PATHOGÉNIE
D’autres lies, et ils sont nombreux, ont pour origine une idée. L’idée crée l’acte initial. La même idée engendre le même acte; si elle reparaît fréquemment, l’acte se répète, et en se répétant, acquiert chaque jour plus de facilité à se répéter encore ; il devient une habitude, un acte automatique ; bientôt il peut se passer de l’intervention idéative pour se reproduire. C’est là le fait de toute éducation basée sur la répétition des mêmes actes. Rien d’anormal si les mouvements commandés par les idées sont exécutés correctement, sans excès dans leur forme, et s’ils demeurent adaptés à leur but. Mais il arrive parfois (lu’ils se reproduisent sans cause et sans but, qu’en outre ils subissent des modifications excessives; bref, ils deviennent exagérés et intempestifs ; alors ce sont des tics : troubles psychomoteurs, qui représentent l'adultération dans leur forme et dans leur destination d’actes logiquement reliés au début à des idées. Bien plus, l’idée initiale est souvent elle-même illogique, déraisonnable; sa manifestation motrice apparaît encore plus inopportune et plus absurde. Beaucoup de tics reconnaissent cette pathogénie; leur nature psycbopalliique est évidente.
La cause première des réactions motrices, gestes ou altitudes de défense qui constituent les tics, peut passer inaperçue. Il existe en effet une disproportion entre les excitations et les sensations douloureuses accusées pai' les malades. Une vive soutfrance peut les laisser indifférents; par contre, une minime douleur, une simple gêne, les exaspèrent. Ce déséquilibre sensitif joue un rôle de première importance dans la genèse des tics. Faire disparaître une sensation anormale, fût-elle insignifiante, tel est le but de certains gestes qui se transformeront en tics; faire un mouvement disproportionné pour atteindre ce but, telle est l’anomalie motrice initiale. Mais ce n'est pas tout. Lorsque la sensation a disparu, le malade s’attache à la faire renaître, et pour cela il renouvelle son mouvement. L’intention est d'ailleurs diamétralement opposée ; il ne s’agit plus d’atténuer, mais de raviver, la sensation déjà éprouvée. Pour y parvenir, les liqueurs exagèrent l’intensité et la rapidité de leurs mouvements, ils les répètent à satiété, jus(ju’à c(! qu’ils aient retrouvé l’impression première dont ils ont gardé le souvenir obsédant. De la sorte la manifestation motrice ac(iuiert rapidement le caractère convulsif; grâce à son incessante répétition, l’acte devient une habitude fonctionnelle, précédée d’un besoin de plus en plus impérieux. El de même ({u'au début le sujet ressentait une satisfaction lorsqu’il avait atténué une sensation douloureuse, de même, maintenant, il n’est satisfait que lors(ju’il a réveillé cette sensation. Cet acte violent, répété à l'excès, inopportun et parfois nuisible, c’est le tic. Il témoigne bien d'un désé(|uilibre mental, d’une surveillance mal pondérée des actes moteurs.
On voit que Vhabiiude joue un rôle capital dans la genèse des tics. On a déciât des lies d'habitude-, ce nom est applicaljle à tous; le tic, quel (lu’il soit, est une maladie de l’habitude, « une habitude (|ui, par sa persistance, prend un caractère pathologique » (E. Dupré). L’habitude, on le sait, se constitue par la répétition des mêmes actes; ainsi du tic, oii, par surcroît, la répétition se fait hors de propos et avec excès. Certaines habitudes n’ont d’anormal que leur inopportunité : le tic est un acte habituel
non seulement déplacé, mais exagéré dans l'espace et dans le temps.
Les tics sont des troubles fonctionnels. Bien que le terme de « fonction » soit très compréhensif, les phénomènes auxquels il s’applique présentent cependant entre eux des caractères communs. Il suflit de retenir ici (lu’on retrouve dans toute fonction la répétition d’un même acte, le besoin (pii précède son exécution, et la satisfaction qui lui succède. Ces caractères appartiennent aux tics, et même ils sont souvent très exagérés. La répétition est outrancière, le besoin impérieux, suivi d’une satisfaction extrême. Dans toute fonction, l’importance du besoin apparait surtout loi'squ’il n’est pas satisfait, lorsque l’acte est retardé; il devient d’autant plus impérieux que le sujet se contient plus longtemps. Le liqueur qui comprime ses tics souffre d’un malaise disproportionné; lorsqu’il peut tiquer à sa guise son soulagement est également déraisonnable.
