. Les vrais tics du tronc se traduisent par des tressautements hi-us([ues et répétés.

Les contractions toniipies permanentes des muscles du tronc donnent lieu à des déformations Atiriées : cyphoses, scolioses, qui accompagnent souvent les tics de forme cloniipic ; elles sont fréipienles dans le torticolis mental.

Un certain nombre de muscles du tronc cl de l’abdomen coo})éranl aux actes respiiuloircs, entrent enjeu dans les tics respiratoires.

Tics des membres inférieurs. — Ils sont moins fréipienls ipie ceux des membres supérieurs et existent rarement à l'état isolé. Le plus fréipient est le coup-de-pied que se donnent les malades en marchant, frappant une de leurs cbeA illcs avec la pointe ou le talon du pied op[)Osé; d’auli-cs lancent leur coup de pied dans le vide, en avant, sur le cédé, ou en arrière comme une ruade. D’autres enfin frappent du pied sur le sol, assis ou debout.

1. Henry Meige et E. Fende), Remarques clini<[ues et lliérapciitiqnes sur (iuel(iues tics de l'enfance, Conf/rès de Pau, I'.'04; .tournai de neurologie, 1904.

2. Raymond et P. Janet, Névroses et idées fi.ves, vol. Il, p. 388. — lîaymond, Tic d’une femme qui s’épile. Journal de médecine interne, la oct. 1902. n" 20, p. 193; R. N., 1903,

Il y a une infinité de tics de la marche, qui ne sont que des fantaisies motrices introduites dans la marche normale par l’imagination des ticpieurs. Parfois ce sont des arrêts hrusques, sans cause, ou une llexion subite des deux genoux (G. Guinon). Oddo‘ a rapporté un cas de tic de gémifle.rion, provoqué par la recherche de craquements articulaires dans la hanche et le genoux. Raymond et Janet ^ parlent d'une femme qui, au bout de quelques pas, tombe sur les deux genoux. Ils citent aussi deux cas de tics du pied ^

Il existe aussi des tics de saut, à commencer par le changement de pas ou \epas de polka, intercalé abusivement dans la marche. Les uns sautent sur un pied, d’autres sur les deux, comme à pieds joints, et progressent par une-séi‘ie de bonds.

D’une façon générale, chez la majorité des tiqueurs, la marche se fait d'une façon incorrecte. La plupart marchent extrêmement vite, comme ils parlent très vite. Certains intercalent entre plusieurs pas réguliers des pas de course avec llexion des genoux. Il en est (pii se baissent brusquement de temps à autre pour toucher le sol avec leurs mains.

On doit rapprocher de ces faits ceux qui ont été décrits à l'étranger sous le nom de Jumping du Maine, en Amérique (Beardj, Latah dans les îles Malaises (O'Brien), Mgriachit en Sibérie (Hammond), Hamaneniana à Madagascar (Ramissiray). Ces accidents, qui surviennent avec un caractère épidémique, sont de la même famille que les chorées dansantes, saltatoires (ci'ampes saltaloires de Bamherger) ; ils sont à rapprocher des épidémies de danse de St-Gny, Tarentisme, etc., si fi’é(|uentes au moyen âge, et dont on trouve encore aujourd'hui une réminiscence dans la procession dansante d'Echternach ‘.

Tics respiratoires. — Les tics respiratoires ne sont pas rares. Ils sont caractérisés par des mouvements hrusques et intempestifs d'inspiration ou d’expiration, ou encore par des arrêts inopinés, qui viennent troubler le rythme régulier et normal de la fonction respiratoire; Certains actes expirateurs hnisqucs sont consécutifs aux tics des membres supérieurs ou du tronc.

