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ÉVOLUTION

Le tic est une affection essentiellement capricieuse.

Le début est presque toujours insidieux. 11 est rare qu'on s'aperçoive de la première manifestation motrice, volontaire et logique, qui se transformera plus tard en tic. Le geste initial no diffère en rien des actes de ta vie ordinaire; c’est peu à peu seulement que sa répétition incessante et inopportune, sa brusquerie, son irrésistibilité, font songer à un trouble patbotogiquc. Avant d’être constitué, le tic traverse une période d’hésitation et de tâtonnements.

Le tic a une tendance à envahir. Cantonné au commencement sur un ou deux muscles, il gagne un autre muscle, puis un autre encore; mais ce mode d’extension n’est pas commandé nécessairement par la distribution nerveuse anatomique.

Des tics anciens, (lui avaient disparu pendant quelque temps, reparaissent parfois brusquement. Plusieurs tics peuvent se superposer. Le tiiiueur, dont l'imagination est toujours féconde en bizarreries, sait, par des inventions motrices de son cru, modifier, parodier, caricaturiser de mille manières les actes fonctionnels.

Les tics sidjissent des inodilications continuelles en étendue, en fréquence et en violence; tous les liqueurs déclarent avoir de bons et de mauvais jours. Ces variations sont (piebpicfois inexplicables; plus souvent elles sont régies par des conditions extérieures ou intérieures; le repos, la solitude, le silence, l’obscurité, la distraction ont un effet sédatif; la fatigue, les agacements, les préoccupations de tontes sortes provoquent des exacerbations. Les maladies intercurrentes agissent de façons différentes; un simple malaise exaspère les tics; au contraire, une maladie grave, surtout si elle est fébrile, et surtout si le séjour au lit est prolongé, les calme; ils reparaissent avec la convalescence. Il y a toujours des rémissions, mais de durée très variable. La guérison peut survenir spontanément. L’aggravation est en relation directe avec le degré de contrôle exercé sur lui-méino ■par le ti(jucur.

Il existe une forme de tics d'une ténacité extrême et dont l'évolution progressive est caractéristi(iue. C'est à cette forme (pie Gilles de la Tourette a donné le nom de maladie des tics.

Cette forme débute, comme la plupart des tics, dans le jeune âge, vers sept ou huit ans, par de légères grimaces du visage; puis apparaissent des mouvements de la tête, des épaules et des membres supérieurs, des tics respiratoires et phonatoires, l’écliolalie, la copi-olalie, enfin des monvements convulsifs du tronc et des membres inférieurs. On y reconnaît toutes les variétés de tics qui ont été décrites précédemment; mais ici elles se succèdent ou se superposent, et leur extension toujours progressive

donne un caractère particulier à la maladie de Gilles de la Tourelle. Dans la hiérarchie des tics, elle représente l'apogée. En même temps que se généralisent et s’amplilient les troubles moteurs, on voit se développer et s’aggraver les troubles psychiques; des obsessions de tontes sortes, des délires épisodiques se succèdent; la démence peut être le terme ultime de la maladie de Gilles de la Tourelte.

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