Certains tics peuvent être considérés comme des anomalies d’actes fonctionnels connus; la nictitation se transforme en tic de clignotement; le tic aérophagique est un trouble de la fonction de déglutition, etc. Enlin, beaucoup de tics sont des actes fonctionnels imprévus, inopportuns, souvent même préjudiciables. Il en est qui sont assimilables à des fonctions non velles, mais intempestives, fonctions parasites, actes reliés à des idées absurdes, à des phobies, dont l’apparition et la persistance témoignent une fois de plus de l’imperfection mentale.
ÉTIOLOGIE
Les tics existent à tout âge, sauf chez les très jeunes enfants (Meige et Feindel, Pitres). Il est rarissime de les voir apparaitre avant la cinquième année. C’est entre six ou huit ans qu’ils débutent par de petites grimaces faciales. D’autres fois, le début se fait seulement à l’époiiue de la puberté. CeJ'tains tics surviennent à l’âge inùr; d’autres à l’.approcbe de la vieillesse; ceux-ci sont d’im pronostic fâcheux*. En somme, les époiiues où les tics apparaissent de préférence co’incidenl avec les âges oi’i se produisenle chez l’individu des transformations pliysiques et psycliniues importantes : le début de la seconde enfance, la puberté, la veillesse, chez les femmes la ménopause. Le sexe n’a aucune inllueuce.
Parmi les causes prédisposantes, Yhérédité névropathique et psgrhopa- Ihique sous toutes ses formes joue un rôle capital. Celte hérédité est souvent similaire. Il y a des familles de li(|ueurs, pendant plusieurs générations, et ces tics peuvent êli'e semblables ou dilïérenls. A défaut de tics, on retrouve chez les ascendants ouïes collatéraux des tares névropatbiipies ou psycbopatbi(iues de toutes esi)èces : migraine, diabète, hystérie, épilepsie, neurasthénie, manies diverses, obsessions, impulsions, phobies, etc. Sou veut aussi on rencontre des all’eclions organitiues du système nerveux, hémiplégie, aphasie, et même la paralysie générale; il n’est pas rare de renconlrei" aussi parmi les ascendaids dos ti(iueui‘s des sujets d une hante inlelleclualité.
1. Parant, Meigu, Congrès de Grenoble, 1902. — Hev. neuroL, 30 août 1902.
SYMPTOMATOLOGIE
Uimitation joue un grand rôle dans la genèse des tics, surtout chez les enfants. Souvent d’ailleurs l’acte d’imitation s’accompagne de la préoccupation obsédante d’imiter (G. Guinon). Il importe cependant de distinguer un groupe d’actes d’imitation, qui se produisent en dehors de l’intervention volontaire et consciente : tels sont les phénomènes décrits sous le nom d’échokinésie, échomimie, écholalie. Ces actes témoignent d’un déficit passager ou définitif du contrôle cortical, et ce déficit est fréquent chez les tiqueurs; on le retrouve d’ailleurs dans nombre d’affections mentales, dans certaines formes de démence précoce en particulier, et même au cours de quelques affections organiques du système nerveux, dans le ramollissement cérébral, ainsi que dans les intoxications telles que l’urémie.
Le travail cérébral exagéré favorise l’apparition ou la recrudescence des tics, en accaparant à son profit toute l’activité corticale, qui néglige d’exercer la surveillance sur les actes moteurs. L'oisiveté n’est pas moins funeste. Le tiqueur inoccupé ne pense qu’à ses tics et s’ingénie à les perfectionner.
La mauvaise éducation est une des causes principales, sinon de l’éclosion, du moins de la persistance et de l’aggravation des tics chez les jeunes enfants. Les jeunes liqueurs sont des enfants gâtés, auxquels l’insouciance et la faiblesse de leur entourage, permettent de prendre toutes sortes d’habitudes fâcheuses, motrices ou autres. Les désaccords familiaux viennent souvent aggraver les méfaits d’une éducation déplorable. Beaucoup de tics du jeune âge pourraient être corrigés par les seuls parents, comme toutes les mauvaises habitudes de l’enfance. On croit à grand tort qu’en attirant l’attention d’un tiqueur sur ses tics on le pousse à les exagérer; bien au contraire : il ne faut pas se lasser de le rappeler à l’ordre.
On ne peut songer à donner la liste des causes provocatrices des tics; elles varient à l’infini, suivant les sujets et suivant les localisations convulsives. Les causes les plus fréquentes seront signalées plus loin à propos des différentes espèces de tics.