Tous les muscles ipii coopèrent à la respiration peuvent entrer en jeu et tout particuliérement le diaphragme et les muscles abdominaux; presfpie toujours il s’y joint des mouvements synergiipies des muscles du nez, des lèvres, de la langue, du voile du palais, du pharynx, du larynx, (|ui se traduisent par le reniflement, le ronflement {rhinchospasme, Oppenheim), le soafflement. Quelquefois ils alternent avec des crises de bâillement ou û'êternuement. La plupart de ces tics reconnaissent comme point de départ un coryza, ayant justifié au début des mouvements hrus(|ues d'aspiration ou (i’exi)iration, afin de dégager les fosses nasales des mucosités (jui les

1. Oddo, Tic de gémillexion, Marseille medical, t5 mars 1902.

2. Itaymond cl P. Janet, Sévroses et idées fij-es, I. Il, p. 391.

3. Haymond el P. Janet, Noie sur deii.x lies du pied, i\ota\ Iconoffraphie de la Salpétrière. |S99, n" Tu p. 353.

4. Henry .Meige, La Procession dansante d’Ecliternacli, Nouv. Iconographie de la Salpétrière, juillet-août 1904.

encomijrent. Les végétations adénoïdes rliino-pharygiennes jouent ici un rôle étiologique important.

Le sifflement, lorsqu'il se produit de façon brusque et brève, est bien un tic. Le sifdeinent modulé n’est qu'une habitude stéréotypée.

Il y a des tics de tour, dont le point de départ est une légère inflammation pharyngée, laryngée ou trachéale, la toux convulsive persistant après la disparition de la cause provocatrice. L’asthme, dont la nature névropathique n’est pas douteuse, peut aussi favoriser l'éclosion des tics respiratoires. Beaucoup de petites toux brèves, explosives: hem! hem ! sont ainsi de véritables tics. Les bruits produits sont extrêmement variables; ils peuvent simuler le sanglot et le hoquet. Les tics de spoliation sont aussi très fré(iuents, Ils atteignent une intensité exceptionnelle cliez certains obsédés (G. Guinon. Séglas).

Tics de déglutition. Tics aérophagiques. — La fonction de déglutition est souvent troublée, soit par des contractions brusques, intempestives des muscles du pharynx et du voile du palais; soit par des contractions forcées, permanentes, de ces muscles. Certains sujets font des efforts exagérément répétés de déglutition pour avaler leur salive.

Sous le nom de tics aérophagiques on a décrit des accidents caractérisés par une habitude intempestive de faire pénétrer l’air dans les voies digestives. L’air dégluti peut venir de l’extérieur ou du poumon. Au bout d’une série de déglutitions, l’estomac se 'trouve rempli d’aij', et celui-ci ne tarde pas à sortir sous forme d’éructations sériées (énictations en salves). Ces tics aérophagiques s’observent dans l’hystérie (Pitres) et dans nombre de vésanies (Séglas).

On observe également des hoquets et des nausées d’allure convulsive, assimilables aux tics. Dans tous ces actes, on reconnaît une organisation systématique des contractions musculaires en vue d’un but fonctionnel défini, mais assurément inopportun.

Tics phonatoires. — Les tics respiratoires méritent le nom de tics phonatoires (piand ils sont accompagnés d’un bruit laryngé. De tels bruits sont fréquents chez les grands tiqueui's; ils ne méritent vraiment le nom de tics (]ue lorsqu’ils sont brusciues et explosifs. Les plus simples sont des cris inarticulés : Ah! Eh! Otiah! etc., pi'oférés brusquement pendant le silence, ou venant entrecouper le discours. D’autres sont des cris imitatifs simulant Y aboiement, le grognement, le gloussement. Le caractère de brus- (juerie de ces bruits permet de les distinguer des sons vocaux inoi)porliins, comme par exemple les heu... heu!... de l’hésitation. Dans tous les tics phonatoires la fonction de phonation se manifeste d’une façon brusiiue et inopportune; il peut en résulter des troubles séiâeux du langage.