SYMPTOMATOLOGIE
Les caractères objectifs des réactions motrices des tics sont très variables. Cette variabilité les distingue des troubles moteurs fi-ancbement spasmo- ’diipies, beaucoup plus uniformes. Deux tics ne sont jamais superposables, jamais exactement les mêmes chez tous les sujets ni chez le même sujet d’un instant à l’autre; deux spasmes au contraire peuvent se caliiuerl’un sur l’autre, si la cause irritative qui les provoque porte sur les mêmes conducteurs nerveux commandant le même territoire musculaire.
Dans le tic, la localisation des réactions motrices est physiologique, fonctionnelle. L’acte peut être exécuté par un seul muscle, si ce muscle a tout seul une destination fonctionnelle. Plus souvent, divers muscles entrent en jeu, leurs contractions synergiques étant nécessaires à l’exécution de l’acte fonctionnel. On observe parfois des suppléances ; (piand deux muscles différents, fussent-ils innervés par des nerfs ditférenls. permettent d’exécuter un même geste, on peut les voir entrer en jeu à tour de rôle.
Deux muscles symétriques peuvent agir ensemble, lorsque leurs contractions simultanées concourent à l’exécution d’un geste unique; par exemple, les muscles de la mimique faciale. Cependant, les localisations dimidiées ne sont pas rares; en tout cas, il est très fréquent que les tics soient plus nombreux et plus violents sur une moitié du corps. Cette dimidiation ne prouve pas nécessairement l’existence d'une lésion organique unilatérale. Elle témoigne simplement d’une différence entre les aptitudes motiâces des deux moitiés du corps. Cette asymétrie fonctionnelle est presque constante; elle existe chez la grande majorité des individus; mais la différence est généralement si faible qu’elle passe inaperçue. Elle devient au contraire très apparente chez les déséquilibrés, qui sont, à tous égards, des asymétriques; elle concorde souvent avec une asymétrie corporelle, considérée ajuste titre comme un des plus fréquents stigmates physiques de dégénérescence.
Exceptionnellement, un tic peut atteindre une seule portion d’un muscle anatomiquement défini, lorsque les différentes portions de ce muscle ont des destinations fonctionnelles différentes (le deltoïde, le trapèze, etc.). Mais les contractions fasciculaires ou fibrillaires n’appartiennent pas au tic.
On arrive presque toujours à imiter le mouvement du tic; on y parviendrait certainement toujours en faisant l’éducation de ce mouvement, c’està-dire en le répétant aussi souvent que le font les liqueurs; au contraire, il n’est pas toujours possible, il est souvent môme absolument impossible, d’imiter volontairement le mouvement d’un spasme.
Si les manifestations motrices du tic sont très variables dans leur forme, elles le sont aussi dans leur siège. Chez les jeunes sujets surtout, les tics sont essentiellement migrateurs : ils passent de la face aux épaules, des épaules aux bras, aux jambes, pour revenir à la face, et gagner les muscles du tronc, etc.
La forme de l’acte convulsif est également sujette à de grandes variations. Lorsqu’il s’agit de mouvements cloniques la rapidité et l'intensité des contractions musculaires peuvent affecter tous les degrés; il y a des tics relativement lents; il en est d’extrêmement brusques; leur violence est également sujette à de nombreuses variations, non seulement d’un sujet à l’autre, mais encore chez un même sujet à des moments différents.
Lorsque les alternatives de contraction et de relâchement musculaire se succèdent avec un rythme régulier, on dit qiiel([uefois qu’il s’agit de tics rgthmiques. Ces mouvements rythmés, qui s’observent surtout chez les hystériques ou les idiots, représentent un type clinique aiKpiel il convient de réserver une place à part.
Le tic, quelle que soit sa localisation, son intensité, sa forme, après s’être répété un certain nombre de fois, cesse pendant un temps plus ou moins long. De là, des accès, de nombre et de durée variables selon les cas et suivant les moments. Si l’accès est violent, prolongé, une période de repos plus longue lui succède. Les malades peuvent toujours retarder pour un temps plus ou moins long l’apparition de leurs accès; ils peuvent aussi, par un effort de volonté et d’attention, ou sous l’influence d'une distraction, en
SYMPTOMATOLOGIE
modifier la forme et la durée. Après une période de contention soutenue, l’accès reparaît plus violent. La possibilité de retarder, d’atténuer, de suspendre l’acte convulsif suffit dans bien des cas pour porter le diagnostic de tic; ce caractère confirme à la fols l’absence du contrôle cortical au moment où le tic se produit et l’efficacité de ce contrôle sur le trouble moteur. Dans le spasme, au contraire, nul effort de volonté, d’attention, mille distraction, ne peuvent entraver le phénomène convulsif; si parfois une puissante intervention volontaire parvient à atténuer la contraction spasmodique, c’est toujours au prix d’un grand effort et pour un temps très limité.