Une distinction est nécessaire : les troubles du langage qui ne se produisent qu'à l'occasion de ta parole méritent une place à part; ils ont d’ailleurs la plus étroite parenté avec les tics. Tels sont le bégaiement, le bredouillement, le zézaiement, le chuintement, etc., dont l’existence ne se révèle que par l’acte de parler et que rien ne peut faire soupçonner en dehors de la parole.

Le hégaiement n’est donc pas un tic véritable. Cependant, le bégaiement, comme le tic, apparait dans l’enfance, s’exagère à la puberté, est souvent héréditaire, s’observe toujours dans les familles de névropathes ou de déséquilibrés, coexiste ou alterne avec les tics ; il est sujet aux mêmes variations que ces derniers, sous l'inlluence des mêmes causes : il s’exagère par rémotion, s’atténue par le repos et l'attention; il est justiciable d'une même discipline psycho-motrice. Très souvent le bégaiement est lié à un trouble tantôt par excès, tantôt par défaut, de la fonction respiratoire. Chez le bègue, la systématisation de tous les actes musculaires nécessaires à la parole se fait de façon incorrecte : certains muscles agissent trop lard, d’autres trop tôt; mais surtout, le bègue parle toujours trop vite ; il no prend pas le temps nécessaire pour exécuter tous les actes du langage.

Plus compliqués (jue les tics de cm qui se traduisent par des sons inarticulés, les tics verbaux sont constitués par l'émission de syllabes articulées, de mots, et même de phrases, qui font explosion, soit pendant le silence, soit au cours de la conversation. Leurs variétés sont innombrables: Bn! la! Aba! Cousisi (Grasset). Les noms propres sont fré(|uents : Maria, Jésus-Marie-Joseph (Bail), Numa-Hélèue-Camitle (Pitres), etc. Toutes ces syllabes, mots, ou phrases involontaires sont prononcés impétueusement, inopportunément ; rien ne peut les retenir, leur émission est un besoin impérieux, irrésistible. Ils ont d’ailleurs au début une signilication logi(iue que les malades se rappellent généralement, puis ils deviennent des habitudes intempestives, de véritables impulsions verbales.

Lorsque le mot ainsi proféré- prend un caractère ordurier, on a alfaire à la coprolalie, manie blasphématoire de Verga. Gilles de la Tourelle en a fait un des caractères de la « maladie des tics convulsifs »; cependant la coprolalie n’est pas très fréquente chez les tiqueui’s; elle existe d'ailleurs indépendamment des tics (Magnan ). La coprolalie, au sens étymologique du mol, n'est ([u'iine manifestation du désé(juilibre mental, et peut ne pas all'ecter une allure convulsive; elle étonne surtout chez les sujets ipii, par leur éducation, semblent devoir éviter d'employer des termes triviaux et ordiiriers. Mais lors(pie l'émission verbale ordurière est d'une impétuosité extrême, lors(|u'elle (;st précédée d’un besoin irrésistible, lors(iu'elle a lieu en dehors du discours, il s'agit bien d'un tic coprolaUque.

On donne le nom (Véctiolalie à un trouble du langage <lans lequel le sujet répète involontairement, comme un écho, les sons (pi’il entend autour de lui, sons inarticulés, cris bumains ou animaux ou encore la dernière syllabe, le dernier mol, la dernière phrase entendus. Quebpiefois il s'agit de mots ipie le malade a lui-même prononcés {auto-écholalie).

L’écbolalie n’est pas nécessairement un tic ; elle existe dans un certain nombre d'alVeclions cérébrales orgauiiiues, chez (inebpies aphasicpies, chez les aliénés. GependanI, comme l’émission écbolalique est souvent d’nne brus(|uerie extrême, elle peut être assimilée à un tic, un tic d'imitation, — de même (jue Véchokiuésie, répétition involontaire des gestes vus. Dans l'écliolalie comme dans l'écliokinésie on peut reconnaîti’e la persistance et l'amplilication chez l'adulte de la [)ro[)ension que possèdent normale-

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