Suivant que la convulsion est du type clonique ou du type tonique, on donne aux tics le nom de tics cloniques ou tics toniques-, les premiers sont de beaucoup les plus fréquents. Dans les tics toniques, la persistance de la contraction musculaire exagérée donne lieu, non plus à des mouvements brusques, intermittents, mais à des attitudes forcées, permanentes. Tels sont les clignements permanents des paupières, le trismus mental (Raymond et Janet), certaines formes de torticolis mental (Brissaud). Ces tics toniques ont pour conséquence des attitudes forcées des membres ou du corps : tics d’attitude.
Les tiqueurs ont recours à une foule de procédés bizarres pour atténuer ou dissimuler leurs tics : gestes singuliers, attitudes étranges, et toutes sortes de moyens de contention. Ces stratagèmes antagonistes sont efficaces pendant un certain temps, mais ne tardent pas à perdre leur vertu frénatrice. Bien plus, passant à l’état d’habitude, ils peuvent eux-mêmes devenir des tics surajoutés.
La sensibilité objective est conservée sous tous ses modes. La constatation d’un trouble sensitif doit immédiatement mettre en garde contre une erreur de diagnostic. Mais les troubles subjectifs sont fréquents. On a vu le rôle important qu’ils jouent dans la genèse des tics; la disproportion entre l’intensité de l’excitation et la douleur accusée par les malades permet de saisir le caractère psycbopatbi(pie de leurs doléances. S’il est vrai (lu’on a décrit sous le nom de tic douloureux une affection dans laquelle les souffrances sont atroces, intolérables, au point de conduire les patients au suicide, la maladie en question ne mérite nullement ce nom de tic; c’est une névralgie du trijumeau qui s'accompagne d’un spasme facial.
L’absence de troubles de la réflectivité est aussi la règle. Comme beaucoup de névropatlies, les tiqueurs peuvent avoir des réllexes vifs, exagérés môme. Si cette exagération se constate également des deux côtés du corps, elle n’a pas de valeur diagnostique. Parfois, on relève de légères dilférences entre l’intensité desréllexes tendineux des deux membres opposés ; il importe, tout en tenant le plus grand compte de ces différences, de se rappeler que la légère exagération observée du côté du membre tiqueur n’implique pas nécessairement l’existence d’une lésion organi(jue des centres ou des conducteurs nerveux correspondants; elle peut être simplement liée à l’hyperactivité fonctionnelle de ce membre. Ces minimes modifications de la réflectivité sont d’ailleurs fréquentes d’un jour à l’autre chez le môme
malade et même cliez les sujets sains. Dans quelques cas, on trouve une diminution de la rétlectivité : elle prête aux mêmes remarques. On peut aussi croire à l’absence complète des réflexes tendineux, leur recherche étant souvent entravée par un état de contraction musculaire forcée, une sorte de catatonisme, comparable aux phénomènes d’opposition, de négativisme décrits chez les obsédés, et qui apparaissent surtout au moment où le sujet est soumis à l’examen. Des recherches attentives et réitérées permettent d'éliminer cette cause d'erreur.
Dans le même ordre de phénomènes rentrent les faits suivants signalés chez quelques malades; une aptitude particulière à conserver des positions anormales du corps ou des membres, la difficulté ou même l’incapacité d’obtenir le relâchement de certains muscles [aptitudes catatonigues). Les tiqueurs sont aussi enclins à répéter avec excès les mouvements imprimés à leurs membres (échokinésie) comme iks sont enclins également à répéter les mouvements (pi'ils voient exécuter devant eux [échomimie). Ces phénomènes catatoniques et échopraxiques ne leur sont pas propres; on les observe dans un certain nombre de psychopathies. Ce sont des troul)les psycho-moteurs témoignant de l’insuffisance du contrôle cortical, manifestations d’une « activité passive » (Brissaud) dont on retrouve la présence dans tous les accidents catalepto'ides. C’est encore un mode de perturbation d’une qualité inhérente à tous les actes fonctionnels, la répétition, (pii devient ici excessive et inopportune. Le phénomène de la chute des bras est un procédé clinique qui permet de constater l’existence de l’aptitude catatonique ’.
On a d’ailleurs signalé chez la plupart des tiqueurs une sorte d’inhabileté, de maladresse dans l’exécution de certains mouvements. Celles-ci tiennent surtout à la précipitation des actes et à la légèreté de leur surveillance, aussi bien en direction qu’en intensité. Mais il y a plus. Nombre de ces malades ont une notion imparfaite de la position de leurs membres; souvent même ils ignorent la situation respective des divers segments de leur corps, ils ne se rendent pas compte de rincorrection de leurs attitudes; c’est, si l'on veut, un trouble du sens des attitudes segmentaires (P. Bonnier). Ces troubles traduisent ici encore le peu de régularité et ta dysharmonie du contrôle correcteur des centres corticaux.
Les tics n'apportent pas des troubles à Vécriture. Les ti(iueurs comme la plupart des névropathes ont souvent une écriture agitée, irrégulière, fantaisiste; mais leurs « mouvement nerveux », à l’inverse des crampes, des tremblements ou des mouvements choréiques, ne modifient pas la forme de l’écriture; ils l'interrompent simplement. Par contre, l’acte d'écrire est souvent signalé comme point de départ des mouvements convulsifs, dans le torticolis mental eu particulier.
1. Henry Meige, L’apülude ealatonique et l’aplitiule echopraxiqiie des Tiqueurs. Les exercices Ihérapeuliques de détente, Cormrès de Madrid, avril 1903. — Le phénomène de la chute du bras, XIII» Congrès des aliénistes et iieurologisles, Bruxelles, août
SYMPTOMATOLOGIE
Les lies disparaissent pendant le sommeil. C'est une règle qui ne parait pas soull'rir d’exception; les spasmes, au contraire, pei'sislent souvent pendant le sommeil. Cruchet admet cependant ()ue certains tics de balancement peuvent se prolonger ou apparaître dans le sommeil C
Les modificaiions musculaires sont exceptionnelles chez les, liqueurs. L’hypertrophie que l’on observe dans certains cas n'est pas ù proprement parler pathologique, mais bien physiologi([ue; c'est une hypertrophie fonctionnelle ; l’organe subit la réaction d'une fonction qui se manifeste avec excès. L'atrophie musculaire est aussi exceptionnelle; on ohswve quelquefois une diminution de volume des muscles qui restent inactifs. Ces h^mrtrophies et ces atrophies peuvent d'ailleurs disparaître rapidement par la régularisation des actes musculaires.
Il n'y a pas de troubles vaso-moteurs propres au tic; mais il est fréquent d’observer chez les liqueurs des poussées de rougeur, comme d’ailleurs chez tous les émotifs, à l'occasion des causes les plus futiles. La rougeur émotive est le point de départ de gestes destinés à la dissimuler, gestes qui Unissent par se répéter, sans même ([ue la rougeur se produise, et qui se transforment en tics. La peur de rougir [éreutophobie de Régis) conduit au môme résultat.
Avec le déséquilibre moteur coexiste souvent le déséquilibre sécrétoire. Certains liqueurs ont des crises sudorales qui peuvent, elles aussi, engendrer des gestes d’essuyage, de frottement, origines dé stéréotypies ou de tics véritables.
Les liqueurs, en leur qualité de déséquihrés, sont exposés à toutes les manifestations du déséquilibre viscéral. Les troubles digestifs, dyspepsie, constipation, crises diarrhéiques, sont favorisés chez eux par une mastication précipitée, des habitudes de gloutonnerie ([ui chez les jeunes sujets ne sont pas sans gravité, ainsi qiie par des caprices alimentaires de toutes sortes.
Les liqueurs présentent rarement des troubles urinaires. La miction nocturne involontaire dans le jeune âge appartient à la plupart des petits dégénérés; elle est souvent le fait d’une éducation négligée. Cependant Oppenheim* a signalé un symptôme (jui, selon lui, serait assez fré(iuenl, Venuresis diurna. BrissaucP a décrit la pollakiurie et \a polyurie des dégénérés, souvent reliées à des préoccupations obsédantes. Ce n’est encore qu’une perturbation fonctionnelle dansla(|uelle le besoin se trouve exagéré, et conséciuemmenl la fréquence des actes musculaires vésicaux; de là, si l'on veut, une sorte de tic de miction h
1. Crucliot, Tic et somineil, Presse médicale, 18 janvier 1